CHEZ LK MALADE
DE BKAUMONT.
1° Le lait séjourne
2" Les œufs battus crus,
crus, non battus,
— mous cuits,
— avec du sucre.
Voilà de singulières différences.
Les œufs durs.
3° Le beafsteak, Le mouton, Le jambon,
La viande en général.
4° La volaille.
Le porc rôti,
— non rôti, Le veau,
5° La truite.
Les huîtres, 6° Le pain blanc cuit,
— bis rôti,
— rôti sans qualifie, 1° Les lentilles au lard.
— avec des œufs 8° Les pommes de terre frites.
— — cuites,
9» Le riz,
— avec graisse.
iO° Les choux, une fois,
— une fois.
Ainsi les choux présentent les
variantes les plus éti-anges.
1 r Quant aux épinards, ils restent
2 heures.
1 heure 30.
2 heures.
3 heures.
3 heures.
3 heures.
3 heures.
heures.
heures.
heures.
heuies.
heures.
heures.
heures.
heures.
1 heure.
5 heures.
CUEZ LE MALADE
DE CH. TlICHET.
1/2 heure à 1 heure.
3 heures 30.
5 heures.
1 heure 30, 2 h. 30.
jusqu'à 5 heures 30, Pourquoi ces variations ?
1 heure à 2 heures 30.
■1 heures à 2 heures 45.
1 h.,2h.30, 3heures.
2 heures à 3 heures 15.
I h. 45 jusqu'à 4 h.
Tout ceci est singulier, et notez que les observations de M. Ricliet portent la plupart du temps sur un même aliment, n^ayant subi fiue des variations de formes.
On peut donc dire que la durée du séjour dans l'eslomac varie tellement, qu'il n'y a pas de règle fixe à établir à cet égard, et qu'il serait absurde d'en tirer
une conséquence au point de vue de la digestibilité.
Voici d'ailleurs des chiffres, qui prouvent par leurs écarts l'inanilé de pareils calculs; Kûline voit, chez un homme atteint d'une fistule duodénale, sortir de la fistule, déjà au bout de dix minutes, du lait non coagulé, et de petits morceaux de viande.
Beaumont, d'après la qualité et la quantité de nourriture, constate la vacuité complète de l'estomac, entre 1,2 et 5 heures et demie après le repas; au bout de 3 à 5 heures en moyenne l'estomac serait vide.
Mais que dire de données comme celle-ci : du bœuf bouilli disparaît de l'estomac en 2 heures 3/4; du bœuf grillé en 3 heures ; — la grillade de porc ne sort de l'estomac qu'après 6 h. 21 tandis que le porc rôti abandonne l'estomac après 3 h. 41. — Il ne faut, en résumé, accuser ni la qualité, ni le genre de viandes; mais bien les influences qui modifient, les impressions de la muqueuse et les contractions de la tunique musculaire.
Une donnée bien autrement importante est fournie par le degré d'avancement de la digestion, aux heures qui suivent les repas.
ARTICLE V
État des aliments au sortii- de l'estomac. — La digestion s'arrête souvent à la formation de la syntonine.
L'évacuation de l'estomac après un séjour plus ou moins prolongé des aliments dans la cavité gastrique n'a pas plus de signification pour la mesure de la digestibilité, que la sortie partielle des aliments ; le vide qui
s'opère plus ou moins promptenienl dans l'estomac ne dit rien sur le degré de peptonisation, ni même sur la désintégration mécanique de la masse alimentaire, car souvent on voit arriver dans le duodénum des blocs de viande intacts, qui ne seront digérés que par le suc pancréatique.
Sijntoimie. — Toutefois, il est rare que la viande sorte ainsi sans altération ; la bouillie alimentaire, dans l'estomac, a toujours une réaction acide, et donne par la filtra tion un liquide trouble, lequel fournit, lorsqu'ou y ajoute une solution alcaline, un précipité considérable, qui indique la présence de la syntonine; sur le filtre on constate une quantité peu considérable de peptones.
