CHAPITRE I
Les faits cliniques
L'éclatement musculaire n’est pas une lésion rare, et cela se comprend quand on songe que presque toutes les blessures intéressent à des degrés différenss le tissu musculaire, mais le projectile traversant un muscle ne le fait pas toujours éclater et, d'autre part, dans les grands délabrements produits par les éclats d’obus ou les balles ayant fracturé les pièces osseuses, il est parfois difficile de reconnaître l'éclatement du muscle.
Malgré cela, les observations d’éclatement musculaire pur sont assez fréquentes, et parmi les nombreuses observations de M. le professeur Vallas, nous n’en avons retenu que six, qui nous ont paru tout à fait typiques et que
nous reproduisons avec son autorisation.
OBSERVATION I (due à l’obligeance de M. le D' GiIVRE.)
us entre salle Saint-Paul le 13 mars 1916. Blessé le 10 par éclats d’obus multiples de grenade. Très nombreuses petites escarres sur les deux régions fessières. Presque tous les orifices, dont le plus large ne dépasse pas le diamètre d'une pièce de cinquante centimes, sont oblitérés. Un seul laisse échapper un peu de liquide sanieux. Gonflement douloureux de la face postérieure de la cuisse droite. Etat général très grave, température, 3000:
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Le soir de l'entrée, intervention, ligature d’une artère importante qui saigne abondamment au fond du creux ischorectal gauche. Le doigt introduit dans l'orifice encore ouvert de la cuisse droite, pénètre dans une boutonnière aponévrotique sous laquelle s'étend une cavité remplie de bouillie musculaire noirâtre. Incisions larges sur le grand fessier et sur les faces postérieures et latérales de la cuisse. On pénètre sous l’aponévrose, dans des loges remplies de sang, de sérosité-et de débris musculaires, sorte de masse grumeleuse qui ressemble à du raisiné très liquide. Lavages
oxygénés, traitement tonique.
Deux jours après, nouvelles incisions ouvrant des fusées où l'on trouve quelques bulles gazeuses. L'état s'aggrave, le blessé meurt le 18 mars.