‹ Des dyspepsies gastro-intestinalesChapitre 27 sur 69 · MÉTHODE THÉRAPEUTIQUE. — MÉDICATIONS EXCITANTES · texte numérisé non relu

MÉTHODE THÉRAPEUTIQUE. — MÉDICATIONS EXCITANTES

Il s'agit ici de substances très diverses auxquelles on suppose la propriété d'augmenter la tonicité des fibres lisses en agissant sur elles, soit directement, soit par l'intermédiaire du système nerveux central.

On leur prête encore d'autres qualités qui méritent d'être mentionnées à l'occasion de chacun des genres de ces médicaments appelés excitants.

Yoici d'abord ceux qu'on désigne par le nom d'aine rs :

1^' gfenre. — Substances amères.

a. Enumération. — Elles comprennent le Colombo, la gentiane, le quassia, la bière, la petite centaurée, la cascarille, etc.

b. Composition. — Ces substances contiennent d'abord des principes amers : la graine de colombe renferme la berbérine ; la gentiane, le gentianin; le quassia, la quassine ; la bière, le lupulin ; l'orange, le cilrarin. Il y a en outre des huiles éthérées, des acides, du tannin, des sels.

c. Mode d'action. — Les principes amers ont deux propriétés assez nettement définies.

Ils agissent sur le sijstème vasculaire^ en augmentant sa tonicité ; ce qui le prouve, c'est que sous leur influence la pression s'élève notablement , comme Kolîler l'a très bien démontré.

Aclion digestive. — Activent-ils de la môme façon la fibre musculaire lisse de l'estomac et de l'intestin ? c'est une question non résolue.

Les sécrétions digestives paraissent augmenter, plutôt que l'activité des glandes ; mais il est difficile de le prouver par l'expérimentation ; ce qui est certain, c'est que chez les individus affaiblis ou chez ceux qui sont frappés de rinertie intestinale, l'appétit augmente, au moins au début, les digestions semblent plus faciles, l'absorption plus complète, de sorte que l'état général du malade s'en ressent d'une manière évidente. Peut-être aussi ces substances produisent-elles une modification dans le genre des fermentations.

d. Préparations. — Yoici les préparations qui me paraissent les plus utiles :

Calamus aromalicus : poudre 2 à 3 grammes par jour.

Cascarille. Écorce. Vin de cascarille (du Codex).

Gentiane, teinture : 1 à 3 grammes. — Extrait de gentiane : 0^',50, en pilules. — Yin de gentiane.

Colombo (racine de) : à la dose de 20 grammes sur 120 grammes d'eau, la racine de colombo a produit des accidents graves (Kohler). — On peut employer la poudre à 2 grammes par jour.

Quassia : infusion de poudre faite à froid (4 grammes pour un verre d'eau) ou bien : eau amère préparée en laissant l'eau froide une demi-heure dans une coupe de bois de quassia.

Petite centaurée: en infusion.

Bière : elle agit par le lupulin et le houblon.

Boissons alcooliques amères, appelées hittcr.

2« genpr. — a. Tannin et substances tannîques.

Le tannin présente un intérêt particulier : 1° par sa propriété de diminuer les sécrétions des muqueuses; 2° de modifier les fermentations vicieuses de l'estomac; 3" de coaguler l'albumine, en général, à moins d'être alcalinisé ; 4° dans le tube digestif, le tannin ne précipite pas seulement les albuminates, mais aussi la pepsine, tandis que les capillaires de la muqueuse subissent, comme tous les vaisseaux et contrairement à la croyance générale, une véritable dilatation hyperémique. Il se forme aussi par le précipité une sorte de vernis imperméable qui couvre la muqueuse ; il résulte encore de la précipitation de la pepsine un arrêt dans la digestion, mais en même temps un arrêt dans les fermentations de mauvaise nature; à ces accidents fâcheux, viennent souvent se joindi e des douleurs d'estomac, des nausées, des éructations, des douleurs d'entrailles avec constipation.

Il n'en est pas moins vrai que si on peut éviter l'action directe et agressive des substances tanniques sur la muqueuse gastro-intestinale, on peut en retirer des effets très favorables.

b. Substances tanniques, café, thé, vins rouges. — On obtient ces effets à l'aide du café, du Ihé, des vins rouges, des quinquinas, qui contiennent du tannin en petite quantité, et à l'état de dilution; on a dit que les qualités apéritives et toniques de ces substances sont contre-balancées par les autres éléments constituants, entre autres par des sels de potasse ; c'est là une erreur.

