CHAPITRE TROISIEME
Du principe d« la certiluJi;.
Va philosophe que je ne puis trop citer parce qu'il est UD des premiers de ce temps, quoique je ne le ciie I guère que pour le combattre, a établi trois principes | de cenilude, tranchant ainsi d'une manière assez facile la question pendante cnire toutes les philosophies qui n'en voulaienl chercher et reconnaiire qu'un seul. Mais pour avoir fail tenir l'œuf debout en cassant un peu de la coquille, a-t-il suffisamment écarté le doute et vidé le procès? je ne le pense pas. La distinction de ce qu'il appelle trois vies en nous est parfaitement juste : nous ne pouvons arriver à croire de la même façon pour ce qui regarde la nature , pour ce qui rtgarde le moi, pour ce qui regarde nos sembliibles. Mais constater nos différents moyens de connaître, c'est tourner la question de In certitude, ce n'est pas la résoudre. Quand on pai le de plusieurs principesdcceriiudc, c'est presque radier. Est-ce qu'il y a jam;iis [ilus il'un principe diins la rij;ueur ilu terme, et là où l'etpression se pirmct d'en dénimibi'iT plusieurs, l'esprit ne cherchc-t-il pas tou.iiurs le vrai, qui est unique ?
Le problème re^ie donc entier : quel est le principe deUceniiudc?
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QDXITION PHILOSUPHIQUB. 163
Le certain est la notioD subjective du vrai , c'est-à> dire que nous pouvons supposer quelques vérités eu dehors de notre certitude, mais que nous ne tenons pour vérité que ce que nous esltmona certain. Où trouver le principe de cette foi que rien no renverse ?
En d'autres termes, quelle est la faculté qui nous met le plus et le mieux en rapport avec le vrai par excellence, avec le vrai que nous cruyuns sans pouvoir en douter î
Quelle est la faculté, pourquoi pas quelle est la science , quelle est l'expérience, quelle est la iraditiont Parce qu'en dernière analyse, la certitude étant la forme subjective du vrai, le principe de la certitude doit se rencontrer dans le sujet, dans le moi qui croit et non pas en dehors de lui.
D'ailleurs, aucun des principes émis, l'expérience, l'observation psychnlogique , le consentement ne peuvent être séparément, même dans leur sphère, des principes de certitude. Quelque bien faite que soit une expérience, quelque lumineux que soit son résultat, elle donne sans doute le droit d'affirmer relativement , et même de la prendre pour base d'une légitime induction ; mais qu'il y a loin de là à la certitude. Quel est l'homme le plus adonné aux expériences, le plus èabitué Â les prendre pour règle de ses travaux, qui ne sent cependant que la foi qu'il leur accorde n'est que conditionnelle , et que s'il est certain , dans le sens vulgaire du mot , il n'a pas la certitude logique, c'està-dire celle qui ne peut ni s'augmenter ni se diminuer, . ni s' ébranler, ni tînir. Jecroisauxexpérienceiide Pascal sur la pesanteur de l'air; je ne crois pas qu'elles soient jamais démenties. Je conçois cependanl qu'on puisse
«H iutHnn* m x'ita.
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dëtr»re.OB«*aviée|)tai««loritéeB wbirtocbB*-' gement.
L'otnerv&tiAfl psydMogïiffte (indirede') tqooKfM peut-Are moins sujette à «elte îocertitade relative qoi dépcnâ 'de t'iâée qa'«e se faillies progrès >de 1« Goience, en phis incertaintt encore & cause de la <liveni((4'AfRnion éa e^nervateore. L'aperceptkm est m téno»gnage irrécusable et qui donne la vraie et 1o>giqa« certitude pour tout ce qui concerae l'acte de lai»eiiBée, da sentHneiit, ou de U volonté an isomen où il b'«Ak> tue. MaisfiOB«ercleest$rop tonaé pour ^'en la cou'- 'ndère coaime le prinoipe-deJacflriitade, c'en-l-din «oHmw la MUFce itBivâv^e ctonotre ctvfaioco dsM toutes ses applications.
