‹ Des Éléments Constitutifs de la Science DogmatiqueChapitre 2 sur 23 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Notre travail embrasse la matière contenue dans ce qu'on appelle communément l’introduction ou les prolégomènes à la dogmatique. Il s’en distingue, toutefois, en ce que le cadre dans lequel il se meut est beaucoup plus restreint. Nous avons omis à dessein les chapitres consacrés à l’analyse détaillée et approfondie des notions de religion et de révélation. Non qu'il soit indifférent pour la dogmatique d'admettre telle notion de la religion ou de la révélation de préférence à telle autre, mais les développements qu'exigerait une pareille étude nous paraissent trouver leur place naturelle dans un ouvrage d’apologétique ou de philosophie religieuse, plutôt que dans une introduction à la dogmatique. Nous avons négligé de même, comme étant de moindre importance, le chapitre qui traite de la division de la dogmatique. Quant à Phistoire de notre science, au lieu de la raconter depuis ses commencements jusqu'à nos jours, telle qu'on peut la lire dans chaque manuel, nous avons préféré reproduire le ta-

bleau animé du mouvement dogmatique des trente dernières années et caractériser brièvement la physionomie de cette science au temps où nous vivons.

Il nous reste à expliquer ce que nous entendons par éléments constitutifs de la science dogmatique. Toute personne, quelque peu familiarisée avec la matière, sait que la dogmatique est une science très-complexe. On ne pourrait, sans faire des réserves, la ranger au nombre des sciences spéculatives : car elle se distingue nettement de la philosophie en ce qu’elle se meut sur un terrain positif; il y a des données aprioristiques, des faits d'histoire avec lesquels 1l lui faut compter. Elle n’est pas non plus une science purement historique, car la réflexion, le raisonnement dialectique sont appelés à y jouer un certain rôle. La Bible, l’histoire des dogmes, la pensée individuelle réclament également leurs droits. Il faut donc déterminer avec précision la part qui revient à chacun de ces éléments, fixer leur rang de coordination ou de subordination, indiquer l’usage que la dogmatique doit faire de ces sources diverses qui sont mises à sa disposition. Un coup d'œil jeté sur l’état actuel de notre science suffira d’ailleurs pour faire comprendre l'importance attachée à ce que les auteurs allemands appellent, d’un nom un peu obscur, le principe de la dogmatique.

Notre travail se divisera en deux parties: la première contiendra un aperçu des principaux ouvrages récents de dogmatique et une analyse sommaire de la méthode suivie par leurs auteurs; dans la seconde nous résumerons nos propres vues sur les éléments constitutifs de cette science. On ne nous saura pas mauvais gré de la disproportion qui règne entre ces

deux parties. Dans la première, qui est plutôt historique, nous avons cherché à être aussi complet et impartial que possible, en donnant une idée exacte de la physionomie que présente actuellement la science dogmatique; nous avons voulu, dans la seconde, être surtout précis et succinct, en condensant dans le moins de pages possible les résultats auxquels nous a conduit l'étude de notre sujet.

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