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terme de philosophie chrétienne. Il est du plus haut intérêt pour l'Église que la dogmatique philosophique soit nettement séparée de la dogmatique positive et exposée à part, comme l’apologie et la démonstration théorique de cette dernière: car le christianisme ne peut se dispenser de légitimer la vérité de ses dogmes aux yeux de la raison; et la dogmatique, en tant que positive, ne peut faire dépendre la vérité de ses affirmations des décisions d'une époque, d’une école ou d’une individualité particulière !.
La dogmatique philosophique est appelée à s'occuper des éléments anthropologiques et historiques qui apparaissent dans le développement religieux de la vie humaine pour constituer le dogme chrétien. Elle combine ainsi l’apologétique avec les prolégomènes de la dogmatique, deux sciences auxquelles, suivant Lange, on n’a pas consacré l'attention et les soins qu’elles méritent. Dans l'exposition scientifique de son objet, la dogmatique philosophique choisit de préférence la méthode progressive. La notion la plus élémentaire, propre au christianisme, est la conscience humaine, la vie de l’esprit : c’est par l’analyseet la description de cette source de la religion que commence la dogmatique philosophique. Elle conclut de cetexamen que la forme la plus élevée et la plus pure, sous laquelle puisse se présenter la rehgion, est la foi libre et active, telle que la produit le christianisme, dont le but suprême est l'union de la nature humaine et de la nature divine ?.
La dogmatique philosophique a terminé sa tâche, lorsqu'elle a montré de quelle manière la dogmatique
positive est déterminée par la doctrine ecclésiastique dont elle est chargée de démontrer le caractère idéal ou la vérité absolue. Seulement il ne faut pas que ce but soit atteint au détriment de ce que Lange appelle l’objéctivité de la doctrine ecclésiastique : car, dans ce cas, la conception rationnelle d’un individu, nécessairement bornée et imparfaite, viendrait se substituer à la concepton idéale de l’'Homme-Dieu. Aussi la dogmatique devra-t-elle se borner à exposer avec impartialité ceux des éléments positifs du christianisme dont elle ne parviendrait pas à démontrer le caractère idéal, après avoir rendu compte toutefois des essais qu’elle à faits pour résoudre les contradictions attachées aux mystères en question, et des difficultés insurmontables qu’elle a rencontrées, tout en nourrissant la ferme confiance que l'Église en trouvera un jour la solution. Le dogmatiste d’ailleurs peut être assuré de pouvoir toujours déterminer le caractère idéal des dogmes dont l’obscurité est sentie par ses contemporains : le Saint-Esprit donne à Chaque époque, suivant la mesure de ses besoins, lintelligence des parties encore voilées de la doctrine chrétienne.
La dogmatique positive, comme principe social de l'Église et comme norme de Ja foi chrétienne, ne peut êlre exposée que dans ses rapports avec les preuves historiques sur lesquelles s'appuient cette Eglise et cette foi. Elle prend son point de départ dans la théologie biblique ; elle suit la marche du développement historique du dogme et aspire ainsi à devenir, si l'on peut dire ainsi, la conscience scientifique de l’Église actuelle.
Les véritables sources de la dogmatique positive ne sont donc point les systèmes de lathéologienés danslesécoles, encore moins les opinions populaires répandues dans l'Église, ni surtout les conceptions particulières à tel ou à tel individu; elle interroge les documents qui constituent son caractère positif, savoir les livres sacrés. Gependant la dogmatique ne devra pas considérer la Bible comme un code abstrait, mais comme le livre de la vie ou du développement organique de l'Église. Quant aux matériaux qu’elle emprunte à l’Écriture, il faut que l'Esprit divin qui les y a déposés et qui agit encore aujourd'hui dans l'Église lui en explique le sens; de même il faut qu’elle compare avec la vérité scripturaire les notions qu'elle puise dans les confessions de foi et les symboles de l'Église!. Il est donc de toute impossibilité que la dogmatique positive accomplisse sa tâche, sans le concours de la critique dont la dogmatique philosophique lui à d’ailleurs déjà fourni les règles et les principes : ces principes découlent du souverain principe qui est à la base de toutes les révélations divines et qui est la source de toute connaissance chrétienne, savoir la doctrine de l'Homme-Dieu, dans sa vérité éternelle, dans son apparition historique, dans son action continue sur le monde?.
Lange se félicite de ce que l’on reconnaisse de nos jours toujours davantage que la doctrine de l’'Homme- Dieu est le véritable principe de la dogmatique. C’est elle aussi qui lui fournit les éléments de sa division; la christologie idéale ou la théologie, la christologie réelle ou la sotériologie, et enfin la christologie infinie ou la