IM
vicrs peut déterminer quelques troubles plus ou moins douloureux dans la miction.
La migration et l’expulsion des graviers sont, nous l’avons dit, plus ou moins faciles. Les douleurs quelles déterminent ne sont nullement en rapport avec les produits expulsés. Nous avons vu des graviers volumineux rendus sans en avoir provoqué, tandis que d’autres, dont le volume n’excédait pas celui d’un grain de millet, avaient déterminé une colique néphrétique.
La colique néphrétique débute toujours subitement; aussi, lorsqu’elle survient pour la prem ière fois, donnet-elle souvent lieu à des erreurs de diagnostic. Voici ses caractères; douleur atroce, subite, siégeant à la région rénale, d’un seul côté, et s’irradiant vers le basventre; nausées, efforts plus ou moins répétés de vomissement; rétraction du testicule correspondant.
Tels sont les signes principaux et pathognomoniques de la colique néphrétique.
Quoique continue, elle présente des exarcerbations pendant lesquelles le malade crie, se roule par terre, puis regagne son lit, essaye de marcher et se plaint de nouveau..La douleur est tellement vive que le malade la localise difficilement, et cependant il accuse souvent une sensation très-douloureuse dans la région inguinale. Dans ce cas, l’inspection du testicule pourra, en cas de doute, faire cesser les hésitations. La crise cesse d’ordinaire brusquement, en laissant, bien entendu, après elle une prostration plus ou moins grande, suivant sa durée.
Celle-ci est le plus ordinairement de quelques heures, mais nous avons vu de nombreux malades chez lesquels elle avait duré vingt-quatre, trente et jusqu’à cinquante heures et plus.
Elle cesse le plus souvent par la chute du gravier dans la vessie. Néanmoins on observe quelquefois des coliques sans expulsion, et le même gravier peut en occasionner plusieurs. Il est vrai de dire que souvent aussi ils sont rendus sans que le malade s’en aperçoive, surtout si la colique a été méconnue.
Certains phénomènes dysuriques accompagnent la colique néphrétique : la miction est le plus souvent suspendue ; quelquefois il y a des envies d’uriner fréquentes. L’urine, toujours rare, est tantôt limpide, tantôt trouble et sanglante.
Le traitement rationnel de la colique néphrétique consisterait à déterminer l’expulsion du gravier, mais il est le plus souvent impossible d’y songer, car les nausées et les vomissements ne permettent l'ingestion d’aucune boisson. C’est donc aux moyens externes qu’il faut s’adresser pour soulager les malades. Nous citerons d’abord les cataplasmes, les sinapismes, l’application de serviettes chaudes, le chloroforme sur de la ouate, d un emploi facile et rapide, la glace pilée appliquée dans une vessie loco dolenli , qui a donné d excellents résultats, les lavements laudanisés, les saignées locales, sangsues ou ventouses. — Tous ces moyens soulagent le plus souvent, mais le soulagement n’est, en général, malheureusement pas de longue durée.
Les bains chauds prolongés, lorsque le malade peut les supporter, rendent les services les plus signalés. Mais lorsque la colique est intense, ils sont impraticables.
Nous signalerons surtout un moyen bien connu et néanmoins assez rarement employé. Il donne cependant des résultats excellents, et nous en avons un exemple dans l’observation XI (voir p. G8). Ce moyen consiste dans Y injection sous-entanée, au moyen de la seringue de Pravaz, d’une solution contenant de 5 à 15 milligrammes de chlorhydrate de morphine.
Les injections sous-cutanées, qui sont maintenant d’un usage journalier dans la pratique, sont appelées, nous le croyons, à prendre une extension de plus en plus grande. Elles sont ici d’autant plus indiquées que les efforts de vomissement qui accompagnent ordinairement la colique néphrétique ne permettent pas au malade de prendre ou de garder un médicament quel qu’il soit.
Enfin il est un médicament nouveau qui, comme l’a écrit M. Bouchut dans un mémoire présenté tout récemment à l’Académie des sciences, pourrait être employé avec succès pour calmer les douleurs de la colique néphrétique. Nous voulons parler de Yhydrate de chloral. La dose de A grammes dans un lavement semble jusqu’à présent la plus rationnelle. Nous disons jusqu’à présent, car ce médicament est encore a l’étude et on peut se rappeler, par exemple, que les doses indiquées comme maximum dans l’emploi du
bromure de potassium ont notablement varié lorsque scs effets ont été mieux connus.