TRAITEMENT DES DYSPEPSIES. -i»»

car ces sels n'ont rien de débilitant. On a dit encore que le tannin, abstraction faite de son action locale, ne pénètre dans le sang qu'après s'être transformé en acide gallique, qui présente les mêmes inconvénients que l'acide tannique; ces vues physiologiques ne sauraient se soutenir en présence des résultats thérapeutiques.

c. Quinquina. — Le quinquina (macération à froid, vin de quinquina) agit surtout en raison de l'acide «hinotannique; la quinine n'y a qu'une part très minim>e, au total c'est un médicament dont on abuse singulièrement; sous prétexte de tonifier le malade, on expose le malade aux accidents gastriques résultant du tannin en général, ou l'on ne produit aucun effet.

3'^ genre. — StrycUnées. Xoix. Tomiqiie.

a. Préparation. — Parmi les substances qui agissent sur les fibres musculaires lisses soit des vaisseaux, soit des intestins, la noix vomique et son alcaloïde la strychnine présentent l'intérêt le plus considérable.

Les préparations les plus faciles à manier sont la poudre de noix vomique qu'on peut prescrire à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour ; je l'associe souvent au bicarbonate de soude ou à la magnésie; ou peut prescrire la teinture de noix vomique (1 partie de noix vomique sur 5 parties d'alcool) à la dose de 5 à 10 gouttes en vingt-quatre heures.

b. Effets jjh.ysiologiques. — Sans parler des doses toxiques, et des convulsions que ces doses produisent, j'insiste sur les phénomènes digestifs et les eiîets de cir-

DÏS DYSPEPSIES.

culation. La noix vomique aux doses indiquées produit «ne sensalu,n de chaleurdans l'eslomac, avee augnel tation de Tappélit ; chez les animaux on aperce , „ ^e.e e„ps qu'une augmentation de ,a pression a'rt" r un léger degré d'inflammation stomaeale. La pénsl ll,que mtest,nale.chez les individus sujets à la constipation, est activée.

La circulalion subit des modifications nombreuses, le pouls s accélère, surtout si la dose est élevée (sans être toxique) ; la tension artérielle s'élève constamment (S. Mayer) et les artérioles se contractent é,ier<.iquement(Richter). La cause de ces contractions artérielles ainsi que de la tension vasculaire, parait être, d'après les expériences de S. Mayer, l'irritation du centre vasomoteur.

c. Effets thérapeutiques. — Les résultats thérapeutiques de l'action de la noix vomique dans le traitement des affections dyspeptiques et atoniques du tube di^restif découlent des effets physiologiques ; nous retrouvons la l'excitation des fonctions digestives et surtout du plan musculaire ; on ignore si c'est en tétanisant passagèrement ces muscles, ou bien en augmentant la péristaltique par l'ischémie entérique, qui en est une cause si fréquente.

En tous les cas le médicament ne saurait être employé impunément; les doses s'accumulent, et il pourrait en résulter des accidents toxiques.

4" grenre. — ]\îtrate «l'argent.

Depuis l'époque de la première description de l'ul-

cèrc simple de l'estomac, on a tenlé, surtout en Allemagne, de cicatriser ces pertes de substance comme s'il s'agissait de cautériser une plaie superficielle des téguments. Or la dose d'un centigramme en pilule ou en solution ne peut guère être dépassée, et doit nécessairement être noyée dans l'estomac. Par analogie avec les ulcères de l'estomac, on a traité les ulcérations de l'intestin, ainsi que la dysenterie. Ce n'est pas tout ; depuis quarante ans les médecins allemands et anglais emploient le nitrate d'argent contre les affections douloureuses de l'estomac, les cardialgies, les crampes, avec ou sans vomissements; on a pensé ainsi atténuer la sensibilité des nerfs de l'estomac, et empêcher les actes réflexes, qui ont leur point de départ dans les expansions stomacales des nerfs vagues. C'est là une hypothèse basée sur des faits douteux. On sait seulement que le nitrate d'argent forme dans l'estomac, avec les corps protéiques de la salive et du mucus, des albuminates, qui protègent la surface de la muqueuse, et avec les chlorures de ces liquides, du chlorure d'argent qui pénètre dans l'économie ; là il forme de véritables argentations, et en même temps détermine des contractions des capillaires; c'est une sorte d'antagonisme avec le tannin, qui produit des dilatations de ces vaisseaux; je n'ai aucune expérience de ce traitement, que j'ai longuement étudié, à cause de l'usage sans doute abusif, mais presque général, de cette substance dans les pays étrangers.

§ IV

4« MÉTHODE. — De la soustraction des liquides nuisibles de Testomac par la pompe gastrique.

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