‹ Des effets physiologiques et thérapeutiques des éthersChapitre 35 sur 48 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

APPLICATIONS DES INHALATIONS ÊTHÉRÉES À L'ART OBSTÉTRICAL.

L'éther produit l'insensibilité, son application à la terminaison de l'accouchement était donc indiquée d'avance. L'expérience de faits antérieurs n'avait elle pas démontré que la conservation de la sensibilité n’était nullement nécessaire à l’accomplissement du travail?

Olivier et Nasse ont rapporté deux cas d’accou-

(4) Bulletin de l'Acad. roy. de médecine, 19 janvier, t. AIT.

DE L'ÉTHER SULFURIQUE. 297 chements qui se sont terminés heureusement chez des femmes paraplégiques : chez l’une, la moelle épinière avait été comprimée et désorganisée depuis la première jusqu’à la quatrième vertèbre dorsale, par une collection d’acéphalocystes : chez l'autre, la paralysie résultait d’une fracture de la troisième et de la quatrième vertèbres cervicales.

Deneux raconte l’histoire d’une femme qui s’accoucha on ne peut plus heureusement pendant un état complet d'ivresse alcoolique. « Une femme, dit-il, fut apportée à l’Hôtel-Dieu d'Amiens dans un état comateux causé par l’abus des boissons alcooliques, auquel elle s'était livrée depuis le commencement du travail ; elle accoucha naturellement pendant cet état d'ivresse, et le sommeil de l’ébriété continua pendant quelque temps après sa délivrance. La femme en se réveillant fut fort étonnée de voir son accouchement terminé et se félicita d’avoir trouvé un moyen aussi heureux ; elle promit bien de s’en servir à la première occasion.»

M, Simpson, professeur à l’Université d'Édimbourg, connaissait parfaitement ces faits, lorsqu'il tenta ses premiers essais d’éthérisation sur des femmes en travail; il connaissait aussi l'opinion de Hailer qui, d’après Smellie, Harvey, Delamotte, regardait l'accouchement comme encore possible Chez une femme plongée dans le narcotisme ou agitée de convulsions ou plongée dans une débilité profonde, Dans un mémoire qu'il a publié à Édim-

bourg, M. Simpson analyse les expériences qu'il a tentées sur 7 femmes en travail (1).

Trois fois il a fallu appliquer le forceps; dans le premier de ces cas, le bassin était considérablement rétréci, l’accouchement précédent avait nécessité la craniotomie, et bien que cette opération eût été pratiquée, il s'était terminé avec beaucoup de difficultés. Les vapeurs éthérées furent inhalées pendant vingt minutes. La version fut pratiquée et l'enfant fut extrait encore vivant. La femme n'avait rien senti, elle avait seulement entendu lespèce de secousse soudaine produite par le dégagement brusque de la tête. 4 jours après, cette femme se trouvait assez bien pour se lever de son lit et aller voir sa mère.

Deux autres cas d'application du forceps furent suivis du succès le plus complet : la douleur fut entièrement suspendue, les contractions utérines se maintinrent aussi énergiques qu'à l’état normal, et les accouchées n’éprouvèrent pas le moindre accident , au contraire elles se trouvèrent dans les meilleures conditions possibles. Le forceps long et le forceps court avaient été appliqués sans la moindre difficulté.

Dans trois autres cas, le professeur Simpson à administré l’éther en vapeur, pour des accouchements qui ne nécessitaient aucune opération

(4) Notes on the inhalations of sulphuric ether in the practice of Midhvifery, by 3. G. Simpson ; Edinburgh, 1847, 11 p.

obstétricale. Dans le premier il s'agissait d’une femme qui se trouvait en travail, depuis près de 90 heures; les contractions de l'utérus étaient devenues languissantes. M. Simpson fit respirer parties égales d’éther sulfurique et de teinture d’ergot de seigle. Bientôt les contractions se ranimerent énergiquement, devinrent entièrement indolores, et l'accouchement fut terminé en un quart d'heure.

