‹ Des eaux publiques et de leur application aux besoins des grandes villes, des communes et des habitations rurales principes fondamentaux concernant la recherche et l'amenagement de l'eau dans tous les paysChapitre 11 sur 54 · DES EAUX DE PUITS · texte numérisé non relu

DES EAUX DE PUITS

constaté à Berlin sur la Sprée, à Vienne et à Pesth sur le Danube. Les qualités chimiques de l'eau des puits dans ces capitales sont loin d'être une recommandation ; elles se trahissent au goût ; mais la population y est habituée. Les conséquences funestes de son usage sont éloignées; à ce titre elles ne sauraient attirer l'attention du vulgaire.

Le puits est donc un élément essentiel de l'habitation. Eh bien! quand on examine la chose de près, on est obligé de reconnaître qu'un bon puits, un puits donnant une bonne eau, potable, salubre, est presque partout une exception.

Le puits n'est jamais qu'un réservoir, un point déclive creusé au milieu d'un terrain souillé, où les lois de la pesanteur amènent les liquidei de toute sorte qui se répandent sur le sol, et, en le traversant, entraînent toutes les substances solubles.

Dans les plants du Bocage, le sol, foulé constamment par les animaux domestiques, est imprégné de leurs déjections qui, s'infiltrant avec l'eau du ciel, viennent se mêler à elle dans le point déclive que le puits leur fournit.

Dans les autres fermes, on réunit les engrais en tas, avec l'accessoire indispensable d'une mare putride : le puits, qui n'est jamais loin, en est malignement influencé.

Ici le point de vue hygiénique est facile à apprécier : il ne peut être indifférent, en effet, pour la santé des

habitants do la ferme, de boire une eau imprégnée d'ordures.

Quant au point de vue physiologique, il consiste en ceci : que l'eau boueuse et infecte est réputée plus favorable que toute autre à l'engraissement des animaux. C'est là un préjugé sans doute qui doit céder devant l'expérience, confirmée surtout par les succès de nos grands éducateurs. Mais ce préjugé existe ; il est fortement enraciné dans l'esprit du paysan, et il appartient à la physiologie de le détruire.

Il y a des localités où la population elle-même ne boit que de l'eau de mare. Au premier abord la santé publique n'en semble pas altérée : tout le monde se porte bien durant une partie de l'année. Mais, quand vient l'automne, les fièvres intermittentes décèlent les mauvaises influences de la boisson insalubre. Tel serait le cas de beaucoup d'endroits en France, tel serait spécialement le cas des environs de Charras , dans la Charente, localité dont le climat, excellent sous tous les autres rapports, n'aurait de défaut que cette privation absolue d'une bonne eau.

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