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TRAITEMENT DES DIVERSES ESPÈCES DE DYSPEPSIES CHIMIQUES

A en juger par l'interprétation physiologique et chimique des diverses espèces de dyspepsies, il paraît bien facile de formuler le traitement chimique, qui correspond soit à un déficit de l'acide, soit à une altération de la pepsine, soit à son mélange avec la mucine. Cependant la difficulté commence à la pratique, et la sanction thérapeutique de la pathogénie n'existe pas toujours.

Dyspepsies par déficit d'acide.

C'est surtout dans les dyspepsies par déficit d'acides, que tout paraît d'une simplicité telle qu'on est étonné devoir la chimie entrer si tard en lice. Le suc gastrique manque d'acide chlorhydrique, on en ajoute, et tout est dit ; il semble qu'il n'y ait pas, d'après cela, à se préoccuper ni de l'ancienneté ni de la persévérance du mal, ni de l'état de l'acide normal dans le suc gastrique. L'acidification artificielle a été même érigée en prin-

cipe, si bien que les cliniciens les plus expérimentés, Trousseau enlr'aulrés, ont préconisé l'usage de cet acide d'une manière générale dans toutes les dyspepsies indistinctement ; c'était la revanche contre les alcalins.

Or, comme jamais on n'avait posé les indications vraies et précises, l'acide chlorhydrique n'a pas manqué de tomber en désuétude jusqu'à ce que l'École chimique allemande représentée dans cette circonstance par Leube, reprît en sous-œuvre ce traitement, qui devait désormais reposer sur une base solide, c'està-dire sur l'analyse chimique.

Or, ainsi que nous l'avons démontré, la dyspepsie par défaut d'acidification suffisante ne dure pas ; dans les conditions même les plus favorables à la diminution de l'acide, ainsi dans les fièvres, les anémies, les dilatations, l'acide chlorhydrique ne disparaît ni d'une manière totale, ni d'une façon permanente. Dans les dyspepsies simples, dans lesquelles on reconnaît un suc gastrique faiblement acide, il en est exactement de môme ; ainsi l'indication de l'acide chlorhydrique n'est jamais que transitoire, et le médicament ne doit être employé rationnellement, que pendant la digestion, et non avant ni après.

Mais l'utilité la plus incontestable de l'acide ne se trouve pas dans les dyspepsies provenant manifestement d'une acidité en déficit; une indication véritable se rapporte aux dyspepsies alimentaires spéciales, celles qui proviennent d'un certain genre d'aliments albuminoïdes, qui exigent une acidification considérable ; nous savons eneffel que sous ce rapport on peut établir une hiérar-

chie assez exacte ; ce sont les viandes qui se digèrent à moins de frais d'acidité; ce sont les albumines, et certaines léguminoses, qui exigent la plus forte dépense d'acides ; tel suc gastrique, qui digère les viandes ne saurait suffire à la digestion de l'œuf; dans ces conditions l'acidité surajoutée peut être d'un grand secours.

Mais au-dessus de cette acidification artificielle et additionnelle du suc gastrique, il y a un moyen plus énergique, plus sûr, et plus simple dans ses effets; c'est le traitement par les substances hypercriniques, c'està-dire qui favorisent la sécrétion du suc gastrique, ainsi qu'on l'observe sous l'influence des alcalins. Par le seul fait de l'introduction des sels sodiques ou de Vichy, on obtient une sécrétion considérable, ou si elle existe, une augmentation notable du suc gastrique ; or s'il se produit un nouveau suc digestif, c'est qu'il pourra venir en aide à celui qui manque d'acide, ou bien encore il communiquera une activité et une puissance nouvelles à celui qui ne parvenait plus à métamorphoser les albuminates en peptone ; ainsi la voie indirecte, le traitement par les alcalins est de tous points, et en tous les cas supérieur au traitement par les acides ; seulement pour le rendre décidément efficace, il importe de prescrire l'eau minérale, ou les sels sodiques une demiheure, ou même une heure avant le repas.

Quant au régime il se trouve ainsi tout tracé ; insister sur les viandes maigres, supprimer les albumines et

certains légumes secs.

§ II

Dyspepsies par déficit ou par altération de la

pepsine.

Voir: Conclusions pratiques do la page 47.

§ III

Dyspepsies par suite de l'immixtion du mucus au suc gastrique ou dyspepsie mucoso-sécrétoire.

ARTICLE PREMIER Régime.

Ces dyspepsies sont souvent le résultat de l'abus des liqueurs fermenlées, des aliments féculents, sucrés ou graisseux ; dans tous ces cas il se forme des acides lactique, acétique, butyrique, qui entravent l'actioa de la pepsine.

La première règle du traitement de ce genre de dyspepsies, c'est donc de supprimer ces aliments ; en effet bien que les féculents ne se digèrent qu'en partie seulement dans l'estomac par le ferment de la salive, ces aliments peuvent s'y transformer en sucre et en acide lactique; il en est de même des sucres^ qui se dissolvent en fermentant, et sont alors résorbés en faisant pour ainsi dire l'économie du travail digestif ; ces sucres donnent lieu, copime les féculents, aux produits acides déjà indiqués. Les graisses peuvent également, tout en échappant à l'action digestive de l'estomac, mais par

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