‹ Des eaux minérales de ContrexévilleChapitre 25 sur 38 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

Catarrhe vésical ayant résisté à de nombreux traitements.— Effets remarquables de deux saisons à Contrexéville.

M. X’“, avocat, âgé de trente ans, est tuberculeux, son père a d’ailleurs succombé à la même affection. Il est, en outre, atteint d’un catarrhe vésical et nous donne, tant sur cette affection que sur ses antécédents, les renseignements circonstanciés que nous allons retracer :

M. X*’* fut pris en 1864 d’une crise du côté des voies urinaires avec douleurs dans la miction, urines chargées, etc., qu’il ne peut rattacher à aucune cause vraisemblable et qui céda à l’emploi de l’eau de bourgeons de sapin en boisson. Peu après, s’é tant refroidi à la chasse, il vit survenir un accès de fièvre et uno

recrudescence do la maladie, avec des douleurs plus vives, des urines charriant du sang et du pus. Il obtint une légère amélioration de l’application de douze sangsues au périnée et se rendit, pour améliorer sa santé, pendant l’hiver de 1865, à Amélieles-Bains.

Il fit usage de bains et d’eau de la source des Dames en boisson, et obtint une notable amélioration dans son état général, mais il était pris fréquemment, et surtout chaque fois qu’il sortait du bain, de crises très-douloureuses de ténesme vésical. Il fit dans l’automne de cette môme année 1865 une saison à la Preste, sans obtenir aucun effet appréciable. Au mois d’avril 1866, il se rendit de nouveau à Amélie et, soit qu’il se fût refroidi, soit que cette seconde saison ne lui convînt pas, il vit l’état de sa vessie s’aggraver. Il employa des injections d’eau de goudron et de café et se sentit momentanément soulagé. — En octobre 1 866, à la suite de chagrins violents et d’émotions fort pénibles, il vit son état empirer de telle façon qu’il dut passer une grande partie de l’hiver au lit. On employa, entre autres moyens, le bromure de potassium, des frictions avec le chloroforme, la jusquiame, la ciguë, des applications d’essence de menthe, do térébenthine, d’éther acétique, etc.; enfin le malade passa en revue tous les moyens usités, on lui fil également, après chloroformisation préalable, des injections d eau chlorurée au moyen de la sonde à double courant, mais il ne put les supporter et ressentait, du périnée jusqu’au gland, des élancements intolérables. Enfin il se vit dans une position désespérée.

C’est dans ces conditions qu’en août 1867 M. X*** arriva à grand’peine à Contrexéville. Il urinait alors cent cinquante fois par jour environ. Il vit néanmoins sous l’influence d’un traitement méthodique son état s’améliorer, mais lors de son départ il était presque revenu au point primitif. Il se rendit à Paris, consulta le docteur Ségalas, qui l’explora avec le plus grand soin, ne trouva aucun corps étranger dans la vessie, lui fit deux injections au nitrate d’argent ot prescrivit de nouveau au malado l’usage de bains, do graine do lin ot de térébenthine. L’hiver

se passa sans grande amélioration, et en juillet 1808 M. X revint à Contrexéville, où il fit une saison de quinze jours. Il but beau à très-faible dose et prit quelques bains de siège seulement. Comme la première année, il y eut une légère amélioration. Mais un mois après son retour dans ses foyers, il vit survenir une amélioration qui surprit tout le monde ; il urinait alors normalement, à ce point que, si à la suite d’un nouveau refroidissement pris au printemps M. X*“ n’eût pas eu une légère rechute, nous ne l’aurions plus revu à Contrexéville, où il vint en 1869 confirmer sa guérison.

Nous croyons devoir rapprocher ce malade de ceux Ircsnombreux qui voient, sous forme d’une crise survenant le plus souvent entre le quinzième et le soixantième jour qui suivent la saison, se manifester les effets consécutifs de leur cure hydro-minérale. Cette crise, dont nous avons parlé, est ordinairement plus nettement accusée que chez .M. X***; nous citons d’ailleurs plus loin quelques exemples qui peuvent servir de types. Cette crise est toujours suivie d’une amélioration très-notable et souvent d’une guérison radicale. Mlle ne se déclare pas toujours, nous le verrons, après une première saison, et cette observation en est un exemple.

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