Chez la seconde femme, l’éthérisme ne fut guère poussé qu’à la seconde période. La malade avait conscience de ce qu’on disait ou de ce qui se faisait autour d'elle, et même elle avait conscience de ses contractions, sans en éprouver la moindre douleur. L'enfant naquit en douze à quinze minutes, son passage n'avait provoqué aucune souffrance, mais seulement la sensation d’une forte pression. Cette dame, dit M. Simpson, ne pouvait se défendre d’un certain dépit, en songeant aux souffrances inutiles en apparence qu’elle avait eu à endurer jadis, en donnant le jour à ses autres enfants.

Enfin, la dernière malade qui appréhendait singulièrement les inhalations d’éther, accoucha comme la précédente avec la plus grande facilité : « Elle se réveilla d’un songe, et fut crandement surprise de trouver son enfant qui venait de naître. »

Il résulte du mémoire du professeur Simpson, que l’éther anéantit toujours les douleurs de l’ac-

couchement, qu’il augmente quelquefois l'énergie des contractions utérines, et que jamais son emploi n’a été suivi d'aucun accident, ni pour la mère, ni pour l'enfant.

Le premier qui en France a appliqué les inhalations éthérées à l’art des accouchements, est le docteur Fournier Deschamps. Le 30 janvier, il écrivit à la Gazette des Hôpitaux, qu’il venait d’accoucher, à l’aide du forceps, une femme éthérisée. Cette femme souffrait depuis 36 heures des douleurs très-vives ; depuis six heures, la tête de l'enfant était engagée dans le petit bassin. Le seigle ergoté employé depuis deux heures à la dose d’un granime et demi, avait provoqué de vives contractions, sans procurer la délivrance.

M. Fournier Deschamps craignant l’asphyxie, l’accouchement ne s'étant pas terminé sous l'influence immédiate du seigle ergoté, manifesta l’opportunité pressante d'appliquer le forceps; mais la femme ne voulant pas y souscrire, il la soumit à la vapeur d’éther qui la plongea en dix minutes, dans un état complet de torpeur. Le pouls de 120 descendit à 105, sous l’influence immédiate de l’éther ; l'application du forceps et l'extraction de lPenfant ne demandèrent que quatre minutes. La mère n’éprouva rien pendant l’opération; elle ne sortit de cet état comateux, et ne récupéra de sensibilité qu’à l’occasion des cris de son enfant, cinq minutes après sa délivrance.

Le 30 rien. elle était accouchée depuis trois jours et continuait à aller très-bien (1).

Le 23 février, M. P. Dubois, qui avait eu connaissance des recherches de M. Simpson, commurniqua à l’Académie de médecine le résultat de ses expériences. Il s'était surtout posé la solution de ces deux problèmes : 4° L’éther suspend-il la douleur dans les opérations obstétricales ? 2° L’éther suspend-il les douleurs normales de laccouchement ?

Voici le récit que M. P. Dubois fit à l’Académie de médecine, du premier accouchement et de la première opération obstétricale qu’il effectua sur une femme éthérisée.

« Une fille de dix-huit ans, primipare, se présenta, le 8 février, à la Maternité, en travail depuis 38 heures. Lorsque je la vis, les douleurs étaient éloignées, languissantes ; je crus les ramener en percant les membranes, ce fut vainement; une dose de seigle ergoté fut également impuissante.

« Je me décidai à appliquer le forceps; mais avant, je voulus soumettre la patiente aux inhalations de l’éther , ce qu’elle n’accepta qu'avec une sorte de répugnance et sans en comprendre le but. Après six minutes, l’insensibilité parut complète. F’introduisis une branche du forceps, mais la malade fit un mouvement violent de la cuisse qui dérangea la manœuvre. Je la soumis de nou-

(1) Gazette des hôpitaux, 30 janvier 1847,

239 ur PART. — APPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES

veau aux inspirations d’éther, qui, après deux minutes , produisirent un sommeil comme stertoreux. Je pus alors appliquer les deux branches du forceps; la tête fut saisie, extraite très-facilement, sans que j'éprouvasse la moindre résistance par les contractions périnéales et sans provoquer la moindre apparence de douleur.

« L'enfant naquit vivant, il cria immédiatement; les pulsations du cordon étaient à 160. Avait-il souffert? Cette augmentation dans le nombre des pulsations était-elle due à la longueur de l'accouchement ou à l'influence de l’éther ? Ce que je peux dire en ce moment, c’est que nous retrouverons cette augmentation dans un autre cas où je n’ai pu invoquer la circonstance d’un accouchement laborieux. Quoi qu’il en soit, dix minutes après, l'enfant allait très-bien.

