‹ Des effets physiologiques et thérapeutiques des éthersChapitre 23 sur 48 · ACTION DE L'ÉTHER ACÉTIQUE · texte numérisé non relu

ACTION DE L'ÉTHER ACÉTIQUE

Faiseulement tenté quatre expériences sur l'action del’éther acétique. M. Flourens l’a fait inhaler aussi à des animaux. Le 8 mars, il a lu à l’Institut cette conclusion : Que léther acétique ne produisait jamais que l'ivresse et l’étourdissement, cest-à-dire, qu’il n’agissait que sur le cerveau et sur le cervelet, mais qu’il n’étendait jamais son action sur le mésocéphale pour amener linsensibilité. M. Flourens ne donne aucun autre détail sur le nombre et la nature de ses expériences.

AUTRES QUE L'ÉTHER SULFURIQUE. Po

PREMIÈRE EXPÉRIENCE. — Un chien adulte, de grande taille, très-vigoureux, est soumis, le 8 avril, aux inhalations d’éther acétique; il oppose d’abord une vive résistance, ses inspirations sont retenues, saccadées ; au bout de 2 minutes seulement elles se ralentissent et deviennent larges et profondes; le pouls est plein, développé, médiocrement fréquent; — à la 9° minute, l'animal est immobile, ses pupilles fortement dilatées ne se resserrent plus sous l'influence de la lumière: des épingles enfoncées dans ses pattes ne paraissent réveiller aucune douleur; les glandes salivaires fournissent une sécrétion excessivement abondante et visqueuse,

Croyant le chien complétement éthérisé, je cesse l'expérience; il se dresse aussitôt sur ses pattes, mais sa démarche est vacillante, sa tête est agitée de mouvements convulsifs d’avant en arrière; sa sensibilité n’est que légèrement obtuse: — une salive très-abondante et visqueuse s'échappe de sa gueule ; agitation continuelle.

Une heure après, l'animal est parfaitement rétabli.

DEUXIÈME EXPÉRIENCE. — Un jeune chien trèsvif et de petite taille, présente au bout de 6 anuies, 17 inspirations et 80 pulsations; une pupille trèslargementdilatée et cependanttoujours contractile, une sensibilité assez susceptible, une salivation abondante: à la 40° minule, les mêmes phénomènes persistent; l'expérience est discontinuée.

Agitation continuelle, démarche mal assurée, expirations violentes, mouvements automatiques incessants de la tête, qui est alternativement fléchie en avant et portée en arrière. Au bout de5 minutes, l'animal se couche, mais bientôt il cède de nouveau à un irrésistible besoin ‘de mouvement auquel succède un repos définitif.

TROISIÈME EXPÉRIENCE. — Un petit chien moins vigoureux que le précédent présente d’abord les mêmes phénomènes. Il offre 16 inspirations par minute; ce chiffre reste constant pendant toute la durée de l'expérience. — Au bout de 10 minutes, l'insensibilité est complète, des incisions peuvent être pratiquées sur la peau sans réveiller la moindre douleur. La main vivement agitée devant les yeux, ne provoque pas locclusion des paupières qui sont largement ouvertes, l’inhalation est continuée pendant 20 minutes, sans amener de changement dans les phénomènes produits. — Salivation excessive,

Après l'expérience l'animal peut se tenir sur ses pattes, quoique avec beaucoup de peine; la sensibilité momentanément abolie, reparaît au bout d’une mipute et demie. — Agitation continuelle, salivation constante.

QUATRIÈME EXPÉRIENCE. — Les inhalations sont prolongées pendant 15 minutes sur un chien griffon adulte ; les résuliats sont identiquement les mêmes que ceux que m'a présentés le chien précédent; l’insensibilité a été produite.

Les expériences que je viens de citer confirment en partie les assertions de M. Flourens : oui, l’éther acétique agit d’abord et souvent seulement sur les hémisphères cérébraux et le cervelet; mais il peut atteindre la protubérance annulaire, et développer, comme l’éther sulfurique, une insensibilité complète.

Je résumerai donc mes résultats dans les conclusions suivantes :

{, Les inhalations d’éther acétique ne troublent nullement ou fort peu le rhythme normal du pouls et de la respiration.

IT. Elles agissent surtout sur le cerveau et le cervelet; mais elles peuvent aussi porter leur action sur la protubérance annulaire et amener l’insensibilité.

IIT, Cette insensibilité est beaucoup plus lente à se développer et beaucoup plus prompte à disparaitre que celle que produit l’éther sulfurique.

IV. Le retour de la sensibilité est toujours accompagné d’une exaltation singulière des mouvements.

V. L’éther acétique surexcite plus encore que l’éther sulfurique, les sécrétions salivaires.

OBSERVATIONS. — De ces conclusions ressort avec évidence l’innocuité des vapeurs d’éther acétique. Au début, son inhalation produit les mêmes phénomènes que celle de l’éther sulfurique; les inspi-

gations, d’abord extrêmement gênées, s ’étendent ‘bientôt et deviennent très-profondes.

Il est un fait d’expérimentation qui peut frapper d’erreur les résultats que l’on obtient, et que je ne puis omettre de signaler. Il n’a été fourni par ma première expérience. J'ai dit que l’animal qui ne réagissait nullement contre les piqûres qu’on lui faisait subir pendant qu’il respirait les vapeurs d’éther acétique, avait manifesté de la douleur sous la même impression, après que l'appareil lui a été enlevé. J'avais fait la même observation dans une autre expérience, où j'avais laissé fermé le robinet de l’appareil, etdanslaquelle l'animal n’avait respiré que de l'air pur. La frayeur l’avait empêché de manifester la souffrance que lui faisaient ressentir de profondes piqûres d’aiguille. Ce moyen de s'assurer de l’insensibilité est donc vicieux et insuffisant. Üne forte pression qu’on peut faire éprouver aux pattes de l’animal en les comprimant sous le talon, ja section d’une portion d'oreille, ou les incisions de la peau, sont bien plus sûres et bien préférables.

Si les effets anesthésiques et débilitants de l’éther acétique sont beaucoup moins puissants que ceux de l’éther sulfurique, son action sur les glandes salivaires est beaucoup plus prononcée. Les chiens mis en expérience sécrétaient des quantités vraiment prodigieuses de salive: et cette supersécrétion se continuait encore longtemps après hs l'expérience avait été interrompue.

ARTICLE IV

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