Le chloral a du reste été employé tout récemment en injections hypodermiques et aurait donné de bons résultats au docteur Liebreich, de Berlin, dans un cas où la morphine avait échoué. Le professeur Langen en aurait également obtenu des effets remarquables dans un cas de delirium tremens. La dose de médicament administré par les téguments a été, dans ce dernier cas, de 10 centigrammes.
Lorsque par un de ces divers modes de traitement on a réussi à calmer une colique néphrétique, le rôle du médecin n’est pas terminé; il importe alors d’en prévenir le retour. Nous allons lui dicter sa conduite ou plutôt remettre ce soin à une plume plus autorisée que la nôtre, celle de M. Durand-Fardel, inspecteur des sources d’Ilauterive, à Vichy, dont les travaux sur les eaux minérales et les maladies chroniques ont une légitime autorité :
« Dans les cas de douleurs rénales habituelles, de disposition au retour des coliques néphrétiques, ou dans les cas moins simples où les douleurs persistantes et les urines troubles annoncent un certain degré d’inflammation ou de catarrhe vers le rein, les eaux de Contrexéville, transportées s’il le faut, mais surtout prises sur place, sont tout à fait indiquées. Les eaux minérales bicarbonatées et notablement minéralisées, et Vichy en particulier, sont au contraire contre-indiquées alors. Il faut insister sur ce sujet,
qui n’est pas assez connu de la généralité des médecins1. »
Les causes de la gravelle urique, telle au moins qu’il nous est donné de l’étudier à Contrexéville, peuvent se résumer en un mot : défaut d’équilibre entre les recettes et les dépenses. Il existe donc deux catégories de graveleux : ceux qui, par une alimentation trop riche, absorbent une telle quantité de principes assimilables que la combustion complète n’en peut avoir lieu; ceux qui n’en absorbent qu’une quantité médiocre, mais qui, par le défaut plus ou moins complet d’exercice, entravent l’oxydation ou la combustion du peu qu’ils absorbent.
Cette seconde catégorie est à Contrexéville beaucoup plus nombreuse qu’on ne serait tenté de le supposer. Les personnes assujetties à un long travail de bureau, les ecclésiastiques que l’on y rencontre en grand nombre, appartiennent en général à cette classe.
Quant à Yhêréclité, elle doit incontestablement être rangée au nombre des causes prédisposantes. Que de fois ne nous est-il pas arrivé de donner à la fois des soins au père et au fils, ou à deux enfants d’un père mort graveleux, et combien plus souvent ne Lavonsnous pas notée dans les communicatifs fournis par les malades.
La moyenne de l’âge des graveleux qui visitent la source du Pavillon est de quarante-neuf à cinquante ans. Nous l’avons observée sur des jeunes gens et
1 Durand-Fardol, Traité pratique des maladies chroniques. Paris, 18G8, t. I, p. 14b.
exceptionnellement chez des enfants, nous parlons ici de la gravelle urique exclusivement. Du reste, nous n’avons pas l’intention d’en faire une histoire complète, et pour la faciliter à ceux de nos lecteurs qui désireraient l’étudier, nous publierons à la suite de cet article un index bibliographique.
La gravelle phosphàtique, que nous avons appelée gravelle alcaline , reconnaît deux origines. Elle provient soit d'une affection locale des voies urinaires, et alors mérite de tous points le nom de gravelle catarrhale que lui a donné M. Durand-Fardel; elle est alors consécutive et l’urine qui l’accompagne est toujours alcaline. Mais elle peut aussi dériver d’un trouble de nutrition mal connu jusqu’ici et précéder toute altération de l’urine, qui est alors normaletnent acide et peut conserver très-longtemps son acidité. Pour n’en donner qu’une preuve, nous citerons les calculs volumineux de phosphate de chaux trouvés dans les reins de sujets tuberculeux dont t’urine n’avait, comme nous avons pu nous en assurer, rien perdu de son acidité physiologique.
Nous ne reviendrons pas sur les caractères de ce genre de gravelle; disons seulement que les sédiments quelle détermine sont plus abondants, que les graviers phosphatiques sont, en général, plus volumineux et que l’eau de Contrexéville non-seulement tend à les expulser, mais à les dissocier, si bien qu’il peut arriver qu’un malade pisse son calcul en bouillie, suivant l’expression du docteur Baud.
