ESTOMAC
GHOS INTESTIN
ARTICLE II Origine des principaux gaz du canal digestif.
On sait que les digestions proprement dites, c'est-àdire que l'action des pepsines ou propepsines ne développe pas de gaz, ou plutôt que la formation des gaz ne l'accompagne pas d'une manière nécessaire.
Pour les ferments diastatiques, et pour la pepsine, cela est démontré depuis longtemps ; il en est de même pour le ferment pancréatique dans son action sur la fibrine, du moins lorsque ce ferment est très pur, c'est ce qui ressort des belles recherches de Hûfner. Mais il n'en est plus ainsi, s'il y a décomposition alimentaire.
a. Co^. Origine de Co^ dans le sang par diffusion (?). On avait supposé que Co^ provient du sang par diiîusion ;
mais la tension de Co^ dans le sang comporte à peine 5 volumes pour 1 00 (Strassbourg) ; donc il es t impossible, comme le disent Lehman, Planer et une foule de physiologistes, que ce gaz dérive du sang ; il faut de toute nécessité qu'il se forme ou par échange avec l'oxygène de l'estomac, ou par décomposition alimentaire.
b. L'O en pénétrant dans le sang (voir Circulation) s'échange avec Co^ qui n'est donc qu'un produit d'oxydation, et non de sécrétion de gaz préformé. Ce qui le prouve, c'est que 0 diminue de haut en bas.
c. La fermentation butyrique est une autre cause puissante de la production s. Co^, surtout dans le milieu alcalin de l'inteslin grêle. Ce gaz provient-il de la fermentation ? Dans les maladies qui provoquent une formation d'acides, ou un séjour prolongé des aliment» dans l'estomac, on ne saurait mettre en doute un processus fermenlatif des ingesta. Les hydrocarbones se décomposent alors en dernière instance au moins partiellement en produits gazeux, et dans ce cas, sous l'influence des agents fermentifères, il se forme, comme nous l'avons dit, tantôt une fermentation alcoolique, e'est-à-dire acétique, tantôt une fermentation lactique c'est-à-dire butyrique. — Frerichs a parfaitement démontré la possibilité de ces applications chimiques à la pathologie, linsi le sucre forme 2 alcool -f- 2Co^ d'où aldéhyde + H20 et acide acétique, ou 2 acide lactique, c'est-à-dire acide butyrique. Ces deux fermentations peuvent être parallèles, simultanées (Schultzen et Wilson) ; toutes les deux mènent au développement de H et de Co^.
d. Une autre portion de Co^ provient de la fermenta-
CLINIQUE
tion ou plutôt de la décomposition putride dans le gros inleslin; lorsqu'on soumet les matières fécales à l'action <le l'eau bouillante, Co^ se développe de plus en plus, môme à l'abri de l'air.
e. La fermentation pancréatique en produit également, et de plus en plus, avec la durée de l'opération.
N. V azote provient presque exclusivement de l'air ^ivalé : il n'y a pas une fermentation qui produise de l'azote libre. Les recherches de Seegen et Nowak démontrent que l'organisme élimine de l'azote /zèr*?; il dérive probablement de l'intestin.
H. L'hydrogène se forme de deux façons : 1° par la fermentation butyrique, 2" lors de la putréfaction des albuminates. C'est ce qui a lieu surtout dans l'opération pancréatique.
CH*. Le gaz des marais se développe aussi bien aux dépens des substances protéiques que des matières hydrocarbonées, mais surtout dans ce dernier cas. On sait depuis longtemps que c'est ce gaz qui se forme dans les marais aux dépens des végétaux. — Popof a reproduit ce gaz, en mettant en contact la cellulose et le suc gastrique de bœuf avec le contenu du cloaque.
S'il en est ainsi chez l'homme, c'est-à-dire si la cel lulose est attaquée dans l'intestin par un ferment, de manière à fournir du CH*, on s'explique comment l'usage des légumes pourvus de cellulose développe une si grande quantité de CH* et de Co^ ; on comprendra aussi pourquoi l'usage du lait n'en produit pas.
ARTICLE III Météorisme, son mode de production.
Un des phénomènes les plus constants de la dyspepsie gastro-intestinale consiste dans le développement des gaz dans les intestins.
