OBSERVATION I
Goutte et gravelle chez un docteur en médecine, qui a lui-même résumé
son observation.
M. le docteur Palanchon est un homme de cinquante ans, robuste et bien constitué. Il s’est rendu à Contrexéville pendant les deux années 1868 et 1869, et a bien voulu nous donner une brève description de son état avant et après sa cure hydro-minérale. Nous allons la transcrire sans y rien changer, pour laisser à ses assertions toute leur valeur.
Deux accès de goutte de six mois chacun en 1849 et 1853. Pendant le dernier, colique de douze heures avec expulsion d’un gravier d'acide urique.
Depuis cette époque, coliques fréquentes jusqu’à trois par an, plusieurs de plus de cinquante heures, expulsion de graviers nombreux, d’un à six par colique. Urines boueuses, ressentiments fréquents de goutte dans les articulations, mais sans être arrêté. Régime sévère pendant plusieurs années ayant amené un état aménique.
Saison à Contrexéville en 1868.
Depuis cette époque, régime tonique et fortifiant, viandes noires et blanches, vin, café. Pas une seule colique, urines claires et limpides, articulations moins roides.
Saison à Contrexéville en 1869.
Malgré la quantité d’eau absorbée, les bains et les douches, à peine une petite pincée de sable rouge. Par conséquent, cure considérée comme radicale. Palanchon, d. m. p.
Contrexéville, 9 juillet 1869.
Sans être aussi optimiste que noire honorable confrère, on ne saurait nier qu’il a retiré dès sa première saison les résultats les plus décisifs. L’état anémique auquel il fait allusion était tel, qu il dut renoncer en partie à l’exercice de sa profession. Son exemple nous prouve que, si l’on peut par un régime sévère prévenir ou retarder suivant les cas l’invasion de la goutte chez ceux qui en sont menacés, ce n’est pas toujours sans danger pour la santé générale et qu’il est de beaucoup préférable d’y associer un traitement aussi rationnel que celui des eaux minérales, qui n'excluent pas les indications de l’hygiène, mais en rendent l’observation plus facile. Ce fait démontre de plus les propriétés tonifiantes des eaux de Contrexéville. Car, dans ce cas spécial, nous ne doutons pas que des eaux minérales bicarbonatées sodiques n’eussent eu un résultat diamétralement opposé à celui que nous venons de constater.