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F.) DES MALADIES DE MATRICE

On observe quelquefois des maladies de matrice chez des filles 5 mais elles sont rares, et dépendent alors de causes accidentelles, ou de vices organiques. C'est le plus ordinairement par suite de l'usage des organes générateurs que ces nombreuses altérations inflammatoires , sécrétoires, ulcéreuses viennent à se développer.

Sans doute, quand ces parties sont dans des conditions normales , qu'elles s'ont bien conformées et d'une structure solide,

l'usage et même l'abus n'entraîneront aucun dérangement. Mais, — ce qui a lieu trop souvent, — quand ces organes étaient déjà dans les mauvaises conditions que nous avons signalées précédemment, qu'ils sont faibles, peu développés, d'une texture molle, alors, peu de temps après le mariage, des douleurs sourdes dans le bas-ventre et les reins, des écoulemens, des gastralgies se montrent et s'aggravent peu à peu , diminuent , reparaissent avec plus d'intensité, et s'opposent souvent à la conception. Lorsque cette dernière a lieu, à la suite des couches l'utérus ne se resserre pas complètement, il reste engorgé j les tissus vaginaux relâchés laissent descendre la matrice qui prend diverses positions vicieuses, et reste exposée à des froissemens répétés.

Telle est l'origine de cette longue vie de souffrances et de traitemens, pendant laquelle de malheureuses femmes , à charge à leurs familles et surtout à elles-mêmes, promènent à toutes les eaux et à toutes les consultations leurs matrices ulcérées ou engorgées. Quand le mal a une certaine durée et une certaine intensité, l'économie tombe dans un état cachectique particulier qui a ses caractères, et une physionomie d'après laquelle on reconnaît aisément la maladie au premier aspect. Je lui donne alors le nom àe phthisie utérine; car c'est bien une sorte de phthisie que ce dépérissement général.

La lésion d'un seul organe suffit à entretenir cette consomption lente qui mine la constitution. Toutefois l'organe étant moins important que le poumon , l'émaciation ne devient pas aussi profonde^ il n'y a pas cette fièvre qui épuise rapidement. La maladie n'est point mortelle par elle-même ; aussi, la voit-on se perpétuer de longues années.

Heureusement, cette forme n'est pas la plus fréquente j mais sans arriver à ce dernier degré, beaucoup d'affections utérines s'en rapprochent.

On comprend les difficultés de la thérapeutique. L'économie a besoin d'être fortifiée, et dés qu'on emploie les toniques, l'irritabilité du bas-ventre s'accroît, le sang y afflue, l'engorgement prend plus d'étendue. Si l'on suit la voie opposée, qu'on marche avec les antiphlogistiques, l'état général s'ag^ grave. C'est ici le cas de répéter : calmer sans affaiblir , fortifier sans irriter. Nous avons vu comment nos eaux remplissent cette indication.

Je dois faire observer, cependant, que si la cachexie est trop avancée, ou la matrice trop irritable, les eaux ne peuvent être supportées, et l'on n'en retire pas grand profit.

Dans les cas ordinaires , elles sont fort avantageuses. Conduites avec prudence, elles satisfont à la fois aux deux grandes indications du traitement : améliorer l'état général , relever les forces, favoriser une bonne assimilation nutritive, et d'autre part rafraîchir et calmer l'appareil utérin , lui donner plus de ton. On peut même ajouter une certaine action fondante résultant de la boisson des eaux minérales.

Pour obteoir ces résultats, il faut tenir compte de quelques remarques sur la manière d'administrer les eaux.

En général, les douchessur la région lombaire sont nuisibles. Dans certains cas seulement, on peut les faire donnera une basse température. Elles pourront être utiles sur les membres supérieurs et les épaules. La boisson thermale augmente parfois les écoulemens. Les bains seront le moins chauds possible. Les bains de siège , les compresses mouillées , les lavemens , les injections, ou plutôt les irrigations à l'eau minérale refroidie, sont de rigueur.

