‹ Des eaux minérales de ContrexévilleChapitre 24 sur 38 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Catarrhe vésical datant de plusieurs années. — Accidents aigus Irés-péniblcs.

Guérison après une saison.

M. X***, négociant, âgé de quarante ans, d’un tempérament nerveux et impressionnable, nous est adressé, le 17 juin 18(18, par M. le docteur Bosia, de Passy, qui nous apprend que ce malade vient demander à Contrexéville du soulagement à un catarrhe vésical datant de plusieurs années, et qui est très-rebelle aux moyens mis en œuvre pour le combattre.

Le malade a, en outre, depuis un au, des crises très-douloureuses qui reviennent tous les quinze jours et le forcent à s’aliter. Le moral est fort impressionné et c’est avec des larmes dans les yeux que M. X*** nous expose son état. Il urine assez fréquemment et surtout avec les plus vives douleurs; aussi, pour rendre l’impression qu’il ressent pendant la miction, nous dit-il qu’il urine des larmes de feu.

L’urine ne contient que du mucus et une quantité peu abondante d’acide urique.

Au bout d’un traitement de vingt et un jours pendant lequel l’eau est bue à doses modérées, car le malade n’atteignit la dose maximum qu’après une période ascendante assez prolongée, M. X*¥\ qui avait pris aussi quelques bains d’une heure alternant avec des bains de siège à eau courante de dix minutes, et qui avait d’ailleurs très-bien supporté l’eau minérale, tant intérieurement qu’extérieurement, ue constata pas, à son grand regret, une amélioration aussi décisive qu’il Pavait espéré, et quoique ses urines fussent redevenues limpides, il semblait désespérer de sa cure.

Lo 22 juin 18G9, M. X**4 revient à Contrexéville et son état est si satisfaisant, qu’il ne voit cotte fois aucun médecin et dirige a cure thermale lui-mômo. Jo dus donc aller lui demander les

résultats qu’il avait retirés fie sa saison précédente, et il m’avoua que les difficultés de la miction avaient peu à peu diminué, qu’elles avaient complètement disparu au bout d’un mois, qu’il n’avait pas souffert de tout l’hiver et qu’il ne venait à Contrexéville que par reconnaissance. Il eut la sagesse de ne pas faire d’imprudence et le bonheur de ne pas avoir à se repentir comme tant d’autres, dont nous citons plus loin quelques exemples, d’avoir voulu diriger lui-même son traitement.

Cette observation montre combien, dans les cas de catarrhe vésical même avec accidents aigus, l’action de l’eau du Pavillon est rapide et souveraine, alors même que la série si nombreuse des moyens classiques a échoué. Ainsi voici une affection ancienne et douloureuse qui disparaît après une seule saison de vingt et un jours. Ce résultat, qui ne saurait être pris comme règle absolue, est cependant trèsfréquent à Contrexéville, et ne saurait être trop porté à la connaissance de nos confrères qui luttent si longtemps et quelquefois si vainement contre les inflammations chroniques de la vessie.

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