‹ Des Eccyhymoses: Sous-Pleurales & Sous-PéricardiquesChapitre 9 sur 64 · SUIS · texte numérisé non relu

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Vulpian (1) l’année suivante, prétend avoir vu souvent dans l’hémorrhagie cérébrale les ecchymoses décrites par Charcot, surtout sous forme de pointillé hémorrhagique plus ou moins étendu ; de même dans le ramollissement apoplectiforme.

Brown-Séquard (2), à la suite de nombreuses expériences, déclare que les lésions du Pont de Varole et des parties voisines s’accompagnent d’ecchymoses, d’extravasations de sang dans les poumons et dans d’autres organes.

Baréty (3) parle de certaines modifications pathologiques dépendant d’hémorrhagies et de ramollissements circonscrits du cerveau... et cite, en particulier, des ecchymoses souspleurales siéceant du côté opposé à celui de la lésion cérébrale.

Ollivier (4) insiste aussi sur la relation qui existe entre les hémorrhagies viscérales constatées du côté paralysé et la lésion cérébrale. : |

Les médecins légistes qui avaient gardé le silence depuis trois ans, semblaient, sauf certaines réserves admises, s’en tenir aux idées de Tardieu; c’est, d’ailleurs, aussi la doctrine des auteurs classiques, surtout de Briant et Chaudé.

Voici que le docteur Page, d’Édimbourg, publie un ouvrage intitulé : De la valeur de rertains signes observés dans le cas de mort par sufjocation Il y consigne le résultat de ses études basées sur de nombreuses observations et en déduit les conclusions suivantes présentées par Riant (5) dans son rapport à la Société de médecine légale :

« ]° Les ecchymoses trouvées à la surface de certains or-

(1) Vulpian : Comples-rendus des séances el mémoires de la Société de Biologie (séance du ‘33 juin), p. 285, 1873. (2) Brown-Séquard : Gazelte hebdomadaire, 13 juin 1878, p. 390. :

(3) Baréty : Comptes-rendus des séances el mémoires de la Société de Biologie, 13 juillet 1873, p. 278.

(4) Ollivier : Comptes-rendus des séances el mémoires de la Société ‘de Biologie, 1873, 13 juillet, p. 275.

(») Riant: Ann. d'Hyg. el de Méd. lég., 1874, t. XLIE, p. 80.

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ganes et en particulier du poumon ne sont pas spéciales à telle ou telle forme de mort par asphyxie, mais communes à toutes ;.

« 2’ Elles ne sont pas une preuve de suffocation, comme l’a prétendu Tardieu ;

« 3o En médecine légale, leur valeur ne peut être déterninée que par l’existence d’autres signes d’apnée; enfin, on doit avoir la preuve qu’elles ne sont pas le résultat d’un état morbide. »

L'année suivante, M. Tennesson (1), dans un mémoire sur un cas de pendaison, communiqué à la Société de médecine légale par le docteur Charpentier (de Lagny), appela l’attention des membres de cette Société sur la valeur des taches de Tardieu. On nomma une Commission pour examiner la question. Elle décida « qu’il ne fallait pas accorder à une ecch ymose une portée aussi absolue en prenant à la lettre une proposition de M. Tardieu. »

En 1875, un nouveau fait fut présenté par M. Champouillon (2) à la Société de médecine légale. Il s’agissait encore d’ecchymoses.

En 1875, Behrend (3) rapporte un cas de suffocation dans lequel il à trouvé des ecchymoses.

En 1576, M. Girard (4), de Grenoble, à propos d’un cas de submersion, déclare possible l’existence des ecchymoses dans ce genre de mort, et il appuie son assertion sur un certain nombre d’expériences.

Un an plus tard, M. Pinard (5) présente à la Société de mé-

(1) Tennesson : Ann. d'Hyg. et de Méd. légal., 1874, t. XLII, p. 161.

(2) Champouillon: Ann. d’'Hyg. et de Méd. lég., 1876, t. XLVI, . p. 133.

(3) Behrend: Ann. d'Hyg. et de Méd. lég., 1875, t. XLIV, p. 217.

(4) Girard : Journal de Méd. el de Pharm. de l'Isère et Gaz. Hebdom., 1877.

(5) Pinard : Ann. d'Hyg. et de Méd. lég., 1877, ® série, t. XLVII, p. 946.

