‹ Des écoles et salles d'asile d'Italie en 1834Chapitre 4 sur 5 · ÉCOLES DU DIMANCHE · texte numérisé non relu

ÉCOLES DU DIMANCHE

Dans les instructions aux curés, protecteurs nés des écoles primaires , annexées au réglement général, il est dit :

« Comme en général, et surtout dans les campagnes, les « années d’école prescrites ne suffisent pas pour terminer « la véritable éducation des enfans, le curé ou son vicaire « pour les matières religieuses, et le maître d’école pour « les autres objets, devront, dans tous les lieux ou il n’y a « que des écoles primaires, donner des instructions du « soir aux jeunes gens qui, a cause de leur âge (de 12 a « 1 5 ans) ,ne sont plus obligés de suivre les leçons. » Notez que les enfans des deux sexes de 6 a 12 ans doivent fréquenter tous les jours l’école.

C’est d’après ce réglement, complément, pour ainsi dire, du plan de l’éducation populaire , que dans le second sémestre 1822 , époque a laquelle fut fondée la grande école secondaire de Crémone, on ouvrit le dimanche les cours d’architecture et de dessin pour l’usage des artisans occupés les autres jours a l’exercice de leur métier. On ouvrit des cours, en rapport avec les moyens employés dans leur art, aux forgerons, aux menuisiers , aux maçons, aux orfèvres, a tous ceux enfin qui, dans la pratique de leur métier , emploient la règle et le compas ; a ceux qui ont besoin de connaître, au moins d’une manière pratique, la description et la position des diverses lignes, et la construction régulière des figures géométriques ; a ceux enfin qui appliquent les diverses formes architecturales aux ouvrages d’art , pour qu’ils eussent ainsi une direction sure pour les exécuter, et se rendissent plus capables d’atteindre un degré élevé de perfection.

On voit par la que l’école de dessin du dimanche en-

soigne la géométrie pratique, choisissant seulement les lignes et les figures employées dans les métiers, le dessin des machines, les élémens de mécanique et d’architecture et ceux de l’ornement. On sait qu’en Italie tous les artisans, même les peintres de décorations, apprennent par la pratique et non par les règles fondamentales de la théorie, les diverses opérations de l’art. 11 résulte de la que beaucoup d’entre eux, capables naturellement des plus grandes choses, se bornent a ce qui leur est enseigné par leur maître , et la plupart exécutent très-grossièrement, et gaspillent leur temps et leurs matériaux.

On sentit bientôt l’utilité de ces institutions, et les personnes qui les fréquentaient, devenant plus habiles dans leur manière d’opérer, excitaient lemulation des autres à profiter d’un si grand avantage. L’école du dimanche devint très-nombreuse en peu de temps. Dan ' l’année suivante, 1820, on ouvrit aussi une école du dimanche d’enseignement élémentaire, comprenant le catéchisme catholique. On ne put pas penser a la diriger comme école de perfectionnement ; car avant la réforme générale de l’institution publique élémentaire, introduite en 1821 et 1822 , il existait peu d’enfans du peuple, je ne dirai pas instruits, mais initiés a la connaissance de la lecture, de l’écriture et du calcul. Pour cette raison, il devint nécessaire d’adjoindre a la classe de perfectionnement, qui fut établie pour quelques personnes déjà avancées dans les études élémentaires, une autre classe de purs élémens, et d’instruction générale de la doctrine catholique.

Cet arrangement donna l’espérance que l’on pourrait ap|Hiler aussi les adultes à l’école, et que ceux-ci, plus près

de devenir pères de famille, deviendraient de meilleurs guides pour leurs enfans et exigeraient d eux plus d’assiduité a l’école. On prévit ensuite la nécessité d’instruire ces adultes dans la religion du Rédempteur sans laquelle 1 homme ne peut être régénéré.

L’effet eut lieu tel qu’il avait été prévu, et parmi les 107 éléves de l’école du dimanche, 28 étaient de 1 âge de 15 à 22 ans,et tout le reste de 12 a 15. On observa dans un très grand nombre la plus triste ignorance des doctrines relatives a la l^ivinité. Je dis triste,car que peut-on espérer de bon d’un homme qui n’est pas instruit et pénétré des divines perfections de l’Etre-Suprême, et dont Saint Paul a dit :

« Comme ils n’ont pas voulu reconnaître Dieu, Dieu « aussi les a livrés a un sens dépravé ; en sorte qu’ils ont 8 fait des actions indignes de l’homme ; ils ont été rem- « plis de toute sorte d’injustice, de méchanceté, de forni- 8 cation , d’avarice, de malignité ; ils ont été envieux , « meurtriers , querelleurs, trompeurs ; ils ont été cor- « rompus dans leurs mœurs, semeurs de faux rapports ;

« Calomniateurs et ennemis de Dieu, ils ont été 011- « trageux , superbes, altiers , inventeurs de nouveaux « moyens de faire le mal ; désobéissans a leurs pères, et « a leurs mères.

« Sans prudence, sans modestie, sans affection , sans « fidélité, sans miséricorde.

