‹ Des eaux minérales de ContrexévilleChapitre 19 sur 38 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Gravelle pliosphatique. — Calculs rénaux volumineux expulsés à Contrexéville sous l’influence du traitement hydro-minéral.

Mn,° X***, de B"* (Ilaule-Marne), jeune femme do vingt-deux ans, est venue faire en 1865 une première saison à Conlroxéville et a rendu pendant une cure de vingt jours six calculs du volume d’une grosse amande. Se croyant guérie, cette dame ne revint pas en 1866 ot fit usage de l’eau chez elle sans expulser autre chose qu’un peu de sablo gris do temps en temps.

En 1867, cette dame vint par précaution faire une demisaison et permit au docteur Leclerc, qui l’examina minutieusement, de constater que le rein droit était notablement augmenté de volume et très-douloureux à la pression. Il conclut à l’existence d’un corps étranger et ordonna, outre la boisson, l’usago de douches rénales.

La première douche, prise à trois heures do l’après-midi, détermina dans la nuit l’élimination sans douleur de vingt-sept petits graviers blancs grisâtres de forme irrégulière, et dont le volume était en moyenne de la grosseur d’un pois. Les règles étant survenues, l’usage des douches fut suspendu. Trois jours après l'époque menstruelle, une deuxième douche, prise à la même heure, amena vers les six heures du soir une colique néphrétique très-intense. Les douleurs furent calmées au moyen d’un lavement avec 30 gouttes de laudanum. On put alors constater une dilatation énorme de l’uretère au niveau de son origine : la tumeur à laquelle elle donnait lieu semblait êtro du volume d’une grosse noix.

Le lendemain dès sept heures du matin, la malado fut mise dans un bain et but de quart d’heure on quart d’heure un verre d’eau de la source du Pavillon: A neuf heures, la dilatation siégeant sur le trajet de l’uretère droit semblait parvenue au niveau do son orifice inférieur, et après l’ingestion d’un dernier verre, la malade poussa un cri aigu et dit : « Je viens de sentir la pierre tomber dans la vessie. »

Un dernier verre fut alors administré -, nouveau cri do la malade suivi do la chute dans la baignoire d’un corps grisâtre du volume d’une noix, mais plus allongé, arrondi sur une de ses faces et anfractueux sur l’autre. Los vingt-sept petits graviers rendus la veillo semblent en être des fragments.

Celte observation nous montre comment peut se faire à Contrexéville l’expulsion de calculs assez volumineux pour qu’on désespère de les voir sortir par les voies naturelles. Nous ne doutons pas avec notre honorable confrère que les

petits graviers rendus d’abord n’aient fait partie intégrante du plus gros et n’en aient été détachés, tant par l’action chimique, que par l’action dynamique de l’eau prise en boisson. Nous serions même dans ce cas très-disposé à croire que, si on n’avait pas sollicité d’une façon aussi énergique par les douches rénales l’expulsion du gros calcul, celui-ci aurait pu subir davantage cette action et voir son volume réduit à des dimensions qui en auraient permis plus facilement la sortie.

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