« Quant à la mère, elle reprit rapidement connaissance, et lui demandant si elle était accouchée, elle porta comme instinctivement les mains sur le ventre et me répondit que oui, mais en assurant qu’elle ne se le rappelait pas. Évidemment elle n’avait pas eu conscience de ce qui s'était passé. »

Trois autres femmes en travail furent soumises aux inhalations éthérées par le savant professeur d’accouchementis, pour lui indiquer si les contractions utérines persistaient sous l'influence de l’éther, si celles des muscles abdominaux n'étaient

point abs Les résultats répondirent affirmativement.

Le lendemain, M. le professeur P. Dubois appliquait le forceps avec le même succès chez une autre primipare de 19 ans, dont le travail durait depuis 36 heures, mais avec lenteur et ayant produit une fatigue extrême.

À côté de ces observations de MM. P. Dubois et Fournier-Deschamps , je dois placer les trois premicres du mémoire de M. Simpson, et quelques autres qui ont été publiées par MM Stoltz, de Strasbourg , Chaïlly-Honoré , Protheroe-Smith , Malle, Bonnet, de Lyon, etc.

Le fait de M. Chailly-Honoré est des plus remarquables. On avait à surmonter une sensibilité tout à fait insolite de l’anneau vulvaire , la constriction de cette partie, et un léger rétrécissement du bassin. Le forceps fut appliqué après un travail de 59 heures, sans douleur, sans déchirure du périnée et sans aucun accident ultérieur ni pour la mère ni pour l'enfant (1).

M. Protheroe-Smith a rapporté trois cas d’application du forceps qui n’ont éveillé aucune douleur, et qui ont aussi été suivis du succès le plus complet. Dans un de ces cas, le bassin présentait cette déformation que Nægele a désignée sous le nom d’oblique ovalaire (2).

(1) Bulletin de l’ Acad. de méd., 31 mars 1847, t. XII, p. 442. (2) Union médicale, 29 juillet.

234 I PART. — APPLICATIONS ee

M. Stoltz, de Strasbourg, a rapporté avec détails un cas de version qu’il a pratiqué sur une fille dont l’accouchement avait été déterminé prématurément par une chute sur le ventre. L’utérus s'est contracté constamment avec une énergie remarquable, et la violence de ces contractions a apporté quelques obstacles à l'opération obstétricale qui était pratiquée; ce qui, suivant M. Stoltz, autoriserait cetle conclusion, que : « L’éthérisation ne fait pas cesser la résistance que la matrice oppose à l'introduction de la main dans sa cavité, et ne facilite ni la version, ni l'extraction du fœtus (1). »

Les cas que je viens de citer sont conformes à tous ceux quiont été rapportés par d’autres praticiens, pour ce qui a rapport aux opérations obstétricales. MM. Malle et Bonnet, de Lyon, Sieboldt, en Allemagne, n’ont eu qu’à se louer du succès. M. P. Dubois rapporte en outre dans son mémoire, que le 25 janvier, une opération césarienne a été pratiquée en Angleterre, sur une femme éthérisée, qu'elle à eu lieu dans les circonstances les plus favorables et qu’elle a eu les conséquences les plus heureuses.

De ces faits, nous pouvons parfaitement conclure avec M. Dubois, que l’éther abolit toujours la douleur dans les opérations obstétricales.

On peut même ajouter qu’il l’anéantit constamment dans l’accouchement naturel.

(1) Gazette médicale de Strasbourg , 27 mars.

Les conclusions que les auteurs que j'ai cités ont tirées de leur pratique, vont me permettre maintenant de discuter l’opportunité et les contre-indications des inhalations d’éther.

Je me poserai donc ces deux questions :

1° L’éther doit-il être employé dans les opérations obstétricales? 2° Les inhalations éthérées sontelles applicables à l'accouchement naturel?