Ces graveleux sont débilités, leur constitution est
en général mauvaise, les douleurs de reins moins intenses sont plus continues; enfin ils présentent le plus souvent une altération du réservoir urinaire qui a été considérée par des auteurs dont l’opinion fait autorité, comme M. le professeur Boucliardat, comme préexistante; notre savant maître nous permettra de ne pas être tout à fait de son avis, lorsqu’il dit que « les graviers et calculs qui contiennent du phosphate de chaux ou du phosphate ammoniaco-magnésien dérivent de la décomposition de l’urine avant son émission. » Car, comme nous venons de le dire, on observe ces dépôts sans qu’il y ait la moindre trace de décomposition dans l’urine qui les accompagne.
Beaucoup plus rare que la gravelle urique, nous ferons observer que cette forme de gravelle se rencontre plus fréquemment chez les femmes que la précédente. Elle est toujours accompagnée d’un état anémique pour lequel les propriétés toniques et reconstituantes de l’eau de Contrexéville donnent les meilleurs résultats, et c’est surtout chez ces malades qu’il importe d’éviter l’emploi de la plupart des boissons alcalines qu’on leur recommande trop souvent.
Il est également inutile de faire observer que 1 hygiène de ces malades devra différer essentiellement du régime des graveleux uriques, qui amènerait, on le comprend, une aggravation de la maladie. Aussi, lorsqu’un malade expulse un gravier, importe-t-il beaucoup de bien s’assurer du genre de gravelle avant de le soumettre à un traitement.
Quant au traitement de la gravelle phosphatique,
aucun autre n’a donné les résultats que nous signalons plus loin (voir p. 68) et auquel nous n’ajouterons rien, car les faits parleront mieux que nous ne pourrions le faire.
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(■■outte.
Nous n’avons pas l’intention de faire ici une monographie d’une maladie aussi étudiée que la goutte. Comme pour la gravelle, nous renverrons ceux de nos lecteurs qui voudraient le faire à l’index bibliographique qui suit cet article. Nous n’avons pas non. plus à nous occuper du choix d’une station thermale dans les diverses formes que revêt la goutte, mais bien de dire à quelles de ces formes convient Contrexéville.
Nous en admettrons quatre : *
1° La goutte aiguë ;
2° La goutte chronique;
3° La goutte viscérale;
•4° La cachexie goutteuse.
Avant d'examiner séparément chacune de ces variétés, disons de suite que, quelle que soit la forme sous laquelle la goutte se montre, elle n’est qu’une manifestation de la diathèse urique. Aussi se présentet-il dans le traitement de celte affection deux indications : combattre la diathèse, combattre ses diverses manifestations.
Les relations de la goutte articulaire aiguë ou chronique avec la diathèse urique sont aujourd’hui indiscutables. L’excès d'acide urique dans le sang, la diminution d’excrétion par les voies urinaires de ce même acide avant les attaques, la nature des dépôts articulaires ou autres chez les goutteux, d'un autre côté la coexistence et souvent l’alternance de la goutte
et de la gravelle urique mettent ce fait hors de doute.
Quant aux manifestations abarticulaires de la goutte, leur relation directe avec la diathèse urique n’a, jusqu’ici du moins, pu être démontrée. Mais, comme elles sont inséparables de la goutte et que celle-ci est manifestement liée à la diathèse urique, on est autorisé à conclure à une relation directe entre cette diathèse et la goutte viscérale. Du reste, lorsqu’une médication combat victorieusement la diathèse, elle prévient nécessairement les effets qu’elle produit, et dans cette étude nous nous efforcerons de démontrer par des exemples l’action des eaux de Contrexéville sur la diathèse urique en général et sur la goutte en particulier, môme lorsqu'elle a présenté des manifestations viscérales (voir obs. XII, p. 70).
