‹ Des effets secondaires de la solidarité passiveChapitre 15 sur 45 · Tissier. Loc. cit · texte numérisé non relu

Tissier. Loc. cit

importance a prise cette idée dont Pothier ne parle nulle part et qui est en réalité d’origine très récente dans la doctrine : l’idée du mandat que les codébiteurs solidaires se sont donnés les uns aux autres.

Il y a quelque chose de trop absolu dans cette affirmation. L'idée de représentation entre codébiteurs solidaires a des origines plus lointaines que ne le pense M. Tissier. C’est à la fin du xvu® siècle, en effet, qu’elle apparaît sous la plume de Renusson (1). Elle est formulée par lui en termes très nets : « On présume, écrit Renusson, qu’étant tous obligés à la même dette et pour la même cause, ils se communiquent tout ce qui les regarde en commun ; ils sont considérés comme mandataires respectivement les uns des autres. » Et plus loin (2) : « Le créancier, au contraire, dit que la poursuite qu'il a faite contre un des obligés est réputée faite contre tous, que l’un des obligés solidairement représente tous les autres. » De même Dunod (3), pour expliquer la règle qui forme aujourd’hui l’article 1206 du Code civil, fait appel à l’idée de mandat : « Comme on peut exiger la dette d’un seul, dit-il, l’interruption peut se faire

avec lui par une juste conséquence, comme étant

1. Renussox. Traité de la subrogation, 1685, ch. VII,p. 47, col. 2, n° 27.

2, No 29.

3. Dunon ps CuarnaGe. Trailé des prescriptions, 1788, 4° édit., 1815, p. 58.

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