1° L’éther doit-il être employé dans les opérations obstétricales? La solution de cette question exige une connaissance parfaite de l’action de l’éther sur les contractions utérines. Dans tous les cas que j’ai rapporlés, ces contractions ont été maintenues normales ou même augmentées. M. Protheroe- Smith les a vues quelquefois suspendues, mais il attribue cette suspension momentanée à l'émotion des malades. M. Bouvier a communiqué, le premier, à Académie de médecine, un cas dans lequel les contractions utérines avaient été paralysées et le travail suspendu par les inhalations d’éther. C’était sur une femme de 26 ans, qui avait eu son premier enfant { ans auparavant ; elle avait ressenti les premières douleurs vers 3 ou 4 heures du matin. « Quand je la vis vers 9 heures, dit M. Bouvier, les contractions utérines étaient énergiques, prolongées, et revenaient toutes les 2 ou 3 minutes: le col était en partie effacé, son orifice un peu plus large qu’une pièce de cinq francs; la poche des eaux commencçait à se former ; on reconnut une

présentation du sommet. C’est à ce moment que la femme fut soumise aux inhalations d’éther, au moyen de l'appareil généralement usité. Elle se plaignit d’abord d’être suffoquée par la vapeur d’éther, et il fallut à plusieurs reprises interrom pre les aspirations; puis elle éprouva une agitation assez vive, lorsque les perceptions commencèrent à se troubler. Enfin, au bout de 8 minutes, qui se réduisent à 4 ou 5, si l’on ne tient compte que du temps employé à respirer par le tube, elle tomba dans l’état qu’on est convenu d’appeler le sommeil produit par l’éther ; je retirai l'appareil : le pouls était accéléré, la face très-colorée, la respiration un peu ronflante, la sensibilité nulle quand on pinçait la peau, les yeux étaient fermés, il y avait encore eu 2 ou à contractions utérines avant que Ja femme fût plongée dans cet assoupissement, elles cessèrent alors complétement et le travail resta suspendu. Le réveil eut lieu par degrés ; au bout de quelques minutes, les idées, d’abord confuses, ne tardèrent pas à reprendre toute leur netteté; la sensibilité reparut. Ce ne fut que 10 minutes plus tard que la femme se plaignit de quelques tranchées, et que l’on sentit de nouveau le globe utérin se durcir. Les contractions ne se ranimèrent toutefois que lentement, et restèrent faibles et rares pendant près d’une demi-heure; trois quarts d'heure s'étaient écoulés depuis la suspension du travail, qu'il n’avait pas encore repristoute l’activité qu’il

présentait avant ladministration de l’éther. Les contractions ne se reproduisaient que toutes les lou 5 minutes, et avec un peu moins de persistance et d'intensité qu’une heure auparavant; bientôt pourtant elles atteignirent leur dernière période, et l'accouchement se termina heureusement à 11 heures, 2 heures après les premières inspirations d’éther. Il est à remarquer que du moment où les contractions avaient cessé, le col utérin avait offert une mollesse et une flaccidité qu’il conserva jusqu'à la fin du travail, même pendant les plus fortes douleurs ; tandis qu'auparavant il était assez ferme, quoique mince il se tendait à chaque contraction de l’organe. »

M. Bouvier attribue ce relâchement de l'utérus à l'emploi précoce des vapeurs d’éther, qui pouvaient parfaitement surmonter l'effort de la matrice au début du travail, mais qui demeurent impuissantes quand le travail arrivé à son terme, sollicite irrésistiblement les contractions utérines (4).

Du 25 mars au 14 avril, M. Sieboldt soumit huit femmes en travail aux inhalations éthérées ; chez toutes on produisit une ébriété plus ou moins complète; chez toutes l’éthérisme aboutit à la suppression des contractions utérines, « alors même que peu de temps auparavant elles se montraient des plus intenses (2). »

(1) Bulletin de V’ Acad. roy. de méd., 31 mars 1847, t. XIL p, 453, (2) Comptes rendus de l'Université de Gættingue, 10 mai.

Si, comme je l’ai déjà dit et comme il est fort probable, ce relâchement de l'utérus observé par Sieboldt, est dû à l'influence des éthérisations prolongées; en un mot, si à l’aide de l’éther on peut à volonté activer, ralentir et même éteindre complétement les contractions utérines, je crois que dans cet agent l’accoucheur possédera un moyen à l’aide duquel il pourra réaliser toutes les conditions les plus favorables aux opérations obstétricales.