La (joutte aigue articulaire à accès vifs, très-douloureux, laissant entre eux des intervalles de calme parfait, débutant soixante-dix fois sur cent par le gros orteil, est l’espèce la plus fréquente. Dans la majorité des cas elle est héréditaire, mais souvent aussi elle est acquise, et alors, trop souvent, le malade ne vient chercher aux eaux que l’impunité pour les excès de table auxquels il se hâtera de se livrer aussitôt la station quittée. Lorsqu’au contraire les antécédents seuls peuvent être incriminés et surtout lorsqu’alors la goutte atteint un malade que son tempérament ou son genre de vie semblait mettre à l’abri de cette maladie, les eaux de Contrexéville sont nettement indiquées. Elles affaiblissent et éloignent déplus en plus les accès. Une médication thermale trop énergique
est à redouter pour les malades, qui voient alors trop souvent leur goutte passer à l’état chronique.
Quant aux accès de goutte aiguë, le médecin doit-il intervenir ? Sydenham, dont l’autorité en pareille matière est immense, répond négativement. Le goutteux est pour lui une sorte de machine chargée qui doit se dégager au dehors sous peine de faire explosion au dedans. Sans accepter les idées théoriques du savant goutteux anglais, qu’on a surnommé le père de la yoiille et qui en fut aussi le martyr, notre regretté maître M. Trousseau ajoute que son expérience personnelle Ta amené à suivre vis-à-vis des malades une conduite tout aussi réservée et à ne faire absolument rien contre les attaques de goutte aiguë, surtout lorsqu’elles prennent un individu dans la force de lage. 11 n'a jamais, ajoute-t-il, eu qu’à se repentir lorsqu’il s’est écarté de cette ligne de conduite, et s’il évitait, alors qu’il enrayait les accès, comme cela est malheureusement trop facile, s’il évitait les dangers de la goutte déplacée, il voyait revenir les accès plus rapprochés et la goutte, de franche et passagère, devenir a tonique et persistante.
Enfin Sydenham ajoute : «C’est d’après une longue expérience et des observations multipliées que j’affirme hardiment que la plupart de ceux qui meurent de la goutte périssent moins de la maladie meme que
d’un traitement peu réfléchi. »
C’est surtout dans la (foutlc chronique que les eaux de Contrexéville donnent des résultats des plus satisfaisants, alors môme que les malades ont délé-
rioré leur constitution par l’abus des alcalins ou par lusage intempestif de préparations dites aniigouiteuses et qu’ils se sont ainsi exposés à ces terribles. accidents métastatiques qui faisaient dire à Guy Patin: «Quand ces malades ont la goutte, ils sont à plaindre. Quand ils ne l’ont pas, ils sont à craindre. »
Ici les propriétés toniques et reconstituantes de la source du Pavillon remplissent de tout point 1 indication thérapeutique : Combattre la diathèse sans débiliter le malade et en Lui restituant la faculté de réagir contre samaladie, sa puissance réactive, comme dit Sydenham.
Ce résultat est obtenu plus ou moins promptement suivant l’origine et l’ancienneté de la goutte. Nous ne pouvons mieux faire ici que de renvoyer aux exemples que nous citons plus loin.
La goutte viscérale s’observe rarement dans les stations thermales. Dans les troubles de l’estomac liés à la diathèse urique que nous avons pu étudier (voir obs. IV) ou chez ceux de nos malades qui avaient eu antérieurement des accidents de la goutte remontée (voir obs. déjà citée p. 70), les résultats que nous avons obtenus ont été des plus encourageants du reste. L’opinion des auteurs qui se sont occupés de la question du choix d’une eau minérale pour les goutteux qui présentent des manifestations viscérales est unanime à indiquer Contrexéville. Récemment encore M. le docteur Potton (de Lyon), goutteux et combattant, comme il le dit, pro domo sua, a, dans une Elude comparative sur les effets spéciaux de quelques
sources minérales dans la goutte , publiée dans le journal Lyon médical, en août 1809, dit que « dans le cas de goutte viscérale son choix se porte sur les eaux calciques magnésiennes et plus spécialement sur Contrexévil le. » Les'raisons qu il donne de ce choix nous sont un sûr garant que notre honorable confrère connaît en détail les effets de la source du Pavillon,- et lorsqu’il ajoute que « dans cette forme de goutte il ne connaît pas de médication plus sûre pour régulariser les fonctions » , nous ne pouvons que nous incliner devant l'autorité de son expérience en pareille matière.
En résumé, nous dirons que Contrexéville, combattant efficacement la diathèse urique, convient à la goutte en général. Nous ajouterons que, ne présentant pas les dangers de la cachexie sodique, elles éviteront, surtout dans les cas de goutte chronique, les déceptions malheureusement trop fréquentes auxquelles donne lieu un traitement inopportun.
