‹ Des eaux publiques et de leur application aux besoins des grandes villes, des communes et des habitations rurales principes fondamentaux concernant la recherche et l'amenagement de l'eau dans tous les paysChapitre 18 sur 54 · ARTICLE III · texte numérisé non relu

ARTICLE III

De l'eau appliquée à l'entretien de la propreté du corpf.

Les anciens ne connaissaient pas ce que nous appelons le linge de corps ; ils ne portaient pas de chemise, et les plus belles dames de la Grèce et de Rome n'avaient aucun vêtement intermédiaire entre leur robe et la peau. Nos matelots, avec leurs chemises bleues, sont mieux partagés qu'Alcibiade et Périclès. Epaminondas, dont la garderobe n'était pas trop bien fournie, quand il envoyait son manteau aux foulons, restait au logis, attendant qu'il fût dégraissé. Les lits aussi, chez les anciens, étaient sans linge. On couchait à nu sur des matelas qui s'imprégnaient à la longue des diverses malpropretés du corps. Telle est la cause qui les faisait courir aux bains avec tant d'avidité. Ils en faisaient un usage quotidien, les prenant le soir, avant leur repas principal, qui était la cène, ccena; non pas tant pour se délasser des fatigues de la journée, que pour débarrasser le corps des impuretés qui s'y amassent continuellement.

Nous avons sur les anciens l'avantage du linge de chanvre et de coton qu'ils ne connaissaient pas ou qu'ils ne savaient pas employer; mais parce qu'il nous est facile de changer de linge, cela ne nous doit

pas dispenser de l'usage des lotions et des bains.

Pour bien comprendre l'importance des pratiques de propreté, il faut se rendre compte d'une chose. La surface de la peau est le siège d'une exhalation trèsabondante que les physiologistes ont appelée perspiration cutanée. Son but, dans l'économie, est de dépurer le sang, de concourir ainsi à la décomposition, et de servir en même temps à l'entretien de la température du corps. C'est un halilus, un fluide vaporeux très-visible dans certains cas, comme lorsqu'on applique une partie de la peau à la surface d'une glace ou de tout autre corps bien poli ; quelquefois même, en hiver principalement, on la voit se dégager comme une fumée.

La perspiration cutanée forme donc autour du corps une sorte d'atmosphère particulière que l'air dissout et que les vêtements absorbent. Elle est produite par les nombreux vaisseaux exhalants qui entrent dans la composition de la peau et qui, aboutissant à sa surface externe immédiatement au dessous du derme, la rejettent d'une manière continue, par un mécanisme commun à toutes les exhalations.

On a fait beaucoup de recherches dans le but d'évaluer la quantité de perspiration cutanée. Sanctorius, à Venise, s'établit pendant trente ans dans une balance, pesant avec exactitude, d'un côté, toute la nourriture qu'il prenait, et de l'autre, le produit de ses excrétions sensibles. Lorsque son corps était revenu à un poids

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