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ment chaudes et froides ( douches écossaises ); elles sont générales ou locales, avec ou sans introduction [douches vaginales, rectales).
Les douches permettent très-peu l’absorption, quoiqu’elles laissent à la surface de la peau des principes minéraux susceptibles d’être absorbés ultérieurement.
La douche froide est d’abord sédative. Cette sédation est assez intense si l’eau, comme à Contrexéville, est à une basse température, pour qu’il y ait danger à en prolonger la durée, et nous avons vu, l’an dernier, une commotion cérébrale survenir chez un malade imprudent. La sédation est d’ailleurs bientôt suivie d’une réaction salutaire qui apparaît d’autant plus lentement que l’eau est plus froide. Aussi est-il le plus souvent indispensable de la faciliter par un exercice musculaire approprié. Cette réaction détermine un effet tonique et stimulant sur tout l’ensemble de l’organisme, dont il régularise les fonctions. Quoique cet effet de la douche générale soit très-précieux, c’est surtout la douche locale, qui la précède ordinairement, qui est appelée à nous rendre des services : tantôt dirigée en jet vigoureux sur le rein, le choc de la colonne liquide va, par l’ébranlement qu’il communique, déterminer l’expulsion des graviers; tantôt dirigée en pluie sur le périnée ou le bas-ventre, elle réveille la contractilité vésicale déjà stimulée intérieurement par le liquide ingéré, ou facilite la résolution des engorgements de la prostate. Elle donne encore les meilleurs résultats dans les cas de pertes séminales.
La douche chaude a des effets différents suivant sa température : de 25 à 30 degrés, elle remplace la douche froide chez les graveleux qui ne pourraient supporter la température basse de l’eau minérale, et agit exclusivement mécaniquement. Souvent aussi cette température peut être abaissée graduellement pendant la douche et amener sensiblement le même résultat qu’une douche entièrement froide.
Au-dessus de 50 degrés, elle sert à faire disparaître les roideurs articulaires qui se rencontrent chez certains malades et à combattre avec succès certaines douleurs rhumatismales.
La douche écossaise, qui consiste dans l’usage alternatif de l’eau chaude et de l’eau froide, est rarement employée dans notre station. Nous n’avons pas besoin en effet, dans la majorité des cas, de ces réactions brusques et fréquentes qui sont transmises par la peau au système nerveux ou sanguin. Mais elle peut être appelée quelquefois à nous rendre des services dans les cas où la réaction se fait mal et où cependant l'usage des douches est indiqué. Avec la douche écossaise, on peut obtenir une réaction aussi énergique qu’on le désire et éviter l’écueil de l’hydrothérapie dans certains cas, assez raresàContrexéville, où le traitement externe n’est pas tellement indispensable qu’il ne puisse alors être laissé de côté.
Quant à la douche ascendante avec ou sans introduction, nous l’employons avec succès dans certaines affections de la vessie ou de l’utérus, dans les cas de constipation opiniâtre qui exceptionnellement ne
cèdent pas au traitement hydro-minéral. Elle est encore utilisée pour ramener, s’il y a lieu, le flux hémorrhoidal.
Il en est de même de la douche vaginale, destinée à agir soit sur le col utérin, soit sur les parois du vagin. Cette douche, qui est d’une application assez rare à Contrexéville, demande à n’être utilisée qu’avec une extrême prudence, quoiqu’elle soit appelée de temps en temps à nous rendre de réels services.
Les injections d’eau minérale dans la vessie, soit avec la sonde ordinaire, soit avec la sonde h double courant, peuvent, dans certains cas d’altération de la muqueuse, donner d’excellents résultats. Néanmoins ce moyen ne doit être mis en usage qu’avec une grande circonspection. Il est indispensable de connaître la susceptibilité de la vessie malade avant de le mettre en œuvre, et faute de cette précaution, on pourra- s’exposer à des accidents qui avaient jeté, pendant un temps, un injuste discrédit sur un moyen aussi rationnel que celui dont nous nous occupons.
Enfin les lotions d’eau de Contrexéville ont surtout été employées dans certaines affections chroniques de l’œil. Peu étudiée sous ce rapport parles médecins qui y ont exercé, c’est surtout à une tradition locale, qui remonte à plus de cent cinquante ans, que la source doit d’être visitée par tous les habitants de la contrée atteints de maux dyeux. Nous n avons, pour notre part, eu qu’une occasion de vérifier les propriétés que lui attribue la légende, et on verra plus loin (p. 79) que cette expérience a été couronnée de succès.
Effets physiologiques «les eaux.
Les eaux de ContrexéviUe possèdent la propriété de stimuler toutes les sécrétions, mais surtout la sécrétion urinaire, ainsi que nous allons l’étudier.
