‹ Des éléments de l'état ou cinq questions concernant la religion, laChapitre 23 sur 41 · CHAPITRE QDATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QDATRIEME

pu canctËre et du but de la philosophie.

C'est un carncière singulier de notre temps que la faaino et son mi^pris de l'abstraction. On esi tellement préoccupé, parmi crux qui sont comme les bras de la société, de tout ce qui est bien-être, industrie, inlérdts matériels, qu'il n'a pas manqué d'en monter quelque fumée à la tètedes penseurs. Le titre le plus ambitionné, le renom le plus solide qu'ils demandent à la gloire, Cest celui d'hommes pratiques, et ils n mortifierairat

i.Goo'^lc

QUESTION VBIiOMVanilR. IM

beaucoup ri on les soupçonnait d'âiro qetdeaeat det pensears. Ils veulent, sTant tout, èiro ce qu'ils appellent des hommes complais : il leur hnt loul i la Icna rimagioatîon ardente du poète, le génie médilati£ du (diilosopbe, l'babileié et l'iotrigve du négociant. Si oQ critique mal avisa les louait seulement de leur métaphysique, ils l'accuseraient de le& fragmenter, dft ne pas les comprendre. On ne fragmente pas les hom-« mes compietsl

Singaliëre manie t et qni n'est pas senlemenl an ridicule de la vanité de qttetqnes-uBS, mais nn système. ae Trai système, et qui donne à ses bizarrertes les plan hautes et les plus magnifiques raisons I Oa est étonné de le voir se produire dans les livres les plus sérieux , sous les plumes les plus importantes, et s'exprimer avec tant de chaleur et d'orgueil de lui-même qu'on est peiaè que pour si peu de chose il se dépense tant de conviction.

Certains philosophes ne veulent pas que le phiIoso< pbe soit plus spécialement une pensée qu'autre chose. Ils se refusent à toute catégorie qui te sépare des pra< phètes , presque même des poètes. Il leur semble qu'on le ehAtre parce qu'on applique à un objet particulier les forces de son intelligence. Cette opinion ne peut s'expliquer que par une préoccupation exclusive de leur philosophie. Sensation, sentiment, connaissance, voilà l'inscription de leur drapeau, leur cri de guerre, leur cri de ralliement. Ils ne sortent pas de là; sensation, sentiment, connaissance, et ils ont tout dit; et ces trois mots, pour eux, résument l'homme tout entier. Ce n'en est pourtant qu'une très faible partie. C'est tout simplement son mode de perception , c'est-à-dire

i,Goo«^lc

170 ' ÉLÉHIKTJ ht L'EUT.

un acte important, mais un seul acte de son moi. En admettant même la simultanéité inséparable do ces trois parties de la perception , il serait donc exagéré de les prendre pour l'explication de la vie humaine, et de s'en servir comme d'un dissolvant universel de toutes les opinions contraires. Il y a dans le moi, d'autres Jails bien plus considérables, qui méritaient autrement une sérieuse attention, la volonté par exemple, et qui ont le pou>oir de modifier essentieltement le joug uniforme avec lequel cette philosophie bâte tous tes esprits. Uaïs , sans m'étendro encore sur ce point, je nie qu'il y ait dans cette nouvelle expression de la formule de Leibnitz tontes les conséquences qu'on lui fait porter. Je sens, je perçois, je me senssentir et percevoir, celle triple opération en une seule n'est vraie que dans l'étroilesignification deses termes, et on la dépasse outre mesure lorsqu'on s'en fait un titre à placer le sentiment [dans l'acception vulgaire du mot) en tout lieu , et qu'on dénie à l'homme toute puissance d'abstraction. Sans doute, pour que j'acquière la moindre idée il faudra l'inlerveniion de mes sens , celle de mon intelligence, et aussi celle de ma conscience <iu de ce qui est en moi le sentiment de la vie du moi. Mais, de bonne foi , de pareilles prémisses, où le mot de sentiment est employé comme synonyme de conscience de l'éire, vont-elles me conduire légiiimementà une conclusion où le même mot de sentiment se retrouvera, i la vérité, mais dilaté jusqu'à être méconnaissable, signifiant à son ordinaire l'émotion, le mouvement do l'âme passionnée ? De pareilles prémisses, où il s'agit d'une question technique et précise do psychologie, serviront-elles de fondement à une théorie qui mêle le

