CHAPITRE XIV
L'étude des boissons nous intéresse par leur composition, par leur température ; or parmi ces boissons : 1" l'alcool, a été déjà étudié comme substance pepsinogène (voir page 288) ; les liqueurs agissent de même ; 2° les vins en ditTèrent notablement ; 3° la bière, qui est à la fois gazeuse et alcoolique; 4° les eaux minérales;
le café et le thé.
Liqueurs.
L'utilité des liqueurs à la fin des repas est incontestable, il est préférable de ne pas employer les liqueurs sucrées ; il importe surtout de les étudier au point de vue de leur dilution dans l'eau, et de leur température.
Vins.
Vins. — Les vins en général doivent leur principale action à l'alcool éthylique, qui entre dans leur composi-
lion pour 7 à 15 pour 100. A cet élément important viennent s'ajouter des tartrates de potasse, chaux, etc., qui se dissolvent d'autant moins que le vin est plus alcoolique, ce qui lait que les vins chargés d'alcool sont moins acides, moins âpres, plus sucrés. Dans les vins rouges on trouve du tannin qui provient ordinairement des enveloppes du raisin non mûri ; nous connaissons les effets du tannin sur la digestion ; sa présence peut con- Ire-indiquer d'une manière absolue l'usage des vins de Bourgogne ou de Bordeaux en tant qu'elTet sur la digestion^ bien que l'action générale sur la nutrition soit définitivement favorable.
Tous les vins sont en outre pourvus d'une pelite quantité d'élher, dont la nature varie (éther amylique, butyrique, etc.). Tous ces principes doivent entrer en ligne de compte, dans l'appréciation des effets des diverses espèces de vins ; en général, sauf les vins tanniques, la plupart sont mal digérés et aident médiocrement la digestion.
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Bières.
Bières. — La bière doit être considérée comme un liquide alcoolique, contenant des principes amers et résineux, et des substances nutritives. Elle renferme de 4 à 10 et 12 pour 100 d'alcool; les matières amères sont dues au houblon et consistent surtout dans le lupulin, qui est loin d'être un principe simple ; enfin un litre de bière contient environ 60 grammes d'extrait de malt.
composé de quelques éléments azotés et terreux, mais surtout d'hydrates de carbone alimentaires, provenant de la fécule d'orge, 0,3 à 1,30 de sucre, 1,50 à 6 de dextrine, 0,50 centigrammes de substances azotées; cette boisson convient rarement aux organes aslhéniés; elle s'aigrit facilement dans l'estomac; elle provoque la diurèse et porte au sommeil, en raison de l'action du lupulin.
La plupart des malades, même de ceux qui la réclament, ne peuvent pas la supporter longtemps, ni en faire un usage exclusif, bien qu'on ne puisse pas lui refuser des qualités alimentaires.
Eaux minérales.
Parmi les eaux minérales, prises en boissons, nous distinguons :
1° Les eaux peu minéralisées, mais fortement gazeuses, c'est-à-dire chargées d'acide carbonique, soit naturelles, soit artificielles.
2° Les eaux alcalines, dont l'action principale se trouve déjà signalée à l'occasion du carbonate de soude, qui en constitue la caractéristique (Vichy, Vais, etc.).
3'' Les eaux carbonatées calcaires (Fougues).
4° Les eaux chlorurées sodiques pures ou en même temps alcalines, comme les sources de Carlsbad.
5° Les eaux purgatives, dont l'étude se confond avec celle des purgatifs.
6° Les eaux ferrugineuses, gazeuses ou non.
7° Les eaux sulfureuses, naturelles, comme certaines sources tie Cauterets (source du Malioural), qu'on emploie bien rarement dans les affections dyspeptiques, en tant que boissons.
Eaux gazeuses naturelles, ou acidulées, ou chargées d'acide carbonique.
La quantité de CO^ contenue dans les eaux minérales varie depuis 50 jusqu'à 200 à 300 volumes de gaz sur un litre d'eau ; quels que soient les sels avec lesquels l'eau ou le gaz est combiné, que ces eaux contiennent du bicarbonate sodique, ou calcaire, ou ferreux, dès l'instant que les matières salines sont inférieures à 1 p. m., les eaux ne méritent pas d'autre nom que celui de gazeuses ou acidulées, et n'ont d'autre vertu que celle de l'action du gaz acide carbonique.
