OBSERVATION V
Gravelle urique chez un sujet tres-nerveux.
M. X , négociant, âgé de quarante-six ans, de tempérament nerveux et de bonne constitution, nous est adressé le 10 juillet 1868 parle docteur Gromier, de Lyon, qui, en nous recommandant ce malade, nous le donne comme extraordinairement nerveux. M. X*'* a eu deux coliques néphrétiques, une en mars 1867, la dernière toute récente. — Il a, dit-il, les bronches trèssusceptibles et la vessie plus susceptible encore, car quoique ayant des urines parfaitement limpides, il est afesez fréquemment réveillé la nuit par des besoins d’uriner. Le traitement hydro minéral est commencé le 12 juillet 1868, et après quelques jours nous pouvons adjoindre au traitement interne un traitement externe consistant en douches tièdes et bains alternés qui est très-bien supporté par le malade pendant trois semaines que dure la cure hydro-minérale.
M. X*‘* revient en juillet 1869 et nous raconte qu’il a passé un hiver excellent et se sent mieux sous tous les rapports, suivant ses propres expressions. Il n’a pas eu de colique et a rendu sans douleur une certaine quantité de sable. Il ne s’est plus réveillé la nuit pour uriner, et l’état de ses bronches a été aussi satisfaisant que possible.
On sera tenté, en lisant cette observation, de nous accuser d’imprudence pour avoir fait usage des douches chez un malade présentant une aussi grande susceptibilité des bronches. Mais nous dirons que nous ne l’avons entrepris qu’avec les plus grands ménagements et en commençant seulement par des douches presque chaudes de quelques minutes, ce qui nous a permis d’arriver à en diminuer la température, augmenter la durée. Nous avons cru devoir y avoir recours pour faire disparaître les maux de reins qui persistaient, et l’événement est venu d’ailleurs nous donner pleinement raison.