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Catarrhe vésical.
La plupart des auteurs modernes emploient indifféremment le mot de catarrhe vésical ou de cystite chronique pour désigner l'inflammation chronique de la vessie. D autres, à côté de la cystite aiguë et chronique, décrivent le catarrhe vésical aigu et chronique. Nous pensons cette distinction superflue, car le catarrhe n’est autre chose qu une cystite superü-
* ■ mil.
eiellc portant exclusivement sur la couche épithéliale.
Le mot catarrhe est aujourd’hui à peu près synonyme d inflammation dune membrane muqueuse. On ne sauraii en effet séparer le catarrhe de l'inflammation. Que celle-ci ne porte que sur une couche de peu d épaisseur et laisse intact le substratum connectif, ce n en est pas moins une inflammation, et toute inflammation de la vessie porte le nom de cystite.
Cliniquement, il est impossible de distinguer la cystite chronique du catarrhe; dans les deux cas il y a production de mucus et de pus. On a dit, il est vrai, que le pus fourni par la muqueuse était plus visqueux, que ses globules, qui ne sont autres que des cellules d’épithélium arrêtées dans leur développement, présentaient des caractères particuliers ; mais l’inflammation des couches plus profondes n’excluant pas celle de la couche épithéliale, ces caractères doivent se retrouver dans le pus de la cystite. On a également signalé dans les urines catarrhales la présence de vibrions auxquels on a voulu faire jouer un grand rôle. L’expérience, en démontrant qu’ils pouvaient exister dans l’urine d’individus sains, a fait justice de cette opinion.
Les symptômes du catarrhe de vessie sont les suivants : douleur et pesanteur au niveau du pubis; douleur lombaire transmise par les nerfs qui se rendent à la vessie, au niveau du col ; besoins fréquents, cuisson dans l’urèthre pendant la miction, qui est pénible et difficile; jet petit, faible; émission en général peu abondante.
Les auteurs ont décrit, comme appartenant au catarrhe vésical, certains symptômes qui dépendent de la cause qui le détermine. La déformation du jet provient d’un rétrécissement de l’urèthre ou d’une hypertrophie prostatique, son arrêt brusque d’un calcul vésical ou de certaines maladies de la prostate; enfin les élancements dans le gland sont un des signes les plus rationnels de la pierre dans la vessie.
Dans le catarrhe de vessie, burine est acide au début de l’affection ; elle ne tarde pas à devenir alcaline, à contenir du mucus et du pus. Aussi Dupuytren distinguait-il trois espèces de catarrhe, le muqueux, le mucoso-purulent et le purulent. M. Mercier a même cru devoir en ajouter une quatrième, le catarrhe glaireux, les glaires étant pour lui du pus décomposé par l’ammoniaque. Ces différents degrés, dans lesquels l’urine exhale une odeur plus ou moins fétide, nous semblent moins importants à connaître que la cause du catarrhe, qui donne des indications plus précieuses pour le traitement. Notons enfin, quoique nous ne voulionspas faire ici d’anatomie pathologique, les bosselures de la muqueuse vésicale, également signalées par M. Mercier, que l’on prend souvent pour des fongus, voire même quelquefois pour des corps étrangers, lors d’une exploration.
L action déterminante d’une transition brusque de température et surtout du froid humide est indiscutable dans le catarrhe de vessie. On y a même cherché une preuve de la nature catarrhale de cette inflammation. Certaines répercussions diathésiques qui, lors-
quelles frappent les muqueuses, n’ont pas d’autre forme que la forme catarrhale ont également été invoquées. Mais de toutes les causes qui le déterminent, lorsque toutefois il ne succède pas à une cystite aiguë, les plus fréquentes et les moins discutables sont :
1° La stagnation de l’urine causée par :
Une maladie de la prostate ;
Un rétrécissement de l’urèthre;
L’atonie de la vessie.
2° Un corps étranger, soit :
Un calcul venu des reins ;
Une pierre qui s’est formée dans la vessie;
Un corps étranger venu de l’extérieur (une sonde à demeure, par exemple).
Quoique l’inflammation occasionnée par ces différentes causes reste souvent limitée à la couche épithéliale, elles donnent également naissance à la phlegmasie des couches plus profondes. Celle-ci peut dans quelques cas aller jusqu’à la perforation de la vessie. Les uretères et les reins eux-mêmes peuvent être enflammés et ulcérés dans les catarrhes anciens.