a. Action primitive de CO^ sur r estomac et les intestins. — Le gaz carbonique détermine dans l'estomac une excitation de la muqueuse et des nerfs gastriques, qui se traduit par un bien-être immédiat, et une certaine stimulation de l'appétit, de sorte que les malades finissent presque toujours, soit spontanément, soit par ordre du médecin, par en faire un abus des plus préjudiciables,
b. Action mécanique, — A dose exagérée, et par un usage continu, toutes ces eaux introduisent dans la cavité stomacale une quantité nouvelle de gaz, qui vient s'ajouter à celle qui y préexiste sous forme d'air atmosphérique dans l'estomac, et de gaz de décomposition, sur-
G. Bée, Dyspepsies. 27
tout de CO^ dans l'intestin ; cet excès de gaz ne contribue pas peu à frapper l'estomac d'une véritable inertie, d'une atonie avec ou sans spasme douloureux.
Du moins, lorsque ces eaux sont à base de soude, présentent-elles l'immense avantage de stimuler la fonction sécrétoire; mais que peut faire une eau faiblement, minéralisée, et fortement carbonique ; que peut surtout une eau carbonique artificielle, si ce n'est d'augmenter le tympanisme?
c. Action motrice de CO^ sur l'estomac. — L'acide carbonique exerce, dit-on, sur \ estomac une action motrice des plus évidentes ; on suppose qu'il favorise les contractions de l'organe, de manière à augmenter le brassage de la masse alimentaire, multiplier son contact avec le suc gastrique, et à provoquer ensuite son élimination par le pylore. Il y a quelques restrictions à faire à ces données. Il arrive en effet que, si on introduit dans l'estomac une très grande quantité de gaz, loin de produire tous les mouvements, l'acide carbonique, et surtout les poudres gazogènes, arrêtent les contractions antipéristaltiques, lors des nausées et des vomissements. Est-ce par une action mécanique, c'està-dire par la distension de l'estomac, qui ne parvient plus à se contracter? ou bien l'arrêt des mouvements est-il dû à un effet anesthésiant? cette dernière opinion a été soutenue avec quelques apparences de raison. Il en résulterait une action diamétralement opposée au pouvoir moteur ; c'est pour ces motifs contradictoires qu'on a employé les eaux gazeuses, tantôt dans les dyspepsies dites atoniques, tantôt dans les spasmes gastriques. Il s'agit là. d'une question de posologie; à haute
dose le gaz CO^ finit par augmenter l'atonie, et en même temps par enrayer indirectement les mouvements.
Dans tous les cas l'excitation, quelle qu'elle soit, n'est jamais de nature à provoquer la sécrétion gastrique.
d. Action motrice de CO^ sur les intestins. — Le CO^, d'après Bi'own Sequard, excite énergiquement les mouvements de l'intestin. On a même utilisé cette propriété excitante dans les obstructions intestinales, en les traitant par les lavements d'eau gazeuse fortement carbonique pour réveiller l'action contractile des parois intestinales. Mais ce fait est loin d'être rigoureux, et les expériences de Brown Sequard sont contredites par Nasse et Schilf.
e. Actio7i de CO^ sur le sang. — Que devient le gaz dans les organes digestifs? La plus grande partie est éliminée ; mais une petite partie arrive dans le sang, et provoque ainsi une sorte d'ivresse passagère.
Cette quantité absorbée ne saurait jamais dépasser 2s%5 par litre (Quincke) ; or, comme, dans une minute, 50 centigrammes de CO^ se trouvent éliminés par les poumons, il en résulte que les 2 grammes et demi ont disparu totalement de l'économie en cinq minutes. 11 est bon d'ajouter que l'acide carbonique à cause de sa diffusion difficile ne pénètre que graduellement dans le sang ; encore faut-il que le gaz, mêlé préalablement aux autres gaz de l'intestin, soit soumis de la part des parois gastro-intestinales à une pression supérieure à celle que le CO^ présente naturellement dans le sang. Or avec l'élasticité des parois et l'ouverture libre des voies digestives, qui permettent l'excrétion du gaz, il doit en entrer assez peu dans les vaisseaux, pour que le liquide
sanguin ne s'en débarrasse pas simultanément. Il n'est donc pas probable, comme le remarque Buchheim, qu'il • puisse s'établir une véritable saturation du sang par ce gaz, si la respiration est libre.
f. Action de Cd^ sur la composition des iirines. — Le Co^ dans les urines par cela même, n'augmente que d'une manière peu marquée (Lehman et Kernig). 11 n'exerce d'ailleurs, quoiqu'on en ait dit, aucune action sur la composition des urines; on a émis cette pensée que le Co'^ dans le sang déterminait une sécrétion d'acide oxalique dans les urines, une oxalurie ; on a dit encore que la combustion de l'acide urique devient tellement incomplète qu'elle n'irait plus jusqu'à la formation de Co^^ mais ceci est contredit par Canlani.
