‹ Des Eccyhymoses: Sous-Pleurales & Sous-PéricardiquesChapitre 14 sur 64 · RAS · texte numérisé non relu

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contraction vaso-motrice vient à se produire, elle donne lieu à la rupture des capillaires et surtout de ceux des poumons qui ont un revêtement épithélial excessivement mince (1).

Rheder (2) développe à peu près la même théorie que M. Vicq, dans un travail publié en 1880. Mais ce qui donne à cette étude un caractère original, c’est que l’auteur cherche avant tout à trouver le mode de production des ecchymoses dans le cas d’asphyxie lente ou rapide. Il divise ses expériences, au nombre de 15, en deux groupes.

Dans un premier, il range douze animaux qu’il asphyxie en leur supprimant rapidement l’entrée de l’air dans les voies respiratoires (durée minima: 4 minutes ; durée maxima : 23 minutes) ; dans un deuxième groupe, il met les animaux auxquels il enlève graduellement l’oxygène (durée minima : 30 minutes ; durée maxima : 120 minutes). « Dans le premier groupe, il trouve des ecchymoses dans 5 cas, soit 41 0/0 ; dans 7 cas, pas d’ecchymoses, soit 58 010 ; dans le second groupe, il en trouve 3 fois sur 3 cas, soit 100 Of0 (3). »

De plus, il remarque que les ecchymoses augmentent en raison directe des convulsions. Pour lui, on trouve donc, presque toujours sûrement, des ecchymoses dans le cas d’asphyxie lente.

Mais dans le cas d’asphyxie brusque, violente, comme dans la strangulation, les taches ecchymotiques sont rares. Si toutefois on en trouvait, c’est qu’alors l’augmentation de la pression par suite du rétrécissement vasculaire périphérique dispose à la rupture des capillaires.

Nous avons cru devoir mentionner ces faits parce que, sur les lapins sacrifiés, nous avons constaté les mêmes relations

(1) Quelques auteurs prétendent même que les inspirations profondes favorisent cette rupture en amincissant les parois vasculaires.

(2) Rheder: Vierteljahr. f. gericht. med., t. XXXIT, 1879, page 256. (3) Rheder : Loco citato, p. 252.

Re A

entre les convulsions et les ecchymoses, comme entre celles-ci et la lenteur de l’asphyxie.

Les expériences de Rheder et les nôtres tendraient donc à montrer que les conditions dans lesquelles se produisent les ecchymoses sont éminemment complexes, auxquelles prennent part tous les trois systèmes, nerveux, circulatoire, respiratoire. D’une part, le système nerveux vaso-moteur atteint le premier par une cause irritante quelconque ; pour nous, dans l’asphyxie lente, c’est l’absence d'oxygène ou plutôt l’accumulation d’acide carbonique.

D'autre part : irritation consécutive des vaisseaux, de tout le système musculaire lisse et strié, d’où les convulsions, la dyspnée, les palpitations du cœur, etc., conditions qui augmentent encore la tension vasculaire et contribuent à la rupture des parois des capillaires.

Dans Pasphyxie brusque, l’absence d'ecchymose s’explique par l’altération immédiate et profonde du système nerveux qui, ne peut plus faire retentir son action vers la périphérie, ou bien son irritation est tellement violente que la première phase n’a pas eu le temps de se produire. $’il y a des ecchymoses dans ce cas, c’est que la pression des capillaires a été très brusquement augmentée et a amené aussitôt la rupture de leurs parois. |

Si done nous acceptons la théorie vaso-motrice pour toute asphyxie en général, nous pouvons l’appliquer à la suffocation, à la strangulation et à la submersion. Nous pouvons dès lors aussi faire les remarques suivantes : R

Dans la mort par suffocation, on trouve le plus d’ecchymoses, parce qu’en général l’asphyxie dans ce genre de mort n’est pas instantance, et les ecchymoses y sont d'autant plus nombreuses que l’asphyxie a été plus lente. Ainsi, Rheder (loco cit. p.253) cite le cas d’un enfant nouveau-né mort étoufté sous des couvertures sous lesquelles il est resté trente he ires.

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