DES EAUX DE PUITS
Ces réservoirs artificiels recueillent les nappes d'eau souterraines qui se rencontrent quelquefois au lieu même où on les creuse, circonstance qui dépend beaucoup de la nature géologique du terrain; et par cette raison, leurs eaux sont déjà dans cette condition négative que nous avons signalée dans les eaux de source. De plus ils recueillent aussi toutes les eaux d'infiltration qui se répandent à la surface de la terre dans un rayon déterminé. Or, ces eaux sont inévitablement insalubres et de la plus mauvaise qualité; car les infiltrations locales qui les produisent sont alimentées par les liquides de toute sorte que l'on rejette incessamment autour des habitations.
Pour les eaux de puits, voilà donc déjà deux circonstances défavorables à leur emploi, dont l'une,
purement négative, consiste dans la privation d'une portion quelconque d'air ; dont l'autre, au contraire, très-positive, les met dans une condition d'insalubrité manifeste.
Mais il est une troisième circonstance dont la gravité a souvent fixé l'attention d'un très -habile physicien de Vienne, M. le conseiller de régence et professeur Baumgartner. Des deux principes constituants de l'air atmosphérique, l'oxygène, qui s'y trouve dans la proportion d'un tiers, est précisément celui pour lequel l'eau a le plus d'affinité, c'est le gaz qu'elle dissout de préférence et en plus grande quantité. Or, qu'arrive-t-il dans un puits couvert et dont on tire l'eau avec une pompe à soupape dormante , comme sont presque tous les puits de l'Allemagne? Il arrive deux choses : d'abord l'eau se renouvelle au fur et à mesure qu'on la puise, et l'air qui lui est superposé ne se renouvelle pas ; ensuite l'affinité de cette eau, ainsi renouvelée, pour l'oxygène de*l'air, s'accroît sans cesse, par cela même qu'il y a plus d'obstacles à ce qu'elle soit satisfaite, et l'air du puits se dépouille de plus en plus de son oxygène, sans qu'aucune circonstance, ni extérieure, ni intérieure, vienne lui restituer ce qu'il en a perdu. D'un côté donc, puissance et nécessité d'absorption toujours croissantes, et de l'autre, diminution toujours plus rapide de l'élément à absorber.
Ces deux circonstances d'absorption d'oxigèr.e et