Du côté de lazaret/ digestif on observe tout d’abord cette stimulation sur l’estomac, qui en tolère, nous l’avons dit, des doses relativement considérables. On voit dès les premiers jours l’appétit se développer de telle façon chez les buveurs, qu'il est urgent de le maîtriser. Ceux d’entre eux qui présentent ces troubles dyspeptiques auxquels quelques auteurs ont voulu rattacher l’origine de la diathèse urique voient les fonctions de ce viscère se régulariser. Quoique nous ayons recherché avec soin l’existence de ce symptôme chez les nombreux goutteux ou graveleux que nous avons dirigés dans leur cure hydro -minérale, il ne nous a pas été donné de l’observer fréquemment, môme comme antécédent. On verra néanmoins par l’observation IV quels résultats on peut attendre en pareil cas de la source du Pavillon.
On voit également rarement dès le premier jour, ordinairement vers le quatrième ou cinquième, suivant la dose ingérée, un effet purgatif consistant en trois ou quatre selles liquides. Cette purgation, qui persiste pendant toute la durée de la cure, est trèsbien supportée par les malades, qui la subissent d’ailleurs chaque matin à la source et n’en sont plus incommodés dans la journée. Nous n’avons jamais eu à constater aucun accidentqu’elle aitdéterminé.Il estdes
malades qui exceptionnellement ne ressentent point cet effet et chez lesquels l’usage de l’eau détermine au contraire de la constipation. Il est facile alors, soit en changeant la source, soit en ajoutant une faible dose de magnésie au premier verre, soit enfin au moyen de douches ascendantes, delà vaincre si elle persiste, ce qui est rare.
Du côté de Yappareil circulatoire, on observe également une stimulation qui, chez quelques buveurs, occasionne dans les premiers jours seulement une sorte d’ivresse, qui d’ailleurs disparaît avec le premier repas. Quelquefois il est utile d’exposer un instant à l’airle verre d’eau avant de le boire, afin de permettre à l’acide carbonique de s’évaporer.
La sécrétion cutanée est aussi quelquefois stimulée par l’usage de l’eau de Contrexéville, et la transpiration quelle occasionne peut, dans certains cas, être très-favorable. Néanmoins ce phénomène n’est pas assez constant pour que nous puissions en tirer des déductions.
Les opinions sont très-divisées et les observations assez contradictoires en ce qui touche l’action de l’eau sur l 'appareil génital. Certains buveurs accusent une excitation, alors que d’autres signalent un effet contraire. Mais, chez ces derniers, cet effet ne dure pas, et ils constatent après la cure une réaction plus ou moins intense. Ce fait, assez difficile à constater, n’est du reste qu’accessoire; aussi ne nous y appesantirons-nous pas.
Mais c’est sur Yappareil urinaire que s’observent les
principaux effets physiologiques déterminés par l’eau de Contrexéville. Elle traverse avec une grande rapidité, mais non sans modifier chaque partie de la muqueuse avec laquelle elle se trouve en contact. Elle débarrasse celle-ci des mucosités qui peuvent la recouvrir, élimine ou tend à entraîner les corps étrangers qu’elle rencontre sur son passage, de telle sorte qu’à la fin de la séance du matin à la buvette, elle est rendue presque pure par les malades. C’est en général dès le deuxième ou troisième verre que se fait sentir son effet diurétique, et chaque verre amène une ou deux mictions. Si, comme c’est l'usage, la séance de boisson s’est prolongée jusque vers huit heures et demie, cet effet cesse entre neuf et dix heures dans la grande majorité des cas. Nous l’avons vu exceptionnellement chez quelques buveurs se manifester après onze heures et durer deux heures encore. La miction est en général facile et abondante; mais il nous est donné de voir à Contrexéville tant de cas où elle est plus ou moins troublée par des affections qui y amènent les malades, que chez ceux-ci cette facilité n’est que relative. Elle est néanmoins constamment plus grande qu’avant l’usage de l’eau en boisson, ce qui peut facilement s’expliquer tant par le changement survenu dans le liquide expulsé que par la tonicité quelle exprime aux organes expulseurs. Quant aux corps étrangers que renferment les voies urinaires, si leur volume en permet la sortie, il est rare qu’ils résistent à cette action et l’on peut en avoir journellement la preuve autour de la source du Pavillon.
Lorsqu au contraire un calcul volumineux ignoré jusque-là se trouve dans la vessie d’un buveur, l’eau, en le débarrassant de cet enduit muqueux qui le recouvre plus ou moins complètement, démasque nettement sa présence par l’irritation que déterminent au col de la vessie les efforts d’expulsion. C’est donc un critérium de la pierre dans les cas douteux. Il est évident alors que l’opération est nécessaire et que leau minérale ne peut plus servir que lorsque celleci aura été pratiquée à l'aire évacuer les fragments qui auraient échappé à l’opérateur et à prévenir la récidive.
Effets consécutifs.
Il est une erreur accréditée parmi les malades qui viennent pour la première fois demander leur guérison ou un soulagement à une station thermale, qu’il importe de détruire. Cette erreur, qui consiste à croire que l’effet des eaux doit être immédiat, les fait désespérer de leur cure s’ils ne constatent pas un changement radical à la fin de la saison qu’ils viennent de faire. Notre honorable prédécesseur, M. le docteur Caillat, a fort bien étudié et décrit ces effets dans un mémoire couronné récemment par l’Académie de médecine, à laquelle il avait été présenté en juin 18G8. Ce mémoire est appuyé sur de nombreuses observations dont nous rapportons plus loin quelques types (voir p. 80 et suiv.).