Mais tous ces moyens seraient sans valeur , si les ulcérations du col, lorsqu'elles existent, n'étaient pas en même temps cautérisées. Les femmes qui viennent de la ville, n'ont généralement pas besoin de subir cette opération, parce que leur col

utérin a été mis, par un médecin expérimenté, dans un état satisfaisant. Il n'en est pas de même des femmes de la campagne qui méconnaissent le plus souvent la source de leurs maux , et portent des ulcérations anciennes. Je suis dans le cas , tous les ans, de découvrir un certain nombre de ces maladies, et j'ai la satisfaction d'eu renvoyer plusieurs assez bien guéries.

Je ne suis pas cependant un aveugle partisan des doctrines de Lisfranc ; je n'altacbe pas une importance exclusive aux plus légères érosions ou indurations du col , et je ne les poursuis pas avec des cautérisations réitérées. Mais l'expérience m'a convaincu que si ces lésions ne sont pas toute la maladie , si elles sont accessoires , et susceptibles de disparaître spontanément j cependant, à un certain degré, elles sont un des élémens.de la maladie, et s'opposent à sa guérison.

J'ai l'habitude de cautériser un peu vivememt et rarement. |1 m'a p^ru que les cautérisations superficielles et fréquentes développaient les végétations vasculaires.

On a dit bien des choses sur les affections de l'utérus. Peutêtre y en a-t-il encore bien d'autres à dire. Le sujet est trop vaste pour que je m'y engage ici. Les faits nombreux et variés qui me passent sous les yeux, pourraient me conduire, sinon à des idées nouvelles , — prétention que je suis loin d'avoir , — du moins à quelques aperçus originaux.

( G. ) DE l'âge critique.

Il y a longtemps que mon père a constaté les avantages que retiraient des eaux de Bains les femmes tourmentées par les accidens divers qui se montrent à l'âge de retour. Il en faisait une sorte de spécialité pour ces eaux.

On se rend compte des troubles qui surviennent à cette époque par la suspension définitive de la vie utérine. En pleine

santé, voici une fonction importante qui s'arrête , les relations sympathiques qu'elle entretenait cessent tout à coup. L'économie doit en être modifiée. Pendant quelque temps il y régnera un désaccord , un défaut d'harmonie qui affaibliront les forces nutritives. Il en résultera, comme à l'autre extrémité de la carrière menstruelle , un état de viciation humorale qui laissera l'organisme sans défense contre l'action des agens désorganisateurs et contre les formations morbides.

C'est à cette époque qu'on voit apparaître les dépositions squirrheuses, de même que nous avons vu les dépositions tuberculeuses apparaître à l'âge pubère.

N'y a-t-il pas une certaine analogie entre ces deux phases de l'existence de la femme sous le rapport des maladies qui l'assiègent, et de la manière dont elles se produisent?

Tous les organes qui , dans le cours de la vie, ont souffert et conservé quelques traces de lésions sont de nouveau compromis j — les germes de maladie se développent.

Un autre ordre de phénomènes résulte encore de la suppression du flux menstruel. L'économie habituée à des pertes régulières va se trouver surchargée , et il se produira une pléthore, avec tous les symptômes qui l'accompagnent. Des congestions sur différentes parties se montrent avec plus ou moins d'intensité. La plus habituelle, et la plus caractéristique, est un raptus qui porte subitement à la tête une sorte d'ondée sanguine. Le visage se colore fortement , et une chaleur monte au cerveau pendant quelques minutes.

On peut juger si la dénomination de critique appliquée à cet âge est bien fondée.

Toutes les femmes ne sont point tourmentées au même degré. Celles qui sont sous l'influence de quelque diathèse , ou d'un tempérament sanguin trop prononcé j celles qui arrivent à cet âge avec des maladies organiques anciennes , voient gêné-

ralement tous les symptômes s'aggraver et prendre une marche plus rapide.

Les petites saignées et les grands bains sont la base du traitement à opposer à ces accidens.

L'action douce et fondante de nos eaux, prises en bains tempérés et en boissons, équilibre et régularise les mouvemens vitaux , répartit les fluides d'une manière plus uniforme.

En renouvelant chaque année , pendant trois ou quatre ans , une saison de vingt à trente jours , les femmes , qui n'ont pas de lésion organique , éprouvent constamment un soulagemenÊ notable, et traversent heureusement cette période critique,

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