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decine légale les résultats de 21 autopsies provenant soit d’e::fants nouveau-nés, soit d'enfants mort-nés; il y a trouvé des taches de Tardieu. |

MM. Bergeron et Montano (4), en 1877, dans leurs recherches sur la mort par submersion, ont rencontré des ecchymoses sur les poumons d’animaux sacrifiés par ce genre de mort; mais ils ajoutent que ces ecchymoses ont un aspect particulier, différent, en sorte qu’ils semblent confirmer l’opinion de Tardieu.

En 1877, parait la thèse de M. Grosclaude (1) inspirée par M. Brouardel. l’auteur prouve, par une série d’expériences in- . téressantes, que les taches ponctuées ne sontnullement caractéristiques de la mort par suffocation : car il les a trouvées dans 5 cas de mort par submersion, 5 cas de pendaison, 1 cas de fracture du crâne, 1 cas de strangulation, 1 cas d'hémorrhagie abondante par sectionrapide de la trachée et des deux carotides.

C’est l’année suivante que se tient le Congrés de Médecine légale. La question des ecchymoses sous-pleurales et sous-péricardiques y est traitée à fond. M. Legroux (2) secrétaire et rapporteur de la Société, a fait des expériences nombreuses et variées, instituées dans le but de contrôler les faits publiés par ses devanciers. Il en a déduit les conséquences suivantes :

« 1° En médecine légale, les ecchymoses sous-pleurales seules ne sauraient avoir aucune valeur.trop de conditions spontanées. anciennes ou récentes, indépendantes des causes de la mort pouvant y donner naissance.

2° Les ecchymoses sous-pleurales se rencontrent dans les asphyxies violentes par pendaison, strangulation, submersion, étouffement par écrasement du thorax et par suffocation, mais à des degrés un peu diftérents.

GR et Montano : Ann. d'Hyg. et de Méd. lég., t. XLVIIL. D. :

(1) Grosclaude : Thèse de Paris, 1877.

(2) Legroux : Ann. d'Hyg. et de Méd. lég., 1878,% série, t. Li. p. 174.

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3° Ces ecchymoses, à différents degrés, ne peuvent prendre une valeur quelconque qu’autant qu’elles sont accompagnées d’un grand nombre de signés qui tous concourent à indiquer tel ou tel genre de mort, et dès lors on peut dire, en faisant encore des réserves, s’il s’agit d'individus très jeunes, que les ecchymoses très nombreuses indiquent la suffocation, un peu moins nombreuses la strangulation, un peu moins nombreuses encore la pendaison, ce qui revient.à dire qu’en aucun cas, on ne pourra s'appuyer solidement sur ces lésions pour déterminer le genre de mort.

4 Les ecchymoses sont toutefois l’indice d’une mort rapide et violente, que la violence soit extérieure ou intérieure à l’organisme, »

M. Dechoudans (1) la même année, a soutenu une thèse sur la valeur des ecchymoses sous-pleurales au point de vue médico-légal. Il y a réuni un certain nombre d’observations et d'expériences dont il a déduit à peu près les mêmes conclusions que celles de M. Legroux, et qu’il accepte d’ailleurs, sauf la dernière. ,

M. Vicq(2), dans son travail présenté à la Faculté de Médecine de Paris, un peu plus tard que le précédent, déclare qu’il est impossible, au point de vue médico-légal, de donner « une valeur caractéristique » aux ecchymoses sous-pleurales parce qu’elles se rencontrent dans des cas trop différents. De plus, elles se produisent, pour lui, en général dans le cas de mort rapide et sont souvent difficiles à distinguer des suffusions. Mais ce qui fait la partie originale de sa thèse, c’est qu’il s’est attaché à rechercher la pathogénie de ces ecchymoses, sur laquelle d’ailleurs, nous serons obligés de revenir plus loim.

La même année encore, Gironde (3) publie, dans le Lyon-Me-

(1) Dechoudans : Thèse de Paris, 1878.

(2) Vicq : Thèse de Paris, 1878.

(3) Gironde : Une des dernières leçons du professeur Gromier, Lyon- MÉTICOLINEST ML EXXTIXS D. 79,188.

