H.) DES CONVALESCENCES PÉNIBLES, BES CONSTITUTIONS DÉTÉRIORÉES
Un certain nombre de baigneurs se rendent aux eaux à la suite de maladies aiguës de divers genres. Tous les symptômes aîarmans ont disparu, l'orage est conjuré, la fièvre est tombée depuis longtemps, le malade est en convalescence ; et cependant, l'appétit, les forces, la santé enfin ne reviennent pas. On a donné des toniques , des analeptiques de toutes sortes , et rien n'avance.
Ce même malade arrivé aux eaux , après quelques jours de bains tempérés , de douches variées , sent ses forces renaître ; l'organisme se dégourdit et se régénère peu-à-peu.
A la suite des fièvres typhoïdes graves, on nous envoie parfois des malheureux échappés à la mort , perclus des membres , au dernier degré de i'émaciation , et c'est vraiment merveille de les voir se ranimer.
On me demandera si le changement d'air et de nourriture, les bains domestiques et les frictions n'amèneraient pas le même résultat. Je répondrai : pas aussi sûrement, ni aussi vite.
Il est des individus qui, sans avoir de maladie bien accusée, arrivent dans un état de marasme et d'épuisement très-grand , à la suite de causes diverses : excès , privations , fatigues , et même d'une manière spontanée , par une sorte d'inertie des forces vitales.
Dans ces cas encore, nos eaux seront très-avantageuses, mais les effets n'en seront pas aussi rapides, ni aussi prononcés que dans les circonstances précédentes.
Bes maladies pour lesquellcis les Eaux de Bain» partagent avec d'antresi nne efflcacité réelle.
Je ne prétends pas que toutes les maladies indiquées dans le paragraphe précédent doivent être l'apanage exclusif de nos eaux ; je crois seulement que, pour établir entre les principaux groupes d'eaux minérales les bases d'une classification vraiment pratique , il était bon de réunir un certain nombre d'affections qui paraissent mieux en rapport avec la nature des eaux de Bains , et qui en éprouvent une action curative plus prononcée qu'avec toute autre.
Ainsi, j'admettrai que les eaux sulfureuses des Pyrénées ont dans les maladies de la peau, dans les catarrhes pulmonaires une efficacité plus grande que les nôtres , — de même pour les eaux de Vichy dans les engorgemens abdominaux , — pour les eaux de Bourbonne, dans les paralysies, contractures, rhumatismes invétérés.
Je ne refuserai pas à ces diverses eaux de pouvoir aussi soulager ou guérir des affections nerveuses et dyscrasiques.
De même à Bains, on peut aussi soulager et guérir des dartres , des engorgemens abdominaux et des rhumatismes.
Ce ne sont point , de part et d'autre, des spécialités absolues. Les différences d'efficacité sont du plus au moins , et les eaux
minérales se rapprochent davantage par leurs effets thérapeutiques que par leurs propriétés physiques et chimiques.
En effet , près des sources de tous pays, et des plus dissemblables par leurs élémens, on s'étonne de trouver toujours à peu près les mêmes maladies , et de voir des eaux salines acidulés ou sulfureuses guérir également les gastralgies et les rhumatismes.
C'est que toutes les eaux thermales ont un fond commun d'action : la thermalité d'abord , et les applications variées qui en sont faites, et puis ce concours de circonstances hygiéniques, spéciales, qu'il faut bien reconnaître, sans vouloir pour cela déprécier les qualités propres des eaux.
C'est en vain que des médecins systématiques voudront attribuer seulement au carbonate de soude Contenu dans les eaux , et à l'alcalinité des humeurs la guérison des gastralgies ; on leur montrera d'une part des gastralgiques saturés sans profit de sel alcalin, à'' extrait de Vichy , et d'autre part ces mêmes gastralgiques guéris à des eaux très-différentes, et dans lesquelles le carbonate de soude ne joue aucun rôle.