Le c0BseniesteBtet3«trBflîttmi,'caToaa<t0rt'<leIe3 distiiigutT , «e «e BOnit que des «uasoes presqwe taper* ceptibles 4t ta mime oenlear, le «onsememew eite trat^icB Bimt de ttws nos moj^os de-cmnattre 4«8 plA «hmOelams et tes pios 4oWdiiK. Quand mètae toos h* ^mmes s'^hs^owaietn è vroire 'que Dte« , l'iiNferi , -est 'descendu sur la terrevous ta ferme iTofl aniBttl; lort • wèmeqne je ïe voudrais adinettre otma» possitile, «n criàmérieur «'«mpècheraft de letenir peur tifertani. I.a trtHiKtion n'est mtee pas «ne sovrce âe centHib «dans le doHiaiHefeistorkftn autioeJ on Iwrae aon aaia^ rhi.comiBetrtdevieadrait-rïle le priBCipede ta'«Mli* todel lataftique-s'y «ppHicfM, ïa'CODti^ftlefleMitoiiA qaelesdein esp6rieiN»flde)a0Mare«t4aiiioi,ia0B vciK «n thin 4a xileFdelouie la foil Qocâle «eativ- ^diction ! En venaile quoi ta-erllïque pedMiles'eKePcerf
i.Goo'^lc
m prii)(»p« ëe certitude à t'aida dnqse] dtfr cKieena et condamne le feux. Et « ce principe est leeoffieMemwfe ou l'aae des deux eipérieaces, comaieat f esprit serais il logiqnemeat certain en ro|aRt qw ce qui est ici U principe de certitude , là va périr sew la négattffli.
Enfin , ces trois choses réunies pear^t-eUes totma va priadpe de certttndeT Mais (fui ne veit qse troi» choses qui ne possèdent pas la terta de lacertlitnde ae peuvent la posséder dans leur agrégatioal Qu'un pcmcipe , en an mot , est un tout simple et bob un ctHnposâ de parties hétérogènes. Est-ce à dire que je lûe que ca qui est à )a fois confirma par l'^périence de» pbjrsieieas, l'tdiservatioH du psyebelesae. ta traditioii et kk consentement snivers^ de l'tomanité ne paisse éira certnm ? Non sans doute, car ce n'est pas la (juestMB, Mais je ne yms pas là, et avec raison, tepnncipedo la certitude, puisque je peux encore me demandw en, vertu de qucM cota est eertaia.
C'est là ce qu'il faut chercher. Rennona à la défini*^ tioa du cerUÎB.
C'est le vrai , par rapport à novs. Mais si , comme la dit Sacrale , les choses sont bdles à cause de la beauti , les choses ne sont vraies et nona ne les leaoaa pour certaines qa'i cause de ta Térité. Ce n'est qa'en eomparant telle ou telle donnée d'une science quelconque i notre notion du vrai , et qn' après l'avoir tnmvée cqofimne à cette notioa, que nous l'affirmoiu vraie ei qoa BOIS la metlom dans l'étroit trésor de notre certitude.
Quelle est donc en noas la facnlté qsi netis doime t'idéedu vrai, du vrai absolu, du vrai étemel, etnou» auroi» ansù ceUe gui nom donne le certain , on ce que noua coimaiaaoïM du vrai abiolu et étetae}. Or oeil»
168 ÉiÉuxins DB l'eut.
faculté «Bt celle qu'on a oomméG conception oa raison pure, et qui est, pour ainsi dire , celui des cent yeux de notre intelligence > qui contemple l'idéal. Qu'on cherche tant qu'on voudra le motif dernier de la croyance , la cause suprême de la foi , aprèi avoir pria nos instruments de connaissance, pour le principe mâmc de la connaissance, on est forcé d'en revenir, si on veut pousser la discussion au pied du mur, à la faculté des idées nécessaires.