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dical, l'observation d’untfœtus mort par asphyxie dans le sein de sa mère, qui a été trouvée noyée dans le Rhône. On y constate la présence d’ecchymoses sous-pleurales et sous-péricardiques et Gromier conclut à la suffocation, mais en ajoutant que si l’on trouve ces taches sur les poumons et sur le corps d’un fœtus nouveau-né, on ne devra jamais « trop se presser de conclure à un crime; en effet, ces lésions sont pathognomoniques de l’asphyxie par suffocation, mais avant de conclure à une action criminelle, il faudra démontrer que l’enfant a vécu, qu’il a respiré ; il faudra faire la docimasie optique. »

M. Lacassagne (1) a vu des ecchymoses dans un cas de suicide par pendaison.

Laforest (2), encore en 1878, adresse au Congrès de Médecine léc'ale, un mémoire dans lequel il s’agit d’ecchymoses souspleurales constatées sur les poumons d’une femme morte par hémorrhagie cérébrale.

L’auteur ne se prononce pas sur la relation qui existe entre le phénomène observé et la lésion cérébrale.

Un peu plus tard, M. Baréty (3), de Nice, publie un article où il rapprochel’observation de M. Laforest, citée plus haut, de lasienne datant de 1873, dit, en faisant remarquer la présence des taches ponctuées de Tardieu, que « toutes les fois qu’on se trouvera en présence d’ecchymoses sous-pleurales, surtout. si elles sont unilatérales, il ne faudra pas négliger d’ouvrir la. boîte crânienne et de bien rechercher s’il n’existe pas une lésion dans le cerveau ou ses annexes. »

Voilà l’état de la question des ecchymoses de Tardieu à la. fin de l’année 1878.

Nous arrivons aussi à la fin de la deuxième période qui, on peut en juger d’ailleurs par le récit que nous en avons fait,

(1) Lacassagne : Traité de Médecine judiciaire, 1878.

(2) Laforest : De la val. des ecchymoses sous-pleurales, Gazet. Hebdom., N° 38, 20 sept. 1878, p. 608.

(8) Baréty: Des ecchymoses sous-pleurales, Gazet. hebd., N° 51, 17 décembre 1878, t. XVI, p. 810.

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est caractérisée par les nombreuses discussions auxquelles à donné lieu le sujet des ecchymoses. Il semble que ce dernier, à la suite de tous les débats, des mémoires et des thèses qu’il a fait naître, soit à peu près épuisé et qu’on doive s’en tenir aux conclusions de MM. Legroux, Dechoudans et Vicq. Mais il n’en est rien.

Troisième période (De 1879 à 1886).

Dans les années qui suivent et qui constituent pour nous la troisième période, on cite encore des faits pour et contre la valeur des ecchymoses sous-pleurales ; mais on s’occupe surtout de les rechercher dans les morts naturelles et d'étudier leur côté scientifique, c’est-à-dire que l’étude de leurs caractères macroscopiques et microscopiques tient une plus large place dans la science que leur côté pratique un peu abandonné.

En 1879, M. Legroux (1) fait paraître une note rectificative dans laquelle il dit avoir décrit plusieurs formes aux ecchymoses.

Il termine en émettant l’opinion suivante : « Si la distinction des ecchymoses, qui ont la suffocation pour cause, repose uniquement sur l’aspect granité ou ponctué, ou semis du poumon, je dis que cette distinction est trop subtile, trop délicate, pour qu’on en puisse faire un signe absolu. »

En 1879, Chiaïs (2) publie, dans le Montpellier- Médical, un cas de suffocation par immobilisation des puissances respiratoires, dans lequel il signale des ecchymoses sous-pleurales, sous-péricardiques, laryngées, un pointillé hémorrhagique du péricrâne et des hémorrhagies périrénales. 11 cite à l’appui dé son rapport et de ses conclusions quelques expériences

(1) Legroux : Ann. d'Hyg. et de Méd. lég., 3 série, t. I, p. 164. (2) Chiaïs : Montpellier-Médicat, t. XLIXI, mars 1879, p. 197.

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qu’il a faites sur des lapins et sur lesquels il a observé des ecchymoses.

Chassaing (1), la même année, soutient une thèse intitulée : Etude médico-légale sur les ecchymoses sous-pleurales, de leur présence dans les affections aiguës des voies respiratoires chez l'enfant.

