CHAPITRE PREMIER
DES DIFFÉRENTES ESPECES D'EAU, DE LEUR ORIGINE COMMUNE ET DE LEURS QUALITÉS RESPECTIVES
Trois sortes d'eau. — Quantités comparées de l'eau d'une rivière et de la pluie qui tombe dans son bassin. — Superficie des rues et des toits de Venise : quantité de pluie a y recueillir. — $ I. Des eaux de pluie. Formation de la pluie. — Comment elle se sature d'air en tombant. — S N. Des eaux de source. Théorie des sources. — Comment l'eau s'altère dans le sol et comment elle est privée d'air atmosphérique. — $ III. Des eaux de puits. Les puits recueillent les eaux d'infiltration : condition inévitable d'insalubrité. — Exemples d'invasions épidémiques causées par les eaux de puits. Deux dispositions des fermes en France. — Préjugé relatif aux mares. — $ IV. Des eaux courantes. Les eaux de rivière sont la moyenne des eaux de source de son bassin ; sont modifiées par les pluies. — Influence des égoûts des villes sur les eaux de rivières. — Résultat singulier des analyses de l'eau de Seine avant, pendant et après la traversée de Paris,
Trois sortes d'eau existent dans la nature» elles ont une origine commune, la pluie : ce sont les eaux dc s source, les eaux de puits et les eaux courantes ou de rivière. Dans presque toutes les localités, ces trois sortes d'eau se trouvent à la portée de la main de l'homme.
11 est curieux de connaître les rapports qui existent entre la quantité d'eau qui coule durant une année, dans une rivière, et la quantité de pluie qui tombe, pendant le même espace de temps, dans le bassin que cette rivière parcourt. Ce calcul a été fait pour le bassin de la Seine et pour la Seine depuis son origine jusqu'à Paris. On le doit à M. Dausse, ingénieur des ponts et chaussées, et nous en empruntons les détails à M. Arago, qui les a consignés dans une de ses notices scientifiques.
« Le bassin de la Seine a 4,327,000 hectares de superficie. L'eau qui tombe dans ce bassin, si elle ne s'évaporait pas, si elle ne pénétrait pas dans le sol, si le terrain était partout horizontal, y formerait, au bout de l'année, une couche liquide de 53 centimètres de hauteur. Il est facile de voir qu'une pareille couche se composerait, en volume, de 22,933 millions de mètres cubes d'eau. Or, au pont de la Révolution, le débit moyen do la Seine est :
De 255 mètres cubes par seconde, Ou de 22 millions de mètres cubes par jour, Ou de 8,042 millions de mètres cubes par an.
Ce dernier nombre est à 22,933 millions de mètres cubes, pluie annuelle du bassin de la rivière, comme 100 à 285, ou presque comme 1 à 3. Ainsi le volume d'eau qui passe annuellement sous les ponts de Paris n'est guère que le tiers de celui qui tombe en pluie dans le bassin de la Seine. Deux tiers de cette pluie,