i.Goo'^lc

QUBBTIOK PHILOSOPHI4IIB. 171

sentiment, l'émotion à toutes les aciiona de la viet Ainsi le mode lie perci'plinn, sensation, sentiment, connaissance, n'est pas en lui-même asâez caractéristique , assez humain si je puis dire , pnur expliquer la vie, ou comme ils disent, pour donner une furmute de l'humanité; mais aurait-il l'imporlance qui lui manque , il ne justifierait en rien tes théories qu'il tend à édifier.

Une autre cause de l'erreur de cette philosophie , c'est qu'elle ne fait point assez de cas de la volonté humaine. Elle prend bien une formule à Leibniiz , mais l'esprit de ce grand homme l'inspire moins que l'esprit de Spinosa. Sans s'attacher à une des opinions de Leibnitznù cet esprit se faille moins sentir, elle aurait marché droit à ce qui est en nous la force par excellence, la volonté. Elle, qui se prétend l'inierprète de la vie, elleauriiit surtout été frappéede cette parole de l'ancélre de la philosophie moderne et de la philosophie à venir : « Notre àme est architectonique dans les aca lions volontaires, o Elle n'eAt pas ainsi mis de côté ce qui est la vie propre de l'humanilé, la libarté , son activité sans contrôle. Elle l'eût élevée en la place principale qu'elle occupe en tout ce qui est humain. L'éternelle unité lui serait aussi bien apparue, et elle aurait tnieux'saisi ce second principe qu'Aristote faisait coêternel au premier, l'élcrnelle diversité. Au lieu dn ce brouillard épais, qui lui cache toutes les nuances, comme dans une forêt, oti la nuit l'arbre nous sembla un loup, le nuage un palais, etun mur une rivière, tout se serait plus nettement dessiné devant ses yeux. Dans l'ceuvre généra le lui seraient apparues toutes les œuvres partiçoliéres et leurs limites. Elle aurait reconnu dans

chaqtM iatritigW M e , dans ckatfo» am^trilit^aae tyk* daae* pvticalière, et la voloBié a'appliqaaal i la faire triov[rii«'«td(A(taw lotttm les aatre». EUftMvaiti^ Mlle teadiDce, tant&t par soa utioa i^^pre » Uette par celle de la volooté, a'i^traire eotièreseat du lesK du wuÀ', la pantoa htatwt teote pessée pour ètn pli» conptèmtest paHwa ; la peiné» écaner toiMi passion pour être mieux pensée. C'est un fait joomKi lier, cenoMiM pecl-oa le mécouBatlie T Oa défiait le eésis,«kwnti»efUqutcl)ereku9oii exi^easioa et qai 1^ trouve. Celte défiflilion ett plos ineiMte que toatea tes ash très. Le génie, c'est use Force l^e apfliquaal arec plu ottmoratdecoBceiMratUinsoillesefiliBtcot, sttitl'i^ée^ soit le KDlimeBt et l'id^ à la fois. Sans doute, absolit* ment, la tripltdié du noi est todissoluble. L'hamtneeat tOBJoar» boane, Ji qoe^qoe <^t qo'il coasaere &a viq c'est>à-dire qs'il est lovjours pwiaée, sentkneat , actt* vite; et cela tout ensemble. Hais qû soage à nier celai Le phikw^be, l'artiste, le UTaat,l'boninQ d'Éui, ment pins od mdaa par le etsur ctUBiae tous lei «■très howne* ; conms tous les aatres bomnieft il| vivent plus oa moins de la vie pabliqae, selon qa* les temps sont pitn ou iikâds Êivorables à la vie pt* Miqiie. £b ce poiat , ils sont conplèlement soos U loi romiBUBe, mais ce n'est pas U questioo. Peav*iit4l4 se séparer de ta vie commune dans te travail qai lew est propre? Peut^o être an grand philosophe , peot on faire le discours de la taéthode sait» cathdusiasiw Iramaaitaire, et dans le seul Intérêt de la peaséeî laeaKteslablement.— LaphiloaoIdlîee*tl3^cieBcedelavie;— me vnlà biea avancé. La conédie ansst est la seiesM de la vie. Donc la [Ailowphie est la même ebose qm U

