J^S DES DYSPEPSIES
leur seul séjour dans l'organe, fournir des aciJes gras, qui déterminent les renvois acides et le pyrosis.
La deuxième règle de cotiduùe, c'est de prescrire surtout l'usage des albuminates, et les viandes de préférence aux œufs; ces matières albumineuses exigent sans doute l'intervention du suc gastrique, mais ils se décomposent moins que les hydrates de carbone ; pourvu que la viande ne soit pas trop fraîche, c'est-à-dire trop dure, qu'elle ne soit plus sous l'influence de la rigidité cadavérique, qu'elle ait subi un certain degré d'acidification post mortem, ce qui favorise l'action de la pepsine, ainsi que la transformation des corps gélatineux en gélatine, pourvu, dis-je, que ces conditions soient remplies, la viande est utile, et supérieure à tout autre aliment.
La viande crue répugne souvent au malade, et ne saurait, malgré sa facile digestibilité, constituer une alimentation habituelle dans ces dyspepsies. — Le poisson doit être bouilli et sans graisse.
Le lait sera bien moins utile, en raison de la graisse, en raison de Tacidification du sucre de lait, et surtout du caséum, qui se prend souvent en un coagulum indigestible par l'estomac, et que le suc pancréatique peut seul recueillir et transformer.
Quelques légumes frais et sans consistance (asperges, chicorée, carottes nouvelles, purées de pommes de terre), peuvent être ajoutés, malgré leurs légers inconvénients, aux mets de viande, qu'il serait impossible de continuer seuls.
U)ie troisième règle est celle-ci : L'usage banal est de prescrire ce qu'on appelle un régime léger ; mais il
y a deux manières de comprendre l'alimentalion légère; l'ime qui se résume ainsi : un aliment est transformé pendant son parcours par tout le tractus digestif, si bien qu'il abandonne à l'économie, le maximum d'azote et de carbone; c'est la digestibilité physiologique absolue; l'autre digestibilité ne se rapporte qu'à l'estomac, c'est celle qui nous occupe en ce moment ; pour l'estomac, l'aliment le plus digestible est celui qui le quitte le plus vite, ou bien celui qui a la consistance la plus molle, de façon à être plus facilement accessible au suc gastrique; en un mot, l'aliment qui met le moins en jeu l'organe malade. Ce sont ces données que nous avons cherché à formuler, en préservant ainsi l'estomac du contact des aUmenIs qui peuvent, en y séjournant^ développer des gaz ou des acides de fermentation.
ARTICLE II Pompage.
C'est dans ce genre de dyspepsie que le pompage réussit le plus sûrement; il enlève les mucosités, et délivre pour ainsi dire les glandes sécrétoires.
ARTICLE III ]\Icdications diverses.
Les moyens médicamenteux de traitement doivent avoir pour but d'activer la sécrétion ; les alcalins agissent dans ce sens.
Les amers augmentent à peine la sécrétion salivairc, et indirectement le suc gastrique par la salive qui est avalée ; peut-être aussi la sécrétion gastrique est-elle augmentée directement par la pression intra-vasculaire, qui paraît, d'après Kôhler, s'exagérer sous l'influence des amers, comme le quassia, la gentiane, le colombe.
Les sources alcalines^ chlorurées sadiques et purgatives, comme Carlsbad, présentent souvent sur les eaux alcalines pures un avantage réel, en ce sens que le chlorure et le sulfate de sodium constituent un excellent moyen de sécrétion gastrique.
ARTICLE IV Évacuants.
C'est dans cette forme de dyspepsies que les évacuants, surtout les purgatifs réussissent le mieux ; il est préférable de recourir alors aux purgatifs salins ; les glycérides compromeltent l'appétit, et les drastiques ne peuvent pas impunément être renouvelés. C'est encore dans ces dyspepsies, que les vomitifs, surtout l'ipéca, peuvent lemporairement trouver leur emploi, et stimuler l'appétit. A l'aide de ce moyen, on débarrasse l'estomac de la couche de mucus, qui empêche le contact de la pepsine avec les aliments.
ARTICLE V Aiitiferments.
C'est enfin dans ces dyspepsies muco-sécréloires, où