La partie la plus intéressante de sa thèse est celle où il rassemble toutes les relations d’autopsies qu’il a faites pour la plupart. Vingt-huit observations font la base de sa thèse: L’auteur en a fait deux groupes : dans l’un, il classe les observations des maladies dans lesquelles on n’a pas ou guère fait mention d’ecchymoses ; dans le deuxième groupe, il range les observations se rapportant aux maladies de l’appareil respiratoire. Dans tous ces cas, il a trouvé des ecchymoses sous la plèvre, quelquefois sous le péricarde, une fois sur le thymus.

En même temps, M. Parrot (2) reprend en partie cette étude « des ecchymoses sous-pleurales dans les affections bronchopuimonaires des enfants ». Il décrit « de petites taches violacées, lie de vin, de forme assez irrégulière, plutôt ovalaires qu’arrondies, quelquefois très petites, qu'on a de la peine à les distinguer à l’œil nu ». Elles sont isolées ou réunies, et dans ce cas elles semblent proéminer, elles colorent le linge à l’aide duquel on les comprime et tendent à disparaître par l'insufflation. Après s’être occupé spécialement de l’étude micrographique, il conclut de 42 faits observés pendant l’année 1878 : que les ecchymoses sous-pleurales se rencontrent fréquemment chez les enfants atteints d’affections aiguës des voies respiratoires, surtout au-dessus de un an.

Il dit, en outre, que ces ecchymoses « diffèrent de celles dé-

(1) Chassaing, Thèse de Paris, 1879.

(2) Parrot: Les ecchymoses sous-pleurales dans les affections broncho-pulmonaires des enfants, Revue mensuelle. de Médecine et de Chirurgie, sept. 1879, p. 689.

crites jusqu'ici dans les traités de médecine légale, par Pexistance constante d’une altération aiguë et presque toujours inflammatoire de la plèvre ou du poumon et par leur pathogénie qui est d'ordre morbide et non purement mécanique (1). »

D’où la nécessité -pour les médecins légistes de connaitre ces lésions ; en trouvant ces ecchymoses, ils pourraient songer à une mort rapide ou violente alors que l’enfant aurait succombé à une affection qu’un examen minutieux des organes de Îla respiration fera découvrir.

La même année, Régy, (2) dans sa thèse intitulée : Des ecchymoses viscérales dans l’éclampsie puerpérale, cite un cas où il a trouvé des ecchymoses sous la plèvre et le péricarde, et il les attribue, ainsi que les hémorrhagies viscérales, à l’altération du sang et des organes, ainsi qu’à l’excès de tension du sang.

L’année suivante, Hénoque (3) fait paraitre une £tude sur la valeur médico-légale des ecchymoses sous-pleurales. Il accepte les conclusions du congrès de Médecine légale de 1878 ; mais il ajoute « qu’il faudra toujours en même temps qu’on signale des ecchymoses sous-pleurales, tenir compte de toutes les circonstances qui peuvent les produire, et indiquer avant tout l’absence de lésions cérébrales ou pulmonaires. »

Quelque temps après, Lemoine (4) signale des taches ecchymotiques sous la plèvre et le péricarde d’un enfant qui a succombé à un traumatisme mortel.

Chevalier (5) mentionne des ecchymoses dans un cas de suffocation par occlusion des voies respiratoires.

(1) Parrot : Loco citato, p. 698.

(2) Régy : Des ecchymoses viscérales dans l'Eclampsie puerpérale, Thèse de Paris, 1879.

(3) Hénoque : Gaz. hebdom., p. 18, N° 2, 9 janvier 1880. (4) Lemoine : Ann. d'Hyg. el de Méd. lég., 3° série, t. IV, 1880. (5} Chevalier : Ann d'Hyg. et de Méd. lég., & série, t. IV, p. 280.

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MM. Brouardel et Vibert (1) publient, la même année, une Etude sur la submersion. Ils trouvent presque constamment à la surface des poumons des animaux noyés « de larges plaques assez bien limitées et d’un rouge plus ou moins foncé ; sur des coupes faites perpendiculairement, on voit qu’en ces points la plèvre est doublée, comme décollée par une couche uniforme de globules sanguins dont l’épaisseur ne dépasse guère celle de la plèvre elle-même. Il s’agit donc là de véritables ecchymoses sous-pleurales très remarquables par leur étendue, leur minceur et leur situation directement sous la plèvre. »

M. Emile Demange, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Nancy, fait paraître dans la Revue médicale de l'Est un article sur la valeur des ecchymoses sous-pleurales et souspéricardiques, dans lequel il dit avoir vu, pendant son internat à Paris, des ecchymoses sous-méningées et surtout des suffusions sanguines qui s'étaient faites dans la capsule de Glisson, chez un enfant dont la mère avait subie l’opération césarienne, Il a encore constaté l’existence d’ecchymoses chez des enfants morts à la suite de rougeole.