i.Goo'^lc

qdcmwh iviuMomcfiiB. m

cemMie. Sanadeate op peot OTec bw cou p -dByoène (laos la tète, arec bemooop d'amoar diu le coenr, vrofr«iK!aTer^iwgie mUitsUve ^ienle prapi«4K fMleeepbe ; mais s«ai l'énergie mUkatàve Bcr«it<m ptrHeeepbnT Nob , vwUk donc l'étémeat aSèntaM , voilà ce qui fait le ptiitosep!», et le boa nos de I'Jmimmriié ae s'est pas tt-ompé tm ^tinj^ot depua twlAt ipntreinitleaDS, le {Ailmoptiedetoiis \m autre* lettrés, Itar son application spéctaie aa mite de la fensèe. -<— ht philosophe ne drfl&re des prophètes qoe par la 4tfllaoce qui le sépare de la naissance oh de la fin de> Mtigioiis. — €e serait déjà «ne diVÉreiwe,«aîs>Iy«B & de phis essentielles. L'inspàration est oonnime an phi- ItKVf^ tit -an propbjrte, mais ches celtiMsi l'impinAiMi remporte «nr le ratsotmemeat jfisqa'i en cAner tel appareooes, tm9m -t^vt cheice tai-M le tùbwmmiwM r^nporieav point d'étonSér dans la laneel'impintkm. <Ie n'«at qne-cetatdites-voaB. « O n'est Ti«n, c'«9t Q beanonip, et c'est leift. s Cainevrs «i ta dîfltificiiea de la philosophie et de la mission pro^iétique n'est qiTinie afeire de chronologie, comment se fttt~il que lomine les relatons «ont finies , la f^ émiiieHtb pbilosopMe de l'époqoe ne tenr «accède pas. Cest qn^ 7 a dans te prophète une nature , tme mission , me pviBsance qui ne sont pas celles du f^itosophe. Et 'OO sont ^ irien deoi nataree, denx nrissienB , detix ptri»fanées-, que da jcnr ob le prophète aora en f eirofe In penj^ <^ns le cercle de sa doctrine, ft otné de hri , ponriinsi dire, en mëmelFinpsqaeltrile phihnoplie Tëracntendreiine parole de doute on de M, peu importe, mais d'une foi qaiexamitte, d'un donte'qmdiïtffte. wbC0BiIlnsiR'n9'â(RRVTSâtTidtiti'dvn'i'vtrnTîBR>

174 iLBHENTS DE L ETAT.

la force de.rhoiniiic à c6té de la force de l'humanité et de la force de Dieu, car c'est seulement ainsi que nons aurons le réel, l'un et le multiple. L'esprit de l'humaniié est on, lesindividus ne se limitent doncque pard» nuances, mais ce soat ces nuances qn'il faut apercevoir pour ne pas ef&cer les individus.

Le caractère do la philosophie me parait être celuici : l'abstraction métaphysique. Car l'homme qui, aspirant à l'idéal , ainsi que le poète etle prophète, au lien de te peindre par l'imagination comme le premier , ou de s'en faire l'interprète direct et souvent même le représentant , comme lo second, voudra seulement l'étudier en lui-même et le connaître par les seules forces de son esprit, celui-là sera philosophe. Serait-il le plui étranger de tous aux bruits, aux passions, ans intérêts du monde, il sera philosophe : il sera le prêtre de la pensée. El qu'on ne s'imagine pas qu'un tel philosophe, pour n'être pas un homme complet, un homme pratique, ne tiendra passon rang parmiles législateurs de l'humanitél Il en sera peut-être le premier et le plus grand. L'idéal n'est pas toute la vie, mais il en est la règle et la source. Doocrinielligencequiseseraexclusivrmenidévouieâle contempler, la parole qui se sera consacrée sans réserve à l'expliquer, aura précisément remonté au principe des choses j elle aura tracé la route de la civilisation. L'esprit suffît pour connaître l'esprit. Ne condamnons donc pas la méditation solitaire, la méditation pour la méditation, car il se trouve en derEiière analyse que ce sont les penseurs les plus désintéressés , les penseurs qui ont laissé à d'autres le soin d'appliquir leurs principes, qui ont le plus aidé aus progrès de ^'humanité. La doctrine de fiacon est détestable dans la plus grande

