CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Les propriétés remarquables de l’éther sulfurique, et les applications importantes qu’elles ont fournies à la thérapeutique, ont jusqu'ici absorbé toute l'attention des chirurgiens et des physiologistes. Aucun travail n’a encore été entrepris dans le But d'analyser l’action générale des autres éthers, de cette classe de composés toujours si analogues par leur composition élémentaire, et souvent si dissemblables par leurs propriétés physiques. I ne sera pas iong d’énumérer les expériences qui ont élé faites sur ce sujet.
Le 20 février, M. le professeur Sédillot, de Strasbourg, rendit compte des résultats que lui avait fournis l'inhalation de l'éther chlorhydrique (1).
(1) Gazette médicale de Strasbourg, 20 février 1847.
Le 22, M. Flourens communiqua à l'Institut trois expériences qu'il avait tentées sur le même éther, et trois autres qu’il avait faites sur l’éther ntrique (4). Il est très-certain que, dans ces trois derniers cas, c’est l’éther nitreux qui avait été respiré. M. Balard le fit observer à M. Flourens. Enfin les derniers travaux qui ont été faits sur l’éther chlorhydrique ont été publiés en Allemagne par le professeur ITeyfelder, d’'Erlangen (2).
M. Flourens a encore mentionné quelques effets des éthers acétique et oxalique; mais aucun des expérimentateurs que je viens de citer n’a rapporté avec les détails désirables les résultats qu’il avait obtenus. Aussi les faits qu'ils ont annoncés sont restés isolés et n’ont fourni aucune déduction importante.
Pour tâcher de compléter la question, J'ai fait sur l’inhalation de chaque éther un assez granc nombre d'expériences pour établir en moyenne des conclusions bien fondées. Afin de rendre en tous points mes résultats comparables à ceux qui avaient élé obtenus pour l’éther sulfurique, j'ai usé du même appareil qui sert aux inhalations ordinaires. L’embouchure métallique était seulement remplacée par une poche en caoutchouc qui pouvait parfaitement s'adapter au museau des animaux. C’est la modification qu’ont proposée les préparateurs de M. Flou-
(1) Comptes rendus de l Acad. des Sciences, 22 février 1847. (2) Heyfelder, Mém, cité.
rens, moins l’espèce de muselière à lames d’acier dont ils se servent pour maintenir la poche parfaitement appliquée. Je trouve que les mains d’un aide sont toujours beaucoup plus avantageuses. Enfin le renouvellement facile et nécessaire de Pair inhalé a dégagé les effets produits de tous les troubles que l’asphyxie aurait pu leur imprimer.
ARTICLE PREMIER