g. Effets diurétiques. — L'eflfet le plus incontestable des eaux minérales gazeuses, c'est leur action sur la quantité des urines. Les travaux de Quinke sont les premiers qui aient fixé la science sur ce point. Toute eau gazeuse, dit-il, agit comme diurétique, en ce sens, que la sécrétion urinaire dans les heures suivantes, est plus considérable que par l'usage d'une quantité égale d'eau. Cette diurèse ne provient pas, de ce que le sang plus riche en Co^ augmente le pouvoir sécréteur des reins, ou surexcite les centres nerveux qui président à cette sécrétion ; car, ainsi que nous l'avons démontré, le sang ne se charge pas d'un excès permanent de gaz carbonique.
On ne peut pas admettre davantage une excitation partant de l'estomac, et gagnant par voie réflexe les nerfs des reins, car par l'usage d'une poudre gazogène, mêlée avec peu d'eau, il ne survient pas de véritable diurèse.
BOISSONS. 'tZl
La vérilable raison de la diurèse, selon Quinke, con-. siste en ceci : sous l'induence du gaz ingéré il s'établit dans la muqueuse une hypérémie, qui ;iccélère notablement la résorption de l'eau minérale. C'est sans doute aussi pourquoi les boissons à la fois alcooliques et gazeuses, comme le vin de Champagne, déterminent plus facilement l'ivresse, que celles qui ne sont pas mousseuses.
Conséquences. — Ces diurèses sont généralement de mauvais aloi; car elles excitent la sécrétion rénale^ plus que l'excrétion vésicale ; or l'irritation rénale n'a aucun avantage ; les eaux ont bien le pouvoir, par exemple, dans la gravelle de faire sortir le sable des tubes du rein, mais en même temps l'hypersécrétion est à craindre, car elle dépend de lésions rénales artificiellement produites. Or si les reins sont lésés d'une façon quelconque l'usage des eaux est dangereux ; dans toutes les néphrites, interstitielle ou parenchymateuse, dans les albuminuries quelles qu'elles soient, les eaux minérales sont non seulement contr'indiquées mais funestes ; j'en ai vu récemment deux exemples terribles; un médecin d'une eau dite diurétique a insisté sur l'usage de sa panacée dans une néphrite albumineuse goutteuse, la mort en a été la suite dans les deux cas.
Prenez donc garde à l'abus des eaux gazeuses, qui olfrent en général plus d'agrément que d'utilité.
ARTICLE II Eaux alcalines.
Parmi les eaux minérales, celles qui présenleul les avantages les plus incontestables, il faut placer les eaux alcalines sodiques, qui paraissent convenir dans la plupart des cas ; les eaux, de Yicliy tiennent le premier rang sous ce rapport, surtout parla simplicité de leur composition ; elles contiennent en effet environ 5 grammes de carbonate de soude par litre, et seulement 0,50 centigrammes de chlorure de sodium ; la température élevée de certaines sources (Grande-Grille) est un puissant adjuvant de leur action médicatrice ; je n'en dis pas autant de leur richesse en gaz Co^, dont nous connaissons les avantages et les inconvénients. En ne tenant compte que des eaux minérales, alcalines, qui renferment plus de 2 grammes de sel alcalin par litre, dose absolument nécessaire pour produire une action physiologique, on ne peut citer en France que les sources de Yals, qui peuvent, dans leur emploi, être variées et graduées, en raison de leur gamme alcaUne,, qui commence à 1 gramme, mais finit à 5 et 6 grammes ; elles doivent par cela même être triées ; car plusieurs sont trop faibles pour les malades^ et d'autres trop fortes pour les individus bien portants, qui arrivent ainsi rapidement à l'abus.
A l'étranger nous citons les eaux froides de Rohitsch en Styrie (8 grammes de carbonate de soude), de Passug en Suisse (5 grammes), de Bilin en Bohême, de Fachingen (en Nassau).
