CHAPITRE ONZIEME
Qaclquei mot», en rdtumiDt, sur le libre arbitra caitiolique.
J'ai déjà appuyé ^ dans l6 cburant de celte question, sur un des cÂtés les plus défeciueux du catholicisme : le fatalisme dégtiisé sous une apparence de liberté. Il eût peut-être éié plus méthodique de consacrer un cliapilre particulier à prouver , contre l'opinion générale, loale la rêalitédece fatalisme ; maisj'ai prcféréen donner la preuve à son véritable endroit, je veui dire à propos de l'hérésie de Pelage, Il n'est pas besoin, en effet, à cette occasion , de frapper à grands coups de livres ni d'accabler le lecteur sous un savant amas de ciia- Ilons, il suffisait de trouver le dofrme dans lequel, malgré ses protestations, le catholicisme a creusé un tombeau à la liberté ; puis le dogme trouvé d'en voir l'explication dans un docteur qui représentât lui seul toute l'orthodoxie Catholique. Ces conditions on tété résumées dans les articles de saint Thomas sur la grâce et le péché originel, ce péché, qui, pour en emprunter la définiiion au même auteur , enveloppe tellement et dans tous ses replis la nature hamainc, qu'il existe dans l'âme comme dans son véritable substrat, dans Adam comme dans sa principale cause, dans le sperme et dans la chair comme dans ses instruments. La
134 BLEUENTS DE L ETAT.
prescience a aassi été écartée comme contraire à la liberté, ainsi que cette parlie de la Providence qui ne aérait qu'une inquisition méticuleuse de Dieu dans li; domaine propre de rhumanité. Je ne reviendrai donc pas sur une discussion qui me semble avoir produit un résultat évident en aussi peu de paroles que possible, mais j'ai quelques mots à ajouter sur t'importancedu fatalisme catholique, et sur l'induction légitime qu'on ea peut tirer pour nier que la religion chrétienne soîtle necplus uUrà de l'esprit humain,
Il est constant par le bon sens et parThistoirequele développement des facultés de l'homme et leur satisfaction est le vrai travail do l'humanité. La liberté esi une faculté de conscience , elle ne peut donc manquer de se faire jour et de réclamer gradueUeiiient avec plus de force l'entier accomplissement de ses droits et de ses besoins; elle ne peut manquer de repousser dans l'ombre toute métaphysique, comme toute politique, comme toute religion qui ne saura pas la cimiprendre. Elle n'arrivera même jamais à se manifester dans toute sa plénitude que lorsqu'elle aura pénétré les esprits d'une conviction assez intime pour qu'on rejette dés l'abord toute religion et toute nnétaphysique qui nie la liberté I
i.Goo'^lc
QUESTION BELlGtEUSI.