‹ Des Eccyhymoses: Sous-Pleurales & Sous-PéricardiquesChapitre 11 sur 64 · MONS · texte numérisé non relu

MONS

chez un fœtus syphilitique. M. Legroux à trouvé des ecchymoses sur la muqueuse de la caisse du tympan et sur celle de l'estomac.

On en a vu sur les reins, le foie (M. Demange), le pancréas (Rieussec), le péritoine, la vessie.

Quant à nous, nous les avons observées sur les poumons, le cœur, à l’origine des gros vaisseaux et sur le péricrâne. Nous n’avons pu pousser nos investigations plus loin, parce que les autopsies avaient été faites pour la plupart avant notre arrivée à l’amphithéâtre. D’un autre côté, nos expériences personnelles n’ont porté que sur des lapins Les seules lésions qu’il nous a été possible d'observer, ce sont les ecchymoses sous-pleurales.

Voyons maintenant quels sont les caractères micrographiques de ces ecchymoses.

Elles ont une épaisseur bien faible, et c’est à peine si elles pénètrent dans le parenchyme pulmonaire à plus d’un millimètre.

La première étude micrographique complète en a été faite sur des poumons dureis à l’alcool ou desséchés après insufflation par M. Legroux, que nous allons laisser parler : « La plèvre apparaît soulevée, détachée, séparée des alvéoles et du tissu péri-alvéolaire de la tranche du parenchyme par un amas de globules rouges pressés les uns contre les autres et formant une sorte de petite lentille à plan convexe, dont la convexité sst tournée vers la plèvre, et la surface plane repose sur la surface même du poumon. Les alvéoles voisines sont remplies d'air, leurs interstices sont normaux, si bien que le microscope démontre péremptoirement qu’il s’agit bien là de vraies hémorrhagies sous-pleurales ayant décollé la plèvre de la surface du poumon, mais n’ayant pas pénétré profondément dans le parenchyme alvéolaire (1). »

Les ecchymoses, dans les affections inflammatoires broncho-

(1) Legroux : Ann. d'Hyg. et de Méd. lég., 1878, 2 série, t. L, p. 178.

or

pulmonaires, ne présentent pas le même aspect, suivant M. Parrot : « Examinées sur des coupes colorées par le picrocarmin, dit-il, elles apparaissent très nettement au milieu des parties voisines, comme des amas allongés d’une matière homogêène jaune serin, très réfringentes, constituées non par des hématies, mais, suivant la remarque de MM. Cornil et Ranvier (Manuel d'Histol. Pathol., 1869, p. 734), par le résidu de leur transformation Celle-ci doit être très prompte, car, quelle que soit létendue de la lésion, jamais on ne peut y distinguer un globule rouge, tandis que les vaisseaux du voisinage en sont pleins. Il semble que l’épanchement se soit fait entre la plèvre et les alvéoles, et que de là le sang ait pénétré d’une part dans la partie la plus voisine du parenchyme, et de l’autre à travers les éléments de la séreuse. La tache ecchymotique a la forme d’un cône tronqué, dont la base repose sur le tissu pulmonaire proprement dit, tandis que le sommet regarde la périphérie, où il est en rapport avec une couche de la séreuse mince et résistante, qui rappelle la lame cornée de l’épiderme (1).» Il ajoute que jamais il n’a pu trouver le siège de l’hémorrhagie, malgré les nombreuses recherches qu’il a faites.

M. Rieussec à fait quelques préparations microscopiques; il a vu, sur des coupes de parenchyme pulmonaire des « globules déformés, polygonaux, et non plus circulaires, entassés les uns sur les autres de manière à soulever réellement la plèvre, en la décollant de la surface du poumon (2). »

Quant à nous, nous avons examiné au microscope toutes les ecchymoses, sauf celles qui ont été constatées sur des cadavres à l’autopsie desquels nous n’avons pas pu assister.

Nous avons fait durcir des fragments de poumon et de cœur humains dans l’alcool. Quant aux fragments de poumons de lapins, ils ontété mis, tes uns d’abord dans l’alcool (nous avons

(1) Parrot : Loco citato, p. 692.

(2) Rieussec, loco cilalo, p. 36.

vu, plus haut, ce qui est arrivé) ; puis les autres dans la liqueur de Müller et l’alcool. Chez l’homme, nous avons trouvé partout des extravasations sanguines dans le tissu cellulaire sous-pleural ou sous-péricardique, des épanchements de globules déformés dans la tunique externe de Paorte, enfin des globules sanguins disséminés sous formes de tache au milieu du tissu graisseux du cœur.

Une fois nous avons eu l’occasion de constater la présence de grains d’hématoïdine, soit disséminés dans le tissu souspéricardique, soit réunis en magmas et très serrés. La forme £lobulaire des hématies n’était plus reconnaissable.