Effets physiologiques. — Les eaux bicarbonatées sodiqiies se décomposent immédialement dans l'estomae par l'intervention des acides gastriques, qui préexistent, ou qui se créent précisément sous Tinfluence du sel alcalin ; il se forme alors du chlorure de sodium, et dans certaines circonstances du lactate, bulyrale ou acétate de soude, pendant que Co^ se dégage. La neutralisation toutefois est rarement absolue; l'acidité prédomine. Mais si la dose d'eau minérale est très considérable, si elle est prise pendant, ou après le repas, si surtout il s'agit d'estomacs atoniques ou dilatés, l'eau minérale loin de favoriser la digestion, peut produire comme lorsqu'on fait digérer les corps albumineux avec un sue gastrique neutre, une véritable fermentation putride.
Ainsi à ce moment de la digestion, l'eau est nuisible; il n'y a même pas d'exception pour le cas où l'estomac est chargé d'acides de décomposition; le carbonate de soude ne sert alors que de paUiatif pour neutraliser momentanément les acidités.
Indications thérapeutiques. — De ce qui précède, on peut conclure: 1° que les eaux alcahnes conviennent parfaitement dans les dyspepsies muqueuses ; 2° dans les dyspepsies accompagnées ou produites par une sécrétion gastrique insuffisante comme quantité totale ou comme pepsine ; 3° qu'elles sont contraires ou au moins inutiles dans les dyspepsies par déficit d'acide, surtout s'il s'agit d'apepsies fébriles, anémiques ; 4° qu'elles peuvent être utilisées dans les dyspepsies graisseuses intestinales par achoUe ; 5° qu'elles sont entièrement contr'indiquées dans les pseudoJyspepsies vraies, ainsi dans la gastralgie flatulente, dans les ato-
nies intestinales simples ou hémorrhoïdaires, formellement nuisibles dans les entérites mucomombraneuses ; 6° qu'elles doivent être proscrites dans le traitement des dilatations internes et graves de l'estomac.
ARTICLE III Eaux alcalines et chlorurées sodiques.
Parmi ces eaux figurent les sources de Luhatschowilz en Moravie, avec 4 à 8 grammes de carbonate de soude et 3 à 4 grammes de chlorure de sodium, Ems (Nassau), avec 2 grammes de carbonate et 1 gramme de chlorure sodique, Royat (en France), contenant 1«%3 de sel alcalin et 1,7 de sel commun.
On attribue à ces diverses sources, en raison du chlorure sodique qu'elles renferment, le pouvoir de dégager la pepsine des cellules capitales des glandes pepsiques, qui renferment une albuminate de pepsine, c'est-à-dire la propepsine; il y aurait là une indication spécitile dans les dyspepsies par inertie de la pepsine.
ARTICLE IV Eaux alcalines salines et purgatives.
Le type de ces eaux à la fois alcahnes, salines et purgatives, c'est Carlsbad en Bohême, qui renferme de sulfate, 2 grammes de carbonate, et 1 gramme de chlorure sodique.
C'est une eau de Vichy atténuée, mais purgative, qui
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remplit les mêmes indications que Vichy, mais qui en raison même des sels piirgatil's est plus nuisible à Teslomac, plus difficile à digérer, mais bien plus iilile dans les atonies intestinales.
Marienbad (en Bohème), bien plus sulfatée et moins carbonatée que Carlsbad, semble avoir reçu depuis longtemps, comme nos eaux de Brides en Savoie, la destination spéciale de guérir la polysarcie ou l'embonpoint.
Actio7i d'épargne des sels purgatifs à petite dose. — Seegen a cherché à démontrer que le sel de Glauber (sulfate de soude), qui a le pouvoir purgatif très prononcé à 15 ou 20 grammes, enraye à petite dose (6 grammes) la dénutrition des tissus albuminoïdes. Ce médecin distingué constata que le poids corporel s'accroît moins, que ne l'indiquerait la diminution de l'usure des substances albuminoïdes ; il en conclut que le sel purgatif active surtout la consommation de la graisse. Mais Voit contesta ces résultats, et parvint à prouver que la transformation des albuminates dans l'organisme n'est nullement influencée par les petites doses de sel de Glauber ; loin de là, il s'établit ainsi une élimination plus active de l'eau, ce qui entraîne une destruction plus marquée des albuminates. Les cures d'entraînement sont dues sans doute aux elïels indiqués par Seegen, mais surtout à ce que les purgatifs même légers, entraînent des sucs digestifs, diminuent ainsi les absorptions dans l'intestin, et ce qui le prouve, c'est la diminution des acides et des sels dans les urines (expériences de Suizer).