Ces effets consécutifs sont, nous dit notre confrère, déterminés par un effort spontané de l’organisme
sous l’ influence du traitement hydro-minéral et caractérisés dans le plus grand nombre de cas par une excitation du côté des reins et de la vessie avec émission abondante de produits pathologiques.
L’apparition en sera d’autant plus certaine, en général du moins, que le traitement aura été plus énergique. Elle survient du cinquième au soixantième jour qui suit la cure, le plus souvent entre le quinzième et vingtième. Ordinairement la durée de la crise est d’un à trois jours; néanmoins on l’a vu se prolonger bien davantage.
Les effets consécutifs ne sont pas limités à l’appareil urinaire. Ils peuvent aussi porter sur la fin du gros intestin, sur le foie et le rein (voir obs. XXIV) ; enfin ils peuvent se manifester du côté de la peau sous forme de sueurs profuses, en raison de certaines dispositions soit naturelles, soit engendrées par le traitement. Mais, en somme, l’appareil urinaire est le siège de prédilection presque toujours unique des effets consécutifs produits par la médication suivie à Contrexéville.
Cette crise salutaire doit être respectée. Une médication active serait alors inopportune. Quelques moyens simples suffisent s'il y a surexcitation de la vessie, tels que les boissons délayantes, par exemple. Notons enfin qu’une amélioration constante, souvent une guérison complète, ont été observées après l’apparition de ces effets consécutifs, qui est, on le voit, du plus heureux augure.
Nous devons enfin nous occuper des accidents que
peuvent déterminer les eaux de Contrexéville. La tâche de rechercher s’il en existe qui soient le résultat de l’action propre des eaux est, pour des raisons que nous allons dire, des plus difficiles. Cependant, tant dans l'intérêt du progrès de la science que dans celui des malades eux-mêmes, il serait à désirer que ce travail pût être fait. « Ce qui le rend presque impossible, c’est la funeste tendance qu’ont les personnes qui reviennent à Contrexéville à guider d’autres malades dans leur cure hydro-minérale. Une pareille habitude est non-seulement préjudiciable aux intérêts de la science, car elle rend difficile la connaissance de l’action primitive des eaux et impossible la constatation des résultats définitifs les plus importants à noter, mais surtout elle est condamnable en ce qu’elle amène des accidents souvent très-graves, qui chaque année nous appellent au chevet des imprudents. « Ces accidents ont du reste également fourni au docteur Caillat, auquel nous empruntons les lignes qui précèdent, le sujet d’un mémoire, présenté en 1866 à l’Académie, sur les Accidents occasionnés par l’usage inconsidéré des eaux de Contrexéville. Dans ce travail , notre honorable confrère rapporte vingt-huit observations, dont voici le résumé : treize cas d’accidents du côté des voies urinaires, dont sept avec rétention complète d’urine; quatre faits de suppression brusque des règles avec accidents divers; neuf de troubles plus ou moins graves du côté des voies digestives; et enfin deux cas d’asthme exaspéré par le même usage im-
modéré de l’eau. Nous relatons quelques-uns de ces faits à la fin de cette brochure.
Hygiène des malades.
Quoique les règles d’hygiène varient avec l’affection qui a amené le malade à Contrexéville, il est plusieurs recommandations qu’il est urgent de faire à ceux qui s’y rendent : la première est de se munir de vêtements chauds, quelle que soit l’époque de l’année pendant laquelle ils visitent cette station. Les variations assez brusques de température y sont fréquentes, et les soirées souvent fraîches peuvent occasionner chez les malades atteints d'affections delà vessie des rechutes qui retardent ou compromettent leur guérison. Une autre précaution est de se mettre en garde contre l’appétit exagéré que détermine la séance du matin à la source, et qui, surtout chez les graveleux et les goutteux, peut amener des troubles du côté de l’estomac. Nous n’entreprendrons pas ici de formuler une hygiène alimentaire détaillée. Elle diffère nonseulement suivant la maladie, mais encore suivant le malade. C’est donc individuellement seulement que nous pourrons proscrire tel ou tel aliment, telle ou telle boisson. La cure hydro-minérale par elle-même n en contre-indique aucun. S’il est une seule recommandation qui puisse s’appliquer à la presque totalité des malades, c’est celle de ne pas se borner à l’exercice du malin, mais de faire dans l’après-midi des promenades plus ou moins prolongées, suivant leur affection, leur âge ou leur tempérament.
Enfin on nous demande souvent à quelle époque il est préférable de se rendre àContrexéville. Quoique le mois d’août et le commencement de septembre y soient généralement fort beaux, c’est surtout pendant le mois de juin que nous engagerons les malades à y séjourner; ils y trouveront alors des ressources que rencombrement qui survient du 1er juillet au 15 août ne leur permettrait pas d’espérer.