DES DOUCHES
La douche est la projection d'une colonne d'eau sur quelque partie du corps.
Elle est d'un usage très-général dans notre établissement. Elle complète la médication des eaux. Les boissons et les bains agissent sur l'ensemble de l'économie , et modifient les maladies d'une manière détournée. Les douches agissent directement comme résolutives, excitantes, ou dérivativesj — c'est un agent de stimulation locale.
Son action dépend de trois circonstances principales : la composition minérale de l'eau , son degré de chaleur , et la nature du choc imprimé au corps.
De ces trois circonstances , la première exerce assez peu d'influence ; i'eau n'est mise en contact qu'avec une partie restreinte, pendant trop peu de temps, et dans de mauvaises conditions d'absorption. Restent le calorique et la percussion dont on peut varier les effets suivant plusieurs procédés.
Ainsi , le degré de chaleur de l'eau, la hauteur de la chute, la charge donnée au réservoir, le diamètre et la disposition de l'orifice d'écoulement, sa direction, la durée de la douche, l'époque de son administration , le mode d'application , — : toutes ces conditions sont susceptibles d'être modifiées , combinées de bien des manières. Chacune d'elles constitue un moyen
à part, qui a son mode d'action , et s'adapte à des indications spéciales.
Nous allons successivement les passer en reyne.. signaler les particularités qui s'y rattachent, et faire couDailre le mécanisme des différentes douches.
Dans un récipient conique , viennent aboutir deux tuyaux . Van d'eau chaude,, l'autre d'eau refroidie. Ils sont munis chacun d'an robinet servant à régler leur quantité réciproque . suivant les indications d"'un thermomètre nageant dans le mélange. Au fond du récipient s'ouvre un tuyau qui se dirige perpendiculairement au milieu de la voûte d'un cabinet, où se trouve le malade assis sur un tabouret . à demi-couché dans un réservoir d'eau chaude , ou sur un lit de sangles. A l'orifice inférieur du tuyau s'adaptent divers ajutages percés d'un ou plusieurs trous de dimensions variées. — Telle est la douche primitive , c'est la plus écononiiqae, c'est aussi la plus usitée.
Au Bain de la promenade, il y en a trois disposées de cette manière et qu'une seule personne dirige facilement. Au n° 1 , le fond du récipient est à 2^80 du sol ; l'orifice d'écoulement a 7 millimètres. — Au n° 2, la distance est de ô™40, l'ouverture de 9 millimètres. — Au n- ô, la distance est de ô^'oO, l'ou- Terture de i l millimètres. On possède ainsi trois douches d'une force graduée. L'inconvénient de ce procédé, c'est que le malade est obligé de se doucher lui-même, c'est-à-dire de varier ses positions , et d'être toujours en mouvement , afin de faire parcourir à la douche toutes les parties souffrantes. Il le fait souvent maladroitement . il se fatigue . ses membres sont dans un état de tension défavorable. .le réserve donc ces douches pour les pereonnes qui en ont l'expérience , et qui d'ailleurs sont fortes, libres de leurs mouvemens , et n'ont qu'une partie peu étendue , ou facile à doucher.
Dans les circonstances opposées, on a recours à la douche Tivoli. Le patient est couché sur un lit de sangles, et un servant dirige le tuyau mobile sur tous les points qu'on lui désigne. Au lieu de tomber par son propre poids , l'eau peut être lancée par une pompe foulante à jet continu ; elle acquiert ainsi une impulsion plus énergique, et les petits filets qui s'échappent d'un orifice en arrosoir , loin de se diviser en gouttes , se maintiennent en minces filets, et Tiennent agir sur la peau comme un faisceau d'épingles.