Les eaux naturelles crayeuses passent pour mauvai-
ses; les eaux qui contiennent 0,50 centigrammes à 1 gramme au moins de bicarbonate de chaux (ou de magnésie) comme celles de Wildungen (duché de Bade). Yittel, Fougues en France, passent pour rendre divers services dans les affections catarrhales de la vessie, et de l'estomac ; Weissenburg près de Berne a môme été utilisé clans les lésions bronchopulmonaires, à titre d'anticalarrhal, et surtout de reconstituant calcaire. Jusqu'ici on ne sait de ces substances terreuses et de ces eaux calco-magnésiennes, que les notions vagues que nous avons formulées à l'occasion des préparations de chaux.
ARTICLE V Eaux purgatives (voir le mot purgatif).
ARTICLE VI Eaux ferrugineuses.
Les eaux ferrugineuses ne présentent aucune indication spéciale dans le traitement des dyspepsies; faut-il faire une exception en faveur des dyspepsies d'origine anémo-chlorolique?
Bappelons à ce sujet que la chlorose détermine bien plus rarement une dyspepsie vraie, chimique, qu'une atonie gastro -intestinale ; or les atonies exigent avant tout les évacuations réguUèies, que le fer tend plutôt à empêcher.
Si la difficulté de digérer provient d'une anémie hémorrhagique ou hémorrhoïdaire, le fer a beaucoup de tendance à rappeler les pertes sanguines, sans parvenir
à guérir l'estomac ; loin de là le fer, même sous forme de bicarbonate ferreux tend à provoquer des accidents gastriques. Il ne s'agit pas en effet de guérir la maladie primordiale, la cause totale de la dyspepsie ou de l'atonie dite anémochlorotique ; le médecin doit s'eff'orcer d'abord de réparer soit la sécrétion, soit la tonicité des organes digestifs ; il peut y parvenir par les moyens indiqués, et par ceux qui sous le nom de méthode externe seront l'objet d'une élude ultérieure.
ARTICLE VII Eaux sulfureuses (voir au traitement externe).
Des boissons indirectement alimentaires.
ARTICLE I Thé et café.
Le thé et le café agissent en vertu de principes divers : (1° la caféine, qui est identique dans les deux substances, bien qu'on ait soutenu plaisamment la thèse contraire '; la caféine qui est représentée par 0,02 à 0,08 p. 100,' est le principe actif, mais non le seul ; 2° une huilé grasse et volatile ; .3° du sucre et de la gomme, ou de la dextrine; 4° des sels (entre autres les sels de potasse) ; 5° de l'acide tannique. Il est impossible de dissocier ces divers éléments dans le mode d'action du café ou du thé, qu'on doit considérer comme des moyens d'épargne,'
mais qui sont loin de l'être d'une manière absolue et à toutes doses.
On a attribué à la caféine le pouvoir d'exciter les contractions intestinales, à l'acide tannique la propriété tonique; malgré ces qualités le café trouve moins d'applications au traitement des dyspepsies, que l'alcool en tant que boisson digestive. Le thé a du moins l'avantage, comme il est fortement dilué, sinon de favoriser, du moins de hâter la digestion stomacale et intestinale par la quantité d'eau chaude qui compose l'infusion, et d'empêcher ainsi une stagnation trop prolongée des ahments dans la cavité stomacale.
ARTICLE II Chocolat.
Le chocolat bien que la ihéobromine qui en fait partie, se rapproche de la théine, présente une composition trop complexe pour qu'on puisse le considérer comme un soutien des forces ; c'est un aliment gras et féculent avec une petite quantité d'albuminates.
§ YI
Température des boissons.
Elles agissent différemment selon leur température ; ainsi les liqueurs fortes délayées dans l'eau chaude constituent un excellent digestif; il en est de même du thé; la quantité de boissons ingérées en pareil cas,
rimpression excilanlo qu'elles produisent, sur la muqueuse stomacale font sortir rapidement les aliments de l'estomac, et les soumettent ainsi à l'action des sucs intesdno-pancréatiques. Je connais des malades qui ne digèrent qu'à l'aide de baissons chaudes.
Les indications des boissons froides et de la glace me paraissent exister principalement dans les dyspepsies avec anorexie et nausées, dans les dyspepsies catarrhales avec enduits de la langue. On sait que la muqueuse présente une sensibilité au froid plus marquée qu'au contact ; dans tous les cas, il importe de fixer l'attention des malades sur les etfets des températures.
Quantité de boissons.
On ne saurait déterminer à priori, ni surtout restreindre la quantité des boissons, bien qu'on ait attribué à l'excès des liquides ingérés, une dyspepsie spéciale, qu'on a appelée d'une manière grotesque, la dyspepsie des liquides, comme si les liquides étaient dyspeptiques.