Pour lui, la présence des ecchymoses % Tardieu ne saurait entraîner la conviction du médecin légiste, et, aujourd’hui plus que jamais, « il doit recueillir tous les renseignements qui peuvent lui être fournis par l’examen du cadavre et par les commémoratifs. »

La même année, Rheder (3), de Kiel, publie une étude détaillée sur les ecchymoses sous-pleurales, particulièrement sur leurs’modes de production. Nous en reparlerons à propos du mécanisme Aussi n’insisterons-nous pas pour le moment.

1) Brouardel et Vibert: Ann. d'Hyg. et de Méd lég., æ série, t. V, d. 459, 1880.

(2) E. Demange : Revue médicale de l'Est, 1880, t. XII, p. 156.

(3) Rheder, Vierteljahrschrift f. gericht. Med., 1880, t. XXXII,

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En 1880, nous n’avons plus qu’à parler de la thèse de M. Rieussec (1), scutenue à Montpellier. L'auteur à fait une cinquantaine d'expériences et a réuni un grand nombre d’observations qui lui permettent de formuler les conclusions suivantes que nous résumons : .

1° Les ecchymoses sous-pleurales ne sont pas constantes dans la mort par suffocation et ne DRE ètre prises comme signe certain de suffocation ;

2° Elles ne peuvent servir à distinguer la suffocation des autres genres d’asphyxie, à l’exception toutefois de la submérsion, dans laquelle les ecchymoses sous-pleurales ont une physionomie spéciale, ou sont accompagnées de lésions qui caractérisent les poumons des noyés ;

3° Jointes à des signes extérieurs, elles peuvent servir à diagnostiquer les autres asphyxies;

4 Elles ne se produisent pas seulement dans les morts violentes, mais elles peuvent aussi survenir dans les asphyxies lentes ;

5° Enfin, elles sont sous l'influence de troubles de Pinner vation vaso-motrice.

‘En 1881, Giuganino (2), à Lyon, soutient une thèse sur les ecchymoses viscérales dans la méningite tuberculeuse. Il cite un certain nombre d'observations; il en recherche aussi la pathogénie, qu’il trouve dans l’innervation vaso-motrice, mais n’insiste pas sur le caractère micrographique de ces ecchymoses, alors que d’autres lui avaient déjà tracé la voie. Quoi qu’il en soit, il a eu le mérite de signaler la présence des taches de Tardieu à propos d’une lésion dans laquelle on n’en avait jamais rencontré.

Stadfeld (3) en 1885, publie un article sur les hémorrhagies dans les grandes cavités chez les nouveau-nés et dit « qu’il

(1) Rieussec : Thèse de Montpellier, 1880.

(2) Giuganino. Thèse de Lyon, 1881.

(8) Stadfeld : Schmidl's Jahrbücher, t. 206, ?* fasc.ic, p. 192, 1885.

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peut se produire des ecchymoses sous-pleurales et sous-péricardiques, s’il y a menace d’asphyxie pendant l’accouchement, et ces ecchymoses ne disparaissent que longtemps après. Aussi ne sont-elles pas un signe pouvant servir à affirmer qu’il y a eu étouffement, si les enfants n’ont vécu que quelques jours, surtout s’il y a eu danger d’asphyxie pendant l’accouchement. » Tel est aujourd’hui l’état de la question.

Nous aurions pu citer encore bon nombre d’auteurs qui parlent d’ecchymoses; mais ils ne font que constater leur existence dans tel ou tel cas ; d’ailleurs nous nous exposerions à empiéter sur une partie du sujet qui devra être traitée plus loin.

En somme, on le voit, la question des ecchymoses souspleurales et sous-péricardiques a fait de grands progrês au point de vue général.

Plus on avance, plus aussi on augmente le nombre des affections dans lesquelles on peut les rencontrer.

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