DES RAUX I)K PUITS
traîner le tout vers le fleuve. Dans les temps ordinaires, il y a plus ou moins de stagnation; et alors, do même qu'à Berlin, les matières qui séjournent dans les égouts s infiltrent à travers la terre et viennent se mêler aux eaux de puits, en suivant la même route que les autres eaux infiltrées.
Cette contamination des eaux de puits par les eaux d'infiltration des égouts ou des dépôts d'immondices a été plus d'une fois funeste à la population de Vienne. On pourrait citer en preuve deux faits récents (1841), très-remarquables.
Le premier est relatif à une maladie qui attaqua tout à coup et simultanément un grand nombre d'élèves de l'Académie Thérésienne, dont plusieurs succombèrent. Parmi les versions qui circulèrent sur les causes de cette invasion en quelque sorte épidémique, la majorité adopta la suivante. On pensa que les eaux de puits, momentanément souillées par des infiltrations d'égout, avaient occasionné tout ce mal.
Le second fait s'est passé dans l'un des faubourgs de cette capitale. On creusait un égout principal et l'on avait bouché tous les affluents; il survint de grandes pluies qui gonflèrent ces derniers, délayèrent les matières qu'ils contenaient et en facilitèrent l'infiltration. Tous les puits furent infectés, et une épidémie de fièvre typhoïde (typhus abdominal is des nosologistes de Vienne) emporta en quinze jours plus de mille individus.
Dans presque toutes les fermes de la France, le puits fait la base de l'alimentation, et voici ses conditions.
Il y a deux modes de construction de la ferme, se distinguant l'un de l'autre d'une manière très-tranchée.
Dans l'un, les bâtiments sont ramassés en une vaste cour, dont ordinairement ils occupent les trois côtes : cette disposition est la plus générale.
Dans l'autre, l'habitation, l'écurie, l'étable, la vacherie, la basse-cour, etc., sont dispersés sans ordre et séparés par de grands espaces sur un terrain qui occupe quelquefois jusqu'à six hectares. Cette disposition au hasard est surtout en usage en Normandie, dans presque tout l'ancien Bocage. La ferme, ou plutôt le vaste espace qu'elle enserre, porte le nom de plant, parce que l'on y plante de nombreux pommiers pour avoir du cidre.
Dans tous les cas, quelle que soit la ferme, il faut l'eau sous la main. Quand on n'a ni source ni rivière à proximité, on creuse un puits ; le puits faisant défaut c n a recours à l'eau du ciel avec des moyens d'une imperfection manifeste.
Or, neuf fois sur dix, c'est le puits qui fait la base de l'alimentation. Ainsi que je l'ai dit ci-dessus, j'ai vu prévaloir cet usage des puits, même dans de grandes villes baignées ou traversées par des cours d'eau inépuisables. Presque toute l'Allemagne en est là. Je l'ai