Le volume et la tension moyenne des gaz gastro-intestinaux varient peu, si on les étudie dans l'espace de vingt-quatre heures ; cette fixité dans la quantité totale ne peut tenir qu'à l'influence de certains procédés naturels, destinés à contre-balancer leur accroissement incessant. Ces procédés sont :
a. La résorption, chez l'homme sain, et avec un régime normal suffit pour rétablir Téqmhbre ; cette faculté de résorber les gaz, même ceux qui, à l'instar de H et de N, sont difficilement repris par le sang, appartient à la muqueuse intestinale ; d'où ils pénètrent dans le sang, et s'éliminent promptement par les poumons (Cl. Bernard).
b. Contractions intestinales. — Un second moyen de compenser l'accroissement des gaz consiste dans l'action contractile des intestins, qui intervient surtout après les repas copieux, composés en grande partie de légumes donnant lieu à une fermentation active.
Il faut tenir compte aussi de la tonicité normale des muscles circulaires de l'intestin, qui semble favoriser la pénétration des gaz dans les vaisseaux sanguins. Or, dans l'état pathologique dont nous parlons, il arrive de deux choses l'une : ou bien il se développe
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trop de gaz, pour rentrer dans le sang ^ par les conlracUons péristall.ques; ou bien, si la pro action de gaz est la môme, c est que les moyens compensation et surtout le mécanisme de l^e or tion ont perdu leur efficacité ; la résorption, surtout il y a constipation, devient impossible par suite de la f a blesse des contractions, et la pression exercée sur l gaz par la paroi intestinale est insuffisante pour faire franchir au gaz les tuniques vasculaires.
c Contractions des muscles de Vahdomen et du diaphraqme - Un dernier processus physiologique contribue activement à surmonter la tendance des gaz vers la diffusion et la distension du tube digestif : c'est 1 action des muscles de l'abdomen et du diaphragme.
A l'état sain, une accumulation de gaz, même assez considérable, ne dilate la cavité abdominale que dans une certaine limite ; la pression que les gaz exercent sur les parois intestinales agit principalement sur les parois abdominales, qui se distendent. Quand la cavité abdominale est fortement dilatée, la distension se fait surtout dans le sens longitudinal, le diaphragme cède et la capacité abdominale se trouve augmentée en longueur.
En général les muscles de l'abdomen résistent a cause de leur épaisseur, de leur force, de leurs aponévroses; ils résistent surtout en raison de ce que la pression atmosphérique s'exerce bien plus sur la surface des parois du ventre que sur la suriace supérieure du diaphragme.
La résistance de la musculature abdominale peut ôtre telle que, môme si le diaphragme est refoulé en
haut la région ombilicale est à peine plus soulevée ,ue dans l'état normal. ^
Mais il n'en est plus de même chez les individus faites; chez eux pas de résistance, la distension del 'inestin est plus prompte, plus forte, plus uniforme que chez les individus fortement musclés. Yoilà pourquoi un des premiers signes de l'atonie gastro-intestinale consiste dans le tympanisme ; voilà pourquoi aussi les anémiques, les névropathiques, les hystériques présentent ce phénomène au plus haut degré, si bien qu'il reprend pour ainsi dire le pas sur les troubles digestifs, et tend a son tour à les aggraver.
Le météorisme peut aussi être d'ordre mécanique VOICI comment : le pylore étant contracté, les gaz s'accumulent dans l'estomac; et ces gaz sont autochthones Un obstacle peut siéger sur le trajet de l'intestin grêle, et surtout du colon; une simple constipation ou la présence d'hémorrhoïdes suffisent pour constituer cet obstacle à la sortie des gaz; ils remontent du côlon vers l'intestin grêle, refoulent ceux qui s'y trouvent vers l'estomac, qui les retient un certain temps, si sa force •contractile est amoindrie.
ARTICLE IV
Effets mécaniques du météorisme sur les organe^s voisins.
Si les gaz ne sont pas expulsés, la tympanite s'accen- -tue de plus en plus, et les malades se plaignent avant tout de l'oppression, qu'ils éprouvent principalement pendant la digestion ; c'est qu'en etTet, en raison de
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rélévalion, du refoiilemeiil du diaphragme par en haut, lia surface respu-aloire est diminuée ; le diaphragme se meut d'autant plus difficilement que la distension gazeuse des organes digestifs est plus marquée; il ne peut plus faire d'incursion sur le territoire de l'abdomen, c'est-à-dire s'abaisser pendant l'inspiration ; de là cette dyspnée si pénible, et si facile néanmoins à faire disparaître.