Chez les lapius, nous n’avons pas vu de véritables ecchymo:es sous-pleurales : ce sont nlutôt des ecchymoses produites dans le parenchynre pulmonaire et près de la surface, où pour mieux dire, dans les alvéoles sous-pleurales ; elles font saillie sous la plèvre qu’elles décollent. Celle-ci elle-même, est intacte et d’ailleurs tellement mince, qu’elle ne parait pas avoir de vaisseaux propres et se nourrit par imbibition, à l’aide de vaisseaux puimonaires.

Fait important, nous tenons à prévenir tous ceux qui voudraient reproduire nos expériences sur des lapins, que lPalcool ne conserve pas les globules de ces animaux. Par conséquent, pour durcir les fragments de poumons de ces animaux, il vaut mieux d’abord les mettre dans un liquide coagulant, le brichromate de potasse ou la liqueur de Müller, puis, après seulement, dans l’alcool pour les durcir et pouvoir en faire des coupes.

Voyons maintenant comment se fait cette extravasation. Estce par diapédèse, comme l’admet Frey (1), qui se base, pour affirmer ce fait, sur l’existence des stigmates ou stomates de la tunique interne des vaisseaux ? La plupart des auteurs d’aujourd’hui reconnaissent que les ecchymoses résultent de la

Frey : Tarilé d'Histologie et d'Histochimie, 1877, p. 146.

rapture des capillaires, seulement personne ne parvient à voir le point où se fait la rupture.

Quant au siège des ecchymoses, M. Legroux suppose qu’elles se produisent dans le réseau artériel et veineux dit extra-alvéolaire fourni par l’artère pulmonaire et non pas par les vaisseaux bronchiques. Cependant M. Sappey dit, dans son Analomie, que ces derniers vaisseaux fournissent des ramuscules au tissu sous-pleural et interlobulaire. La question est délicate et difficile à résoudre; aussi n’avons-nous pas cherché à l’élucider à cause du trop peu de temps que nous avions à notre disposition.

Il ressort de tout ce que nous venons de dire sur les caractères des ecchymoses, un fait sur lequel nous ne saurions trop insister : c’est l’utilité de l'emploi du microscope.

Il y a certainement des cas où les ecchymoses sont tellement évidentes, qu’il faudrait être aveugle pour ne pas les voir ; mais, par contre, il y a des cas, et ce sont peut-être les plus nombreux, où elles sont si peu nettes, que l’on devrait avoir recours aufmicroscope pour les examiner plus à fond.

Les ecchymoses, en effet, peuvent être confondues avec les taches d’anthracosis qui sont quelquefois très petites et par conséquent, très difficiles à distinguer à l’œil nu. Le microscope,seul fera voir les parcelles de charbon, l’incision ne donnant pas grand résultat sur des parties infiniment petites.

M. le professeur Poincarré nous à assuré avoir vu quelquefois, sur des poumons de cobaye, des taches de pigment qu'il avait prises au premier abord pour des taches ecchymotiques.

Hoffmann, dans son Traité de Médecine légale, dit qu’il faut se méfier des ecchymoses produites, au moment de l’extraction des organes de la cavité thoracique, par une sorte de décollement.

Enfin, les congestions veineuses sont souvent confondues avec les ecchymoses.

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« L’engorgement partiel des vaisseaux dilatés, dit M. Tourdes (1), formant sur divers points des taches noirâtres, doit être distingué d’une suffusion sanguine. 5 |

Souvent, on ne se donne pas la peine de rechercher si on a affaire à une dilatation veineuse ou à une véritable ecchymose. De là, peut-être aussi, cette disparition subite des ecchymoses sur les fragments plongés dans un liquide. Le sang est dilué et change de teinte.

Une fois, nous avons cru trouver des ecchymoses sur l’un des poumons d’une femme morte à la suite d’hémorrhagie cérébrale. Nous croyions être heureux de pouvoir ajouter un nouveau fait à ceux de MM. Baréty et Laforest ; mais le microscope ne nous à révélé qu’une dilatation veineuse. Nous pourrions citer encore plusieurs autres faits à propos de fœtus mort-nés, de lapins asphyxiés, etc..…., et nous sommes tout à fait du même avis que notre éminent professeur et vénéré maître, quand, après avoir signalé les trois sortes de taches noirâtres qu’il est possible de rencontrer sur les poumons, il ajoute que « parmi elles, Pecchymose ne semble pas

la plus fréquente (2). »

(1) Tourdes : Art. Pendaison du Dictionn. encyclop. des sciences médicales, p. 501.

(2) Tourdes : Zbid.

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