OBSERVATION III
Gravelle urique chez un asthmatique.
M. X***, âgé de quarante-huit ans, employé, de bonne constitution et de tempérament nerveux, est depuis plusieurs années sujet à dos maux de reins et rend par les urines du sable rouge en assez grande quantité. Le père de M. X’** a été opéré de la pierre. — Il se rend à Contrexéville le 5 juillet 1868 et nous remet une note de M. le docteur Bosia, de Passy, qui nous appiend que le malade a été pendant un an atteint d’une névrose du pneumo-gastrique avec toux incessante (diagnostic contrôlé par le docteur Bouley, alors médecin de l’hôpital Necker), et qu il a été pris peu avant son départ d’accès de suffocation avec gêne énorme de la respiration, qui ne pouvait se faire qu’avec des efforts inouïs. Ces accidents avaient disparu au moment de
l’arrivée de ce malade qui vient demander à la source du Pavillon une modification de sa constitution tant au point de vue do la gravelle que des accidents thoraciques auxquels il est sujet. En présence de cet ensemble de symptômes, nous nous bornons à prescrire exclusivement l’ingestion d’eau minérale à dose modérée. Le malade supporte très- bien cette cure et ressent l’effet diurétique et laxatif des eaux sans en éprouver la moindre fatigue. Les sables ont disparu au bout de quelques jours et la gêne de la respiration n’a pas reparu. Le 10 juillet 1869, M. X*** vient faire à Contrexéville une visite de reconnaissance. Il n’a pendant tout l’hiver ressenti la moindre gêne du côté des organes respiratoires et n’a plus vu de graviers dans ses urines.
Cette observation, comme celle qu’on lira plus loin (obs. V), nous montre combien les manifestations thoraciques chez des graveleux sont loin de contre-indiquer l’emploi des eaux de Contrexéville. Nous pourrions multiplier les exemples, si nousne craignions de fatiguer nos lecteurs. C’est ici surtout qu’il ne faut plus limiter l’effet de ces eaux à une action purement mécanique, et l’on voit du reste, au fur et à mesure qu’on étudie les faits cliniques, combien cette opinion est peu soutenable.
Nous allons du reste citer un autre fait oit l’action dynamique des eaux ne saurait être non plus invoquée.