‹ Des dyspepsies [electronic resource]Chapitre 36 sur 44 · DU TRAITEMENT DE LA DYSPEPSIE ACIDE · texte numérisé non relu

DU TRAITEMENT DE LA DYSPEPSIE ACIDE

Cette espèce de dyspepsie fonrnit, dans son traitement, des indications très-rationnelles.

Ainsi que nous l'avons exposé précédemment, la sahve, qui naturellement doit être alcaline, présente une acidité tout à fait morbide ; les matières vomies sont constamment acides, tandis que dans les autres maladies elles ne le sont qu'accidentellement, et en général médiocrement. Les matières alvines, que je confesse n'avoir pas suffisamment examinées chez les adultes sous ce rapport, présentent chez les enfants, surtout chez ceux qui sont à la mamelle, cette acidité à un degré très-prononcé.

De là, la double indication 1" d'une abstention entière des choses acides et acidifiables , comme le sucre, les fruits, les végétaux, le lait; 2° de l'usage des substances alcalines sous leurs formes diverses et par toutes les voies, seules ou combinées avec les aliments.

Dans cette forme de dyspepsie , beaucoup de malades ont une sorte de répugnance instinctive pour les acides et le sucre; mais cette répugnance ne se montre pas chez tous. Le médecin, appelé auprès de quelques-uns d'entre eux, les trouve usant encore de ces sirops acidulés soit mêlés à de l'eau et formant leur boisson ordinaire, soit comme moyen d'édulcorer les infusions qui leur sont ordonnées. La première chose à faire est d'interdire entièrement les acides, quels qu'ils soient, et de les remplacer par les alcalins. L'eau de Vichy, à raison de la proportion considérable de bicarbonate de soude qu'elle renferme, est l'une des formes les meilleures et les plus efficaces. On peut la donner pure, la couper avec une infusion amère ou aromatique, avec de l'eau commune même. Elle peut être utilement mêlée au vin, au lait surtout, qui ne passeraient pas seuls et dont elle favorise la digestion en neutralisant, en totalité ou en partie, ce qu'ils renferment d'acide. La magnésie décarbonatée, l'eau de chaux, la poudre d'yeux d'écrevisses, certains oxydes métalliques, celui de bismuth en particulier, peuvent êti'e

employés comme l'eau et les sels de Vichy, en choisissant parmi ces substances celles dont l'estomac s'accommode le mieux. Les alcalins peuvent encore être pris sous forme soluble en lavement ; on devra aussi les prescrire en bains, au moins tant que la question de l'absence d'absorption par la peau n'aura pas été définitivement jugée.

Le choix des aliments mérite ici une attention particulière. En général, les substances alimentaires prises dans le règne animal, et surtout les divers bouillons animaux, de bœuf, de mouton, de vieilles volailles, \esjus de viandes faites, rôties ou grillées, exprimées des chairs par la mastication, sont moins sujettes à tourner à l'aigre que les bouillons végétaux, que les légumes, les fruits, que les bouillons de poulet et de veau.

Le pain est un des aliments les plus faciles à aigrir, et la dyspepsie acide est une des maladies dans lesquelles cet aliment appelle, de la part du médecin, une surveillance plus particuhère. Une abstention complète de pain est souvent nécessaire; la quantité doit en être au moins réduite, et celui qu'on permet doit être rassis et bien levé. C'est donc dans la première catégorie d'aliments qu'il faut d'abord choisir ceux qu'on permettra aux malades. Mais, comme il faut tenir compte ici, nonseulement de la tendance des aliments à devenir acides dans l'estomac, mais aussi de leurs degrés

divers de digestibililé, il arrivera souvent que les aliments les moins acidifiables , tels que les viandes et les composés animaux, devront être abandonnés pour des aliments moins indiqués sous ce point de ■vue, mais plus faciles à digérer. Dans ce cas, la combinaison des alcalis avec ces aliments, celle de l'eau de chaux ou- de l'eau de Vichy avec le lait, par exemple, l'usage de la poudre d'yeux d'écrevisses ou du sous-nitrate de bismuth, avant et pendant les repas, permettront de concilier les indications différentes, et de donner à l'estomac un aliment qu'il digère et dont l'acescence soit neutralisée à mesure qu'elle se produira.

Dans certains cas où des vomissements fréquents de matières acides étaient suivis de soulagement, on a essayé, quelquefois avec succès, d'un vomitif qui, en provoquant l'expulsion abondante de liquides semblables, a été suivi d'un amendement marqué, ou même définitif.

ARTICLE VII

Page 1