Xe principe de la certitude est donc la raison pure ou conception.
A bien voir, ce principe de certitude est le même que celui des cartésiens et des géomètres: l'évidence. Il n'y a de parfaitement évident, en effet, que l'immuable, le simple, l'absolu, le nécessaire. Le contingent n'atteint jamais qu'une évidence bien moindre, et il ne l'a pas de soi comme le nécessaire. Enfin, son évidence propre reste toujours dépendante de ce qu'il y a de seulement évident au monde d'absolu. Les géomètres s'en refârent exactement à la raison pure, en prenant un certain nombre d'axiomes pour le point fixe oii ils ap* paient leur levier, les axiomes n'étant, en erfoI,.que les f<)rmules du nécessaire. Aussi, leur certitude s'a ppuyant immédiatement sur le principe de toute certitude est la plus incontestable dans le domaine des sciences. Seulement, cette expression d'évidence est mauvaise. Elle nespédHe pas d'objet, et cette indécision du terme peut coniluire à du graves erreurs. L'évidence est un mot qui ne dit rien parce qu'il est trop large. On peut prendre pour évidentes une foule de choses qui ne sont rien moins, parce qu'on enlend d'ordintiro par un fait évident, celui dont !«• contra-
i.Gooj^lc
QUBSTIOn FBnOSOPHtQtE. 1«7
dictoires no nous apparaissent pas. Au contraire, lorsqu'on dit : La raison pure est le principe de toute certitude, on indique une source précise, facile àtrouver et à éprouTer. Les vérités nécessaires sootde loutes les vérités les moins embarrassantes à reconnatire par leur nombre borné et le caractère d'absolu qui les distingue. Il y a cependant quelque difficulté dans l'application de ce critérium ; tout le monde ne pourrait peul-éiro pas s'en servir avec une parfaite justesse; mais tous les critérium ont leur difficulté, et pourvu qu'on ait une habitude suffisante de l'observation intérieure, pourvu qu'on sache consulter les opérations de son esprit, on arrivera sans trop do peine à fuir» usage de ce critérium de la conception.
D'ailleurs cette difficulté d'usage n'aura lien que dans les problèmes rares et compliqués, dont l'esprit humain ne peut se démêler qu'en déployant toute l'énergiode ses investigations. Dans les cas fréquents et ordina'res, le critérium de la conception s'exerce, sinon à l'insu de l'intelligence, ce qui est impossible, nu moins d'une façon qui nous est si hiibituellc, que nous ne prenons pas garde en ce cas  ta révélation de la conscience. Aussi, lorsqu'on veut appeler critérium l'instrument d'une vérification scientifique de notre connaissance, il faut dire qu'en général la conception est plus essentiellement principe que critérium. Sans doute, en tant que principe, elle est nécessairement le dernier critérium; mais dans la pratique, bien qu'elle existe toujours comme principe, lorsqu'il y a certitude logique, on se sert avec plus de fruit des autres crité- Ti,um. Elle prèle, pour ainsi dire, ses pouvoirs à l'expérience, à la p^chologic et au consentement, et en
f «8 tlJXBHn M 1*11».
Terra de la vérificatloii npid* qu'elle ttàn h Vintériew, ATeide de l'idée da mi, leaprocédé» de Térificatiim particolien i diaqne KîeaGo arrivent à noos doowr le certaiB.
AÎDsi, le principe de notre eerUUide est «s noi»même, et cela teul est >« {^orificatioB da créateor. Il nous a Mis pour croire, et la soaroe et la règle de la foi sont en nom. Poar les avoir cberchéofl ai debmi» combien ont dérivé pour finir par ne jeter l'aDcre qdq dans des sables mouvants- Il n'y a qu'à écouter la voix de la conception : cette confidente de l'absotn poiaMa seule le creuset o£i se sépare l'alliage de nos opiniona t il ne reste au fond qae l'inaltérable mêla) de la eertiiude.