Dans les digestions artificielles, on obtient souvent, à côté de la pepsine, un produit que Meissner appelait parapeptone, et qu'il considérait comme incapable d'être digéré.mais qu'aujourd'hui onsaitêtre,sousle nom
syntonine, le résultat de la transformation des albuminates parles acides; c'est un produit de transition vers l'albumine et la peptone ; la quantité de syntonine qui existe dans un liquide de digestion artificielle donne une idée exacte delà marche delà digestion; plus il y a de syntonine, c'est-à-dire plus la neutralisation de l'acide donne de précipité, moins la digestion véritable est avancée, moins il y a de peptone.
Dans l'estomac qui digère, la syntonine peut toutefois manquer; Hamarsten, en examinant des matières vomies, l'a vue manquer 1 fois sur 5, ce qu'il attribue à une petite quantité de bile, qui l'aurait précipitée dans l'estomac.
Ce qui est certain, c'est que la digestion stomacale
ne va jamais jusqu'à peptoniser toule la masse albumino-librineuse ; elle n'arrive même pas à tout transformer en ce produit intermédiaire, qui, sous le nom de synlonine, précède la peptone; car il y a toujours une partie qui reste solide, et se mêle sous cette forme à la bouillie alimentaire, au chyme. Ainsi l'organisme ne paraît pas utiliser entièrement l'estomac; en d'autres termes, l'estomac se vide à un moment où il n'a pas encore, à beaucoup près, fourni tout l'effet qu'on peut attendre de son suc digestif sur la transformation réelle, utile des albuminates. Il semble que ce soit là un défaut d'économie, mais la peptonisation stomacale se différencie de la peptonisation artificielle, en ce que les peptones accumulées, et les autres substances qui gênent la digestion artificielle, peuvent être écartées parla résorption.
ARTICLE VI
Signes divers du stationnement des aliments dans l'estomac.
La doctrine de l'indigestibilité basée sur le temps d'arrêt des aliments est donc erronée.
Sensations. — Il ne faut pas juger davantage par les sensations que l'homme éprouve ; ces sensations de plénitude, de distension stomacale, de dilatation par les gaz, ces phénomènes, en supposant qu'ils se rapportent à la présence de l'aliment ou du chyine, ne prouvent nullement que l'aliment ne soit pas digéré.
Sensations et anorexie. — Les sensations d'anorexie, et même de dégoût, n'empêchent pas davantage la di-
goslion de s'accom|)lir. Il est des individus qui prennent (les repas malgré eux, et n'accomplissent pas moins une digestion régulière, soit stomacale, soit pancréatique.
Digestion ultérieure. — En effet l'aliment est transformé tôt ou tard, et par conséquent digéré ; il échappe peut-être à l'action du suc gastrique^ mais retrouve son dissolvant dans le suc pancréatique.
Indigestion vraie. — L'indigestibililé vraie ne se reconnaît qu'à un seul signe ; c'est que l'aliment soit rejeté, et se retrouve intact dans les matières vomies, ou bien soit expulsé par l'intestin avant d'avoir subi la moindre modification.
§ in
Conditions de la peptouisation.
La lenleur ou la difficulté de la peplonisation ne saurait non plus être une cause ni un signe d'indigestibilité absolue ; certes, ainsi que cela a lieu pour la caséine, pour la légumine, l'action si énergique, si prompte de la pepsine sur ces principes alimentaires abrège la durée du séjour dans l'estomac; la peptonisution étant rapide, il y a des chances nombreuses pour qu'il n'y ait pas d'indigestion ; mais tout ceci se réduit à une question de temps, et non à une négation de fonction.
Il n'en est pas moins vrai que le degré plus ou moins avancé de la peptouisation constitue la seule solution vraie et scientifique de la question.
Expériences de Schmidt. — Schmidt Mulheira
[Revue des sciences, 1879) est le premier qui ne se soit pas contenté de regarder superficiellement l'altéralion des aliments ; il ne parle même pas de cette modification hypothétique des matières alimentaires, qui constitue un simple ramollissement; mais il a dosé la quantité d'albuminates dissous, d'albuminates intacts et de 7) cptones exisisint dans l'estomac et dans l'intestin, aux diverses époques de la digestion ; de cette façon il a pu apprécier la quantité de substance assimilable qui avait pénétré dans le sang. Yoici ce qu'il a trouvé :
ALBUJIINE ET PEPTONE existant dans l'estomac et l'intestin.