Signes du tympanisme gastrique, intestinal. Dismction d'avec la dilatation. — Il importe de connaître d'abord les signes de la dilatation gastrique; ce sera l'objet d'une étude ultérieure.
Bradypepsie.
Un des phénomènes les plus importants, après la production des gaz et des vomissements, c'est le ralentissement de la digestion gastrique ou intestinale; c'est la bradypepsie des auteurs allemands; si on entend par là une dyspepsie vraie, c'est une erreur pathologique ; s'il faut comprendre par cette dénomination une digestion lente et laborieuse, le mot, renouvelé de Molière, conservera une signification exacte, mais nécessitera de nombreuses élucubrations pour nous mettre à même de savoir pourquoi et comment l'opération chi mique se ralentit.
Bradypepsie gastrique. — S'agit-il d'un ralentissement dans la digestion gastrique, il n'y a pas d'autre moyen de l'expliquer si ce n'est par une faiblesse do la
musculature de l'estomac, un ralentissement de ses contractions ; mais si môme cette asthénie musculaire est réelle, elle ne va jamais jusqu'à constituer une véritable paralysie de l'estomac ; celle-ci est impossible même après la section des nerfs vagues ; à défaut de cette atonie, on ne peut supposer qu'un obstacle spasmodique au pylore ; mais existe-t-il?
Bradypepsie intestinale. — La bradypepsie ne se passe que rarement, que difficilement dans l'estomac, c'est l'intestin qui en est le siège, et voici comment.
a. La masse alimentaire, par suite d'une contractilité exagérée des muscles stomacaux, est expulsée rapidement de l'estomac, et passe dans l'intestin, où elle subit lentement l'action des sucs intestinaux, biliaire, pancréatique ; pour être digérée totalement, elle est obligée de stationner dans l'intestin. Or, le ralentissement dans la progression de la masse alimentaire dans l'intestin, ou plutôt son arrêt prolongé dans l'intestin, peut être favorisé par la faiblesse des muscles de l'abdomen, qui ne parviennent plus à exercer sur le bol alimentaire une pression suffisante, pour opérer le brassage des aliments, avec les sucs digestifs de l'intestin.
b. Insuffisance pylorique. — Use peut aussi que par suite d'une disposition spéciale du pylore, et sans qu'il y ait exagération des contractions du corps de l'estomac, la masse alimentaire ne soit pas retenue un temps suffisant pour être digérée ; le pylore ne résiste plus à l'impulsion que la masse alimentaire brassée dans l'estomac lui imprime ; cette absence de résistance a été décrite il y a longtemps par Londe, et dans ces derniers temps par Ebstein (de Gôttingue), qui lui a donné le nom
CLINIQUE
{^^incontinence pTjlorique; il la prouve en faisant prendre au malade une poudre gazogène en quantité très marquée; dès que le gaz se développe, il franchit les limites de l'estomac, si le pylore est relâché, et on constate alors, à l'aide de la percussion et de la palpation, la distension des intestins par les gaz introduits, aussi bien que celle de l'estomac lui-même ; si l'ouverture pylorique est suffisante, on ne perçoit que les signes de l'ampliation stomacale.
Dans la première condition, le pylore étant ouvert, l'estomac ne peut jamais présenter une dilatation permanente ; dans le deuxième cas, c'est-à-dire si le pylore conserve son pouvoir de fermer et d'ouvrir alternativement la communication avec l'intestin, les gaz ne peuvent pas s'accumuler davantage; l'ectasie devient encore impossible ; ainsi, dans tout état de cause, la bradypepsie ni la dyspepsie n'ont de rapport direct avec la dilatalion chronique de l'estomac.
§ IV
Évacuations intestinales.
Les matières évacuées par l'intestin constituent, ainsi que les matières vomies, un des signes les plus importants de la dyspepsie. Mais, avant de déterminer si la nature des garde-robes indique une mauvaise digestion, il importe de connaître d'une manière précise quelle est la composition des matières fécales à l'état normal; avant de se prononcer sur la signification de la quantité de matières évacuées, il n'est pas moins
Utile d'êlre fixé sur le chiffre normal des produits d'excrétion.