Le catarrhe vésical exigeant une desquamation incessante de l’épithélium suppose une irritation continue. Cette irritation est occasionnée et entretenue par une urine alcaline ou un corps étranger; d’où l’indication d’extraire le corps étranger ou de modifier l’urine. Lorsqu’un calcul détermine dans la vessie des troubles notables, l’opération est urgente, car plus on attendra, plus les chances de réussite d’une opération s’amoindriront, il est néanmoins souvent urgent de
modifier préalablement la muqueuse vésicale par un traitement approprié. Le chirurgien, en opérant dans de mauvaises conditions, compromet le succès de l opération et la vie du malade aux instances duquel il cède. Nos maîtres et confrères sont du reste ici plus compétents que nous, car cette modification de la vessie, tant qu’elle renferme un calcul, ne peut être obtenue à Contrexéville, ainsi que nous l’avons dit ailleurs.
Il en est tout autrement lorsque la vessie ne contient pas de corps étranger volumineux : les eaux, en entraînant le mucus, en modifiant l’urine et la muqueuse vésicale, en tonifiant la vessie et lui permettant de se vider plus complètement, amènent des résultats décisifs. Ce fait est du reste reconnu par tous les auteurs modernes qui se sont occupés des maladies de la vessie et qui ont énuméré l’interminable kyrielle des médicaments mis en usage contre le catarrhe, qui souvent, après avoir résisté à tous, vient céder à l’emploi de la fontaine du Pavillon (voir obs. XVI et suivantes).
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Des autres/maladies traitées à Contrexévillc.
On rencontre encore dans la station dont nous nous occupons de nombreuses affections des reins; la néphrite chronique, entre autres, a donné lieu à des cures retentissantes, alors que des malheureux arrivés à la source courbés en deux et marchant à grand’peine voyaient au bout de quelques jours de traitement leur taille se redresser.
Les cas d’engorgement prostatique y sont aussi très-fréquemment observés, souvent ils sont accompagnés d’une cystite chronique, et alors 1 action de l’eau sur la muqueuse vésicale permet d’expliquer l’amélioration qui survient généralement. Il est néanmoins hors de doute qu apres 1 emploi des diverses applications tant internes qu’externes de l’eau du Pavillon, les engorgements prostatiques subissant une modification, comme cela est arrivé, par exemple, à
un de nos confrères de la Meuse en 1863, qui, après avoir passé de longues années alité pour une affection grave de la prostate, a pu au bout de deux saisons reprendre l’exercice de sa profession.
L’ensemble du traitement hydro-minéral a donné également d’excellents résultats dans de nombreux cas de prostatorrliées et a ramené, ainsi que l’a observé notre confrère Legrand du Saulle, chez les malades qui en étaient atteints les facultés viriles, qui souvent, malgré un âge peu avancé, avaient complètement disparu. 11 nous a été également donné d’observer plusieurs cas de blennorrhagies très-anciennes et en quelque sorte abandonnées à elles-mêmes par des malades qui avaient renoncé à tout traitement; la modification subie par l’ensemble de la muqueuse des voies urinaires en a souvent amené la guérison après la cure hydro-minérale.
Celle-ci est d’une utilité incontestable après une opération de lithotritie : elle détermine l’expulsion des petits fragments qui peuvent avoir échappé à l’opérateur, et contribue à ramener le réservoir urinaire à l’état normal.
Enfin on a vu dans la statistique que nous avons donnée au commencement de ce chapitre figurer un certain nombre de maladies du foie. Les eaux de Vichy , si fréquentées pour ces affections, sont loin d être toujours souveraines. Celles de Contrexéville ont, dans certains cas où les premières avaient échoué, donné des résultats décisifs, et nous allons pour preuve en rapporter plus loin un exemple frappant
(voir obs. XX). A quelles formes convient donc cette station? C’est ce que notre expérience personnelle ne nous permet pas encore de dire, les observations que nous avons recueillies sur ce sujet n’étant pas assez nombreuses. Nos confrères qui ont écrit sur Contrexéville se sont bornés à signaler brièvement les bons résultats qu’ils avaient été appelés à constater dans ce cas, et cela seulement depuis quelques années; aussi renverrons-nous nos conclusions à une publication ultérieure.