‹ Des éclats magnétiques de l'iris et de leur extraction à l'électro-aimant géantChapitre 13 sur 37 · CHAPITRE TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TI

Des éclats magnétiques de l'iris au point de vue expérimental

Depuis longtemps, on connaît la tolérance possible de l'iris pour certains corps étrangers ; et on sait qu'elle n’est pas la même pour tous les métaux. Les uns sont très bien tolérés, pendant des années même, sans aucune réaction, alors que d’autres donnent rapidement des phénomènes inflammatoires intenses, de la sidérose, et parfois même de l’ophtalmie sympathique.

L'observation clinique a montré que la tolérance est beaucoup plus grande pour les métaux non oxydables (fonte, acier) que pour les métaux oxydables, comme le fer et le cuivre, par exemple. Elle est variable, selon la région atteinte. Nous ne parlerons ici que de l'iris, qui après la région ciliaire est l'organe réagissant le plus vivement aux traumatismes.

Les réactions de l'iris aux éclats de cuivre (non magnétique) donnant des suppurations consécutives de

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l'œil étaient connues et attribuées aux actions chimiques sur les milieux oculaires. Lœber prétendait qu'il pouvait y avoir parfois une dissolution complète, au bout d’un certain temps.

L'action du fer avec dépôts de pigments brun rouge, était connue depuis Bunge en 1890 sous le nom de sidérose.

Jusqu'en 1910, l’action des autres métaux sur l'œil, en particulier sur l'iris, était peu connue.

MM. Rollet et Aurand ont étudié, à la suite d’expériences faites sur le lapin, l’action des métaux les plus employés par l’industrie moderne sur les différents milieux de l'œil.

Les expériences ont été faites au moyen d’éclats, d’un volume de deux millimètres cubes, environ, stérilisés à 140° pour éviter toute chance d'infection. L'inclusion a été faite après une asepsie aussi parfaite que possible, au moyen de teinture d'iode sur les paupières, puis d’une irrigation prolongée d’eau distillée, au niveau des culs-de-sac Conjonctivaux ; chaque insertion a été suivie d’une suture de la membrane d'’abord, puis des deux Paupières ensuite, par des points cutanéo-cutanés, dans le but d'éviter toute infection cornéenne,

Ces expériences ont porté sur l'acier, le nickel, le fer, qui sont à la base des différents alliages les plus employés par l’industrie moderne :

acier au nickel,

acier au chrome,

acier au tungstène, ferros (alliages du fer).

Nous reproduirons ici les résultats des expériences faites sur des lapins par MM. Rollet et Aurand, en ne considérant dans ce travail que l’action des éclats magnétiques inclus dans l'iris.

Expériences sur le fer

Composition de l’échantillon :

Pour 100 : carbone : 0,05.

—— manganèse : traces.

— silicium : 0,08.

Autour du corps étranger, pendant les trois ou quatre premiers jours, la base rougit un peu ; vers le quatorzième jour, le corps métallique s’oxyde, puis un léger exsudat lui donne un aspect grisâtre, et bientôt, vers le vingt-quatrième jour, le fragment est englobé dans un tissu conjonctif néoformé, adhérent à l'iris. Il n’y a pas de synéchie postérieure, et l’œil reste avec un aspect normal jusqu’à la mort de l'animal (au bout de trois mois).

Le fer, d’après ces expériences, semble être bien toléré, et son oxydation favorise son enkystement conjonctif.

Expériences sur l'acier

A la suite d'insertion dans l'iris, on constate pendant huit jours une légère vascularisation au niveau de ja plaie et du corps étranger ; celui-ci parfaitement toléré ne donne lieu par la suite à aucun accident.

Expériences sur le nickel

Le nickel inclus dans l'iris, au quatrième jour donne un léger trouble de la cornée, laissant voir le corps étranger englobé dans un exsudat Jaunâtre, avec un léger hypopyon ; ce dernier disparaît en trois jours. L'exsudat persiste autour du corps étranger, jusqu'au vingtième jour. L'iris reste normal. Puis la 'vascularisation de la plaie cornéenne cache le fragment métallique. pendant quelque temps. Après deux mois, le corps étranger, complètement dépouillé d'exsudats, a une couleur rouillée, l’aspéct de l'œil est normal. A l’ophtalmoscope, pas de lésion. L'animal meurt après trois mois, mais l'examen de l'œil n'a pu être fait.

Remarque. — Certains auteurs, Gavarret entre autres, classent le chrome parmi les corps magnétiques, alors que, d’après les expériences de M.'le Professeur Rollet, le chrome absolument pur n'est pas attiré par le gros aimant. Ce Corps, d’ailleurs, donne quelques phénomènes inflammatoires au début, puis tout rentre dans l’ordre.

En résumé, nous voyons que le nickel donne une petite inflammation suivie d'un léger hypopyon, son action est analogue à celle du cuivre. L'enkystement se produit au vingtième jour.

Pour le fer, on note une vascularisation de l'iris : vers le quatorzième jour, oxydation du fragment, puis son enkystement au vingt-quatrième Jour. Done, Corps assez bien toléré.

Pour l'acier : tolérance parfaite, on n’a constaté aucune lésion.

ÉENATSE

Dans aucun cas il n’y a eu de panophtalmie, pas davantage de sidérose, ni d’ophtalmie sympathique, même au bout de six mois ; ce qui est dû peut-être autant à l’asepsie des fragments qu'à leur séjour trop court dans les milieux oculaires.

Il a été établi expérimentalement par les mêmes auteurs :

1° Que la forme du corps métallique influe sur son attraction, beaucoup plus que son poids. Les corps allongés sont plus faciles à attirer que les petits blocs.

2° Que l’aimantation se fait suivant le grand axe. D'où cette conclusion qu’au point de vue pratique pour extraire un corps oculaire, il faut agir suivant son grand axe.

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