i.Goo'^lc

QUESTION rBILOSOPHIQUI. lU

partie de Cfl qui concerne la pratique,âdniirable dans la plupart de ses préceptes. Descartes, dans son poêle, au fond de l'Allemagne, éiait-il un penseur méprisable, quoiqu'il ne pensât qu'à sa pensée? Et quand Leibnilz s'enferme pour établir son principe métaphysique des forces, et fait taire en lui tout ce qui n'est pas pure méditation, ne vdut-il pas bien Leibnilz fouillant par ordre les bibliothèques, pour écrire la sérénissime histoire de la maison de Brunswick ? Sans parler de préférence, dans quel cas est-il plus philosophe? Au reste, pas de théorie exclusive. Courez l'Europe, courez le monde, et vous pouvez être philosophe. Soyez ministre d'état , ambassadeur, courtisan, baron même, et vous pouvez être philosophe. Soyez prolétaire , révolutionnaire, ardent promoteur de la liberté et du progrès, n'ayant pas une idée que vous ne traduisiez en acte ou en projet pour le plus proche, et vous pouvez être philosophe. Soyez passionné, libertin, ballotté en tous sens par les orages de l'âme et par ceux du corps, et vous pouvez être philosophe. Mais aussi, restez dans votre cabinet, sage comme une vierge, indifférent à la politique, ami égoïste do votre science, et vous pourrez également être philosophe, grand philosophe.

Tel est le caractère de la philosophie : l'abstractioii métaphysique. On peut la définir elle-même (a science de l'idéal dont l'art est l'imitation. Quel est son bulT quelques-uns ne lui en voient plus dès qu'on la discerne de la religion : il est facile de montrer qu'elle en a un distinct. .

Le but de la religion est la foi. Le but de la philosophie est la connaissance. Un abîme entre ces deux buts. L'bumaoité a tout eosembhi le besoin de chercher sans lï

etme et le bcaote 6a tnarer pcMir m «eruin teofi^k l'aide des iedîTiibis, elle aocompUt ces den henàm cMindtctoiret. 11 y a loujoars parm eu Is ansM, qtii n'ayant ni ie teaif», « te goAt, ni l'iateHigence de h diBcsaig^ reot ud dogme tout fait répoBda«t & ses ta* ■tières relalin», «i qsi , la prenant à la fois par tom M iaatimcis, b ^aaverDe daM toMe ea vie. Il y a ms» da iatelligenoesphnou atoias sonbreaseB.Belos les temps, ^'nn iariDciblo dèek de ffionvement <éloigne de toota e^>èce de repoi. Gelles-U venlem croire aaisi, vak «vtdtt Mot, et conne oondition de la croyance, eHee veslent coaaaltre, c'est-ji-Jire sueir le vnri par l'efixt de la raiwD. Coex-ci«tMt les {dùlos^phes, les autres lei crayaMs. 11 oe fut rien oKâia qse la théorie sen^in*taie, qui se fonte asrla ttiéorio très pea seBlimwiUde dt Leibutz, pnr areoglM- l'esprit ear la réalité «t l'ntitilè de «eue niaaioa de la plnlosofrfiie : l'élaboratioii du idées. £n d^BtdvB, qui «ct-ceqsiiBènele «oodelLi ■éuphysiqve; a la Si^oa, il est vrai, de ces rois de rOrieH que knrs sajeta ne Toicnit janaia, et par l'iatermédiaire d'une fenile de nHiris^es, inai^ avec un pofr vmt réel'^oe n'«ntp*8 ta plupart de ces princes. I< sentiment, i la vérité, a plus do prise sar ie comaW des henmes. Mais le sentinnent, à qooi 8'aj^lique441 li ce o'ea à l'idée? Les clo<d>eB de la S«int-fiartkâei? lODoeMle massacre inanoAd». Ses tueurs aoctamesii i^adoBt dans tout Paris, les eofaBM eai-inéinesa'^ pitoyentpasIeBassassrafl.Quel déchaloeoieatdelapv siOD I Quel sentiment féroce! quel bouillennemeot ■■ eeeor! Maie, an dessous, qse le regard pénhre ce âol de «ing ■: t^e que le grave Neptune de ta oiy*fllW*