« Et api ès avoir connu la justice de Dieu ; ils n’ont pas « compris que ceux qui font ces choses sont dignes de « mort, et non-seulement ceux qui les font mais aussi « quiconque approuve ceux qui les font (1). »

(1) Ep. aux Itom. I, 28, 52.

Que l’on compare ces tristes effets de l’ignorance des premières idées de la religion décrits par saint Paul, le plus grand de tous les saints et le maître de toute l’Égli'se, (ainsi l’appelle saint Chrysoslôme), que l’on compare à ceux dont il parle cette classe d’hommes de toutes conditions, nos contemporains, oublieux et négligens des doctrines religieuses, et l’on verra que les mêmes effets ont encore lieu de notre temps.

Vous comprendrez facilement, Monsieur, avec qm lie vivacité les vénérables ministresdu Sanctuaire, qui désirent atteindre le but de leur mission, durent accueillir cette institution , sachant * qu’il ne faut pas que le serviteur e du Seigneur s’amuse a contester ; mais qu’il doit être « modéré envers tout le monde capable d’instruire et pa- « tient ;

« Qu’il doit reprendre avec douceur ceux qui résistent « à la vérité, dans l’espérance que Dieu pourra leur « donner un jour l’esprit de pénitence pour la leur Taire « connaître (i). b

Les fondateurs de 1 école élémentaire, ayant donné 1 exemple de protéger l’école du dimanche, trouvèrent bientôt des imitateurs, et les éloges qui furent donnés a cette nouvelle œuvre de charité par la commission impériale et royale, et par les inspecteurs généraux des écoles, firent quelle se répandit plus promptement dans la province de Crémone et dans le royaume de Lombardie.

Dans les villes et dans beaucoup de villages, c’est entre 7 et 9 heures et demie du matin que l’instruction

(1) Kp. à Tim. II, 24, 2f».

du dimanche a lieu; les jeunes gens, réunis ensuite aux élèves de lccole ordinaire, sont conduits aux offices de l’église. Dans quelques bourgs l’école se tient a l’issue des offices de l’après-midi. C’est ici le lieu de citer un trait de charité éclairée qui appartient a un curé de ce diocèse.

Il a fondé, de ses propres deniers, une rente perpétuelle consacrée a payer un ecclésiastique qui tiendra l’école du soir pour les jeunes agriculteurs que le travail de la terre occupe toute la journée. Vous voyez, Monsieur, que les institutions que la raison avoue, transplantées au milieu d’une nation éclairée et pleine du désir de faire le bien, servent d’aiguillon 'a la charité qui sait ensuite les placer en leur lien, exciter l’intelligence et inspirer la vertu.

C’est ici le moment de mentionner un vœu devenu presque général et qui n’a été accompli qu’en partie. On désirerait pour toute instruction élémentaire, et en particulier pour celle du dimanche, que les livres de lecture continssent un choix de choses utiles a savoir et en particulier un traité bien fait d’histoire et de doctrine religieuse et morale, qu’ils fussent terminés par un abrégé des connaissances techniques relatives a toutes les sortes de métiers exercés par le peuple. On voudrait encore que le livre de grammaire servît d’initiation pratique a l’art d’écrire avec méthode, et que l’arithmétique pût être appliquée aux calculs dont les divers métiers exigent la connaissance ; composés de celte manière , les livres dans lesquels on apprend a lire, a écrire et à compter offriraient en même temps au maître le moyen d’expliquer chacun des arts auxquels ces con-

Naissances peuvent s’appliquer, et ainsi les ehfans apprendraient en meme temps tout ce qui est nécessaire pour diriger leur conduite et exercer convenablement leur art ou leur métier. Celte méthode d’enseignement parallèle semble devoir être efficace et féconde en avantages incalculables pour l’éducation de l’esprit et du cœur. Que les meilleurs esprits italiens veuillent donc s’appliquer une fois a cette espèce déludé, ne plus seulement s’occuper de ce qui touche leur gloire et le progrès des choses sublimes, mais travailler aussi a détruire l’ignorance et a propager les idées qui assurent le règne delà vertu et de notre religion sainte. Ces travaux, il est vrai, sont moins brillans, mais ils sont utiles à 1 humanité ; c’est l’emploi dusage de s’occuper d’elle, et elle n’est pas bornée au petit nombre d’individus privilégiés à qui Dieu a départi les dons du génie, et qui sont appelés a la culture de la littérature et des hautes sciences.

Ne croyez pas pourtant, Monsieur, que lecole du dimanche se soit établie parmi nous sans contradictions ; l’expérience m’a appris que toute bonne chose nouvelle a pour antagonistes ceux qui ne la comprennent pas , ce sont les plus nombreux ; ceux qui ne la veulent pas comprendre, les paresseux qui refusent de s’en occuper; les égoïstes, ennemis de tout ce qui est dirigé vers le bien d’autrui ; ceux dont les préjugés respectent la commune ignorance et jusqu’aux erreurs du vulgaire, (malheur a l’humanité , si Jésus Christ et les apôtres avaient pensé et agi ainsi ! ) et en général tous les insouciant. Vous pouvez juger quelle opposition nous avons eue à combattre. Par bonheur. notre sage gouvernement so

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