Supprimer la douleur dans toutes ces opérations est certainement un immense bienfait, et tous les accoucheurs peuvent l’apprécier. L’éther, qui le réalise, a de plus l’avantage de maintenir la femme dans une immobilité très-propice aux manœuvres opératoires. Le seul reproche qu’on pourrait lui adresser avec M. Stoltz, ce Serait d'accroître la contractilité utérine alors qu’il serait besoin de la diminuer, comme par exemple dans les cas de version, et généralement dans toutes les opérations qui se pratiquent sur le fœtus encore contenu dans la matrice, et pendant le travail de l’accouchement. |

À l’aide du même moyen, on pourrait, suivant le besoin, réaliser deux conditions tout opposées, le relâchement et les contractions de l'utérus.

Il est à regretter que les expériences du professeur de Gœttingue n’aient pas été répétées en France; il serait du plus haut intérêt de connaître quelles sont les influences qui résultent de ces éthé-

risations prolongées qui amènent l’inertie utérine.

En définitive, les succès pour ainsi dire constants qui ont accompagné les opérations obstétricales pratiquées sous l'influence de l’éther, la suppression certaine de la douleur, l’immobilité des malades, nous autorisent, je crois, à conclure que les inhalations éthérées doivent être employées dans les opérations obstétricales. Telle est l'opinion de la plupart des accoucheurs qui ont eu recours à leur usage.

2° Les inhalations éthérées sont-elles applicables à l'accouchement naturel? — Nous trouvons les conclusions suivantes à la fin du Mémoire de M. P. Dubois :

1° Les inhalations d’éther peuvent suspendre les douleurs physiologiques de l'accouchement ;

2° Elles ne suspendent ni les contractions utérines, ni les contractions des muscles abdominaux ;

8 Elles affaiblissent la résistance naturelle du périnée ;

k° Elles n’ont pas paru agir défavorablement sur la santé et la vie de l’enfant.

Ces résultats ont été confirmés par tous ceux qui ont été obtenus soit en France soit en Angleterre. Qu’on leur ajoute : |

9° Que l’éther n'empêche ni ne retarde le retrait de l’utérus après l'accouchement (Pr. Smith) ;

6° Qu'il prévient les ruptures périnéales si fréquentes chez les primipares avancées en âge, d’a-

bord parce qu’il détermine le relâchement des muscles du périnée, et ensuite parce qu’il empêche la femme de se livrer à ces mouvements brusques que détermine la pression exercée par la tête du fœtus sur les parties génitales externes ;

7° Qu'il supprime la secousse nerveuse quelquefois si violente et les frayeurs qui accompagnent l'accouchement ;

8° Qu'il n’est jamais la source d'accidents pour la mère.

Je crois que ces huit conditions sont bien les plus favorables qu’il nous soit donné de réaliser pour l’heureuse terminaison de l’accouchement naturel. Les inhalations d’éther les déterminent constamment.

On est étonné que certains accoucheurs redoutent encore cet excès de conditions favorables et craignent de faire mentir certains mots de la Bible. Ils sont retenus par une prudence bien louable sans doute. Ilest à désirer que cette prudence commande une nouvelle expérimentation, et que la connaissance des effets d’un médicament aussi important que l’éther puisse donner à tous les praticiens une parfaite sécurité dans son emploi.

Presque tous les accoucheurs anglais, et surtout MM. Simpson et Protheroë-Smith, n’ont eu qu’à se louer des inhalations d’éther dans les accouchements naturels.

Voici, du reste, le relevé des cas d’accouche-

ments naturels ou d'opérations obstétricales qui ont été publiés à ma connaissance et dans lesquels les inhalations d’éther ont été employées :

M. Simpson, plus de 50 fois (1); — M. Sieboldt, 10 fois ; — Stoltz, 3 fois; — P. Dubois, 5 fois ; — Füflel (de Perth), 8 accouchements naturels ; — Hammer (de Manheim), 1; — Kiel (de Nuremberg), 1; — lournier-Deschamps, 4 accouchement par le iorceps ; — Jungmann (de Prague), 4 forceps ; — Scangori, 4 forceps et 1 opération césarienne: — Skey, 1 opération césarienne ; — Bouvier, 1 forceps : — Wallmann, 8 forceps ; — Chailly-Honoré, 1 for ceps ; — Jules Roux, de Toulon, 1; — Bonnet, de Lyon, Î forceps ; — Malle, 4 forceps.

En tout 92 cas. |

Page 1