QvasiMB MUhoawaiftwz. m

^^Fftlt. Tons ces crimes, qui les soalirt T L'tK, ntb, no», la jasUca impaïaiivet l'iDamissibUtié de la justice. Le fleniiaieat sans doale eat une force comme tottt ce qai est dn aoî, mats pour qn'il passe de la vie iotèrieare & la vie eslérienre, de ta paissaoce active mais cachée à la puissance active et flasûfmtée, il lui faut ua otyet, et CM objet D'est autre cbose que l'idée. Donc le pbiUwopb», toDt ea restant lui-mAme étranger i la pastioB, en se bcHnant aa culte abstrait des idées, n'en émettra pas Bwii» de puissants qoblles de sentiment, n*aara pas odoÎds d'action et d'iuflueflce sur les bommcs, bien qu'ai' aidede sa volonié il se soit dégagé de leurs désirs et de leurs passions.

Ponrquoi donc pousser j(»qu'à ta naante la haine de l'abstraction? rbamaDité en vit, quoi qu'on eu dise. Les bomnea restent toujoan bomsMS, belle vérité que vous proclamex là ! Ils lestent toujours sentiment, volonté, intelligence ; qui vous le ctMtieste ? Cet être permanent, ils y pcrsér^nt en puissance sans aucun intervalle, mai» l'acte admet des divisions. Msons, au contraire : honneur A l'abstraction I te travail de l'humanité a besoin d'être divisé. Honneur à l'abstraction ) L'humanité se soneie bien des hommes complets dont l'ceuvre n'est que confusion et incertitude. Elle vent i chacun son ceovre, et que chacun la fosse de son mieux. Elle saura bien réunir tontes ces analyses et en foire ta synthèse i elle seule même en est capable. Mais si lo désordre s'in- Irodnit dans les esprito, si, sous le manteau de la synthèse, le trouble et le pélo-méle envahissent ta philosophie, si on prophétise au lieu de raisonner, si on prêche au lien de prouver, si le poète aligne en rimes des raii sonnementa informes, la soeiétA bavarde, elle n'étudie

1, G ooj^ le

17S ÉlÉUENTS ]>C l'état.

pas. Sans doute on doit étendre par tous lès moyens le champ de son csprif , et ce n'est pas des études que je prétende parler, qu'elles soient universelles s'il se peut, mais bien de rexpression et de la publication de la pensée. C'est là ce qu'il faut restreindre dans les justes limites de l'esprit de chacun. La philosophie est donc la science de l'idéa!, et son influence est toute dans les idées. Elle ne parle point aux masses, et lorsque M. Leroux cherche querelle à M. Cousin pour avoir dit que la vérilé est pour tous, mais la science pour peu, il faut que l'entraînement de la discussion lut ait fait prendre le parti de tout blâmer dans son adversaire. Il n'exprimait pourtant là qu'une vérité banale que le passé et le présent coniirmcDt sans la moindre exception, ei ce n'étiiit pas la peine, à ce propos, de crier : Arislocraiiel arisiocraiiel Ignoraniismeli^norantismel Depuis quand les savants sont-ils tout le monde? Depuis quand ne distingue-t-on plus les résultats de la science donitout le monde peut profiter, et les iravaux mêmes de la science qui oDt conduit le petit nombre ù ces résultais ? Si, dans l'avenir, la science devient le patrimoine de tous les membres de la société, je ne sais si les choses en irontmieux, mais, àcoupsùr, les hommes seront bien changés. Si, par avcmure, quelque homme de notre temps vivait assez pour voir les siècles mirifiques de la perfectibilité individuelle, il ne serait pas moins surpris que le naïf Candide et le bon Cacambo, lorsqu'EI Doradoleur ouvrit sa terre promise. Alors les rubis, les émeraudes el les autres pierres précieuses remplaceront nos cailloux, et les polissons de village joueront au palet avec ces émeraudes. Heureux âgesl En attendant, tenons-nous-en à nos cailloux.

i.Goo'^lc

QUBITIOK PEILOaOPHIQU£.

Page 1