‹ Des dyspepsies gastro-intestinalesChapitre 15 sur 69 · C. Diagnostic chimique · texte numérisé non relu

C. Diagnostic chimique

Le diagnostic différentiel étant bien ét^ibli, et la dyspepsie étant reconnue, il s'agit de différencier ses divers mécanismes, et de rechercher les moyens de reconnaître les divers processus chimiques qui ont présidé aux altérations du suc gastrique.

Pouvons-nous savoir si la dyspepsie dépend : 1° d'un déficit de l'acide chlorhydrique ; 2° d'une sécrétion défectueuse de la pepsine ; 3» de l'altération du suc par la mucine que produit le catarrhe de l'estomac ; 4° provient-elle d'une alimentation trop abondante, trop riche; 5° ou au contraire d'un défaut d'alimentation?

1» Le dé/icit de l'acide chlorhydrique ne peut être constaté que par des réactifs très variés, souvent infidèles, auxquels on soumet le liquide du pompage, ou celui du vomissement; il y a là une difficulté à vaincre ; cependant avant même de songer à prouver ce genre de dyspepsie, on s'est empressé de soumettre tous les dyspeptiques, à l'instillation d'acide chlorhydrique, dans l'espoir vague, que cet acide, qui naturellement va se perdre dans l'estomac, ira rejoindre la pepsine, pour la refaire, ou la leucine, pour reconstituer la chlorhydroleucine de Richet ; en un mot le praticien avancé, surtout en Allemagne, ne connaît pas d'obstacle. Nous, armés de patience, nous attendrons que la chimie nous ait fourni des moyens certains et expéditifs pour préciser les défaillances de l'acidité stomacale.

2° Le vice de sécrétion de la pepsine, c'est-à-dire la

diniculté qu'elle éprouve à passer de l'état de propepsine à l'état de solution pepsique, la seule efficace ei utile dans la digestion, n'est encore qu'à l'étude, mais on tous les cas ce défaut de mutation n'a pas d'équivalent dans le défaut absolu de sécrétion, et il n'est pas démontré que les pepsines artificielles puissent remédier à cette situation, c'est-à-dire faire sortir la pepsine de son inertie fonctionnelle.

3° L'altération du suc gastrique par le mucus est plus nettement caractérisée ; c'est ce qu'on a appelé le catarrhe muqueuse, qui, pour tous les Allemands^ pour beaucoup d'Anglais et un certain nombre de Français devenus rétrogrades à force de vouloir être progressifs^ est devenu le synonyme absolu de la dyspepsie ; pour les adeptes de l'inflammation irritative, il n'y a plus d'autre moyen de mal digérer que d'avoir une gastrite catarrhale ; mais, et c'est là une calamité pour la doctrine, on voit tant de dyspeptiques, qui ne se décident pas à présenter les signes du catarrhe muqueux^ à savoir : les enduits saburraux de la langue, le mauvais goût de la bouche, l'inappétence absolue (excepté pour le vinaigre, le citron et le poivre), les nausées, les vomissements de nature muqueuse, les éructations iiidoreuses, la constipation, avec un malaise général, l'abattement physique, la prostration morale, et même un mouvement fébrile. C'est là la série classique des souffrances du catarrhal ; on a voulu en retrouver l'image ou du moins l'ébauche chez tous les dyspeptiques, et comme la grande majorité des malades échappe à la grande majorité de ces symptômes, force est d'adapter, de réserver la description à un petit nombre de

<lyspepliqucs, que nous classerons sous le nom de dyspeptiques muqueux, sans nous inquiéter de savoir s'ils ont un catarrhe simple ou une gastrite catarrhale, attendu que le résultat est toujours le même, c'est-à-dire l'immixtion du mucus au suc gastrique, qui devient alors moins efficace, parce qu'il tend à la neutralité parla présence et l'excès du mucus. (Jaccoud.)

4° et 5" Dijspepsies alimentaires, par excès ou par défaut. — La cause de ces dyspepsies alimentaires, ou d'origine externe est facile à constater, leur mode de production est plus facile encore à définir ; leur marche et leur durée sont entièrement subordonnées à la cause première, qui en a provoqué le développement.

Diagnostic des dijspepsies, d'après leurs origines.

Il n'est pas toujours facile de trouver les origines des dyspepsies, qu'il s'agisse des origines vasculo-nerveuses, ou bien des conditions générales de l'économie. Comme les troubles vasculaires aboutissent constamment au même résultat, c'est-à-dire à l'altération du suc gastrique par un des procédés déjà indiqués, il s'en suit qu'on ne saurait caractériser ces dyspepsies vaso-motrices, que par la notion de la cause qui l'a produite, qu'on est souvent loin de soupçonner, surtout de démontrer, attendu que les malades ne sont pas toujours disposés à dévoiler leurs misères morales.

Pour ce qui est des dyspepsies de cause générale, c'est-à-dire des dyspepsies d'origine uricémique, goutteuse, urémique, glycémique, anémique, tuberculeuse, alcoolique, la difficulté du problème à résoudre lient sur-

tout à la mulliplicilé cleslésions anatoiniques, d'une part, et des troubles chimiques dyspeptogônes, d une autre part, et môme de simples perturbations nervo-motrices, qu'une seule et même cause, qu'une seule et même diathèse peut occasionner ; il s'agit donc d'abord de faire, dans les affections stomacales, goutteuses, urémiques, etc., la distinction nette et précise entre les altérations anatomiques, les altérations chimiques et les troubles fonctionnels, ce qui revient à dire : y a-t-il une gastrite simple, catarrhale ou ulcéreuse? existe-t-il une dyspepsie vraie ? est-on en présence de vomissements nervo-moteurs ou provenant de lésions morbides? enfin est-ce une simple gastro-entéralgie? Toutes ces queslions ont déjà été discutées, soit à l'occasion de l'étude des causes générales et de leur mode d'action, soit dans le chapitre précédent, relatif à la diagnose exacte des dyspepsies et des lésions, qui peuvent en reproduire les signes ; je ne fais qu'indiquer les éléments de ces divers problèmes, qui me paraissent faciles à résoudre d'après les données de l'étiologie, et du diagnostic différentiel.

D. — Des dyspepsies, d'après leur siège.

Pour résoudre cette dernière difficulté, je puis m'en référer aux études des diverses dyspepsies gastriques, pancréatiques, bilieuses, qui composent le chapitre v.

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