CHAPITRE TROISIÈME
Avant d'entrer en plein dans la question, îlfaut encore en déterminer l'objet et en circonscrire les limites. C'est do la religion que je veux traiter, mais do quelle
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religion T comme il est dans mon dessein de ne mVn prendre qu*aus points culminants de la civilisation dans toutes les parties qui la constituent , c'est évidemment le Christianisme qui doit m'occuper. Mais quelle sorte deChrislianismeT.carily ena de bien des sortes, et pour les embrasser d'nn regard, malgré learcommnitaaié do nom , elles sont trop diverses et trop éloignées les unes des autres. C'est le seul catholicisme qui remplira le cadre de cette question , non par un choix arbitraire, mais parce qu'il me semble remplir tontes les conditions de suprématie qu'il est de mon sujet de re~ chercher.
Ici , j'ai besoin de m'élendre pour justifier mon assertion et ce qu'elle peut avoir, dans ses aspects, de condictoire à la loi du progrès. La Réforme a suivi le catholicisme, il est donc à parier qu'elle lui est supérieure. Telle est, en matière de progrès, une façon assez commune de raisonner. Pourtant le progrès ne doit pas ainsi être entendu comme une simple affaire chronologique: 1702 suit 1701, donc il vaut mieux que lui. Il faut distinguer l'bumaniié de l'homme et des hommes pour éviter ce qu'il y a tout ensemble de paradoxal et de puéril dans cette proposilion. En effet, le progrès contina n'a lieu que pour l'humanité et non pas pour les peuples en particulier. Une belle époque cbez uns une nation est toujours suivie d'une époque plus terne en couleur ; et les partisans du progrès de se débattre contre co fait, et de prouver contre l'évidence que le moins beau qui suit vaut mieux que le plus beau qui précède. Que de sueurs , que de cris , que de tours de foi ce en pure perle! L'œuvre commencée par vous se Mrminerapeut-élrcclicz vos voisins, pcul-êirc à l'autre
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QtESTION RBLIGUUSE. Id
boat du monde, qu'importe à l'humanilé I Par ceux-là comme par ceux-ci, son plan est rempli. Si les uns prétendent corriger et ne corrigent pas en effet , d'autres viendront qui réformeront avec plus d'efficacité. L'humanilé aie temps, le lieu et les hommes pour elle, quelques efforts perdus dans le vide ne peuvent l'embarrasser.
Je ne croirai donc contredire en rien les vrais principes de la perfectibilité, en ne considérant pas la réforme comme un progrès réel sur le catholicisme. Je pense qu'il faudrait ne pas l'avoir considérée avec attention dans ses commencements, ses auteurs et son dogme, ni en regard de tout le Catholicisme, pour soutenir avec quelque conviction qu'elle vaut mieux dans son ensemble. C'est à peine si quelques détails d'assez mince importance et de petits résultats paraissent plus rationnels que quelques parties de la doctrine catholique. Mais, au total, elle est à la fois moins logique, plus arbitraire , plus dure et plus oppressive. Puis en principe , les repl&trages sont mauvais. Les Néoplatoniciens réformaient aussi le paganisme sans en afficher la prétention , et dans d'autres vues que les révoltés du XTi* siècle, mais ils corrigeaient , épuraient le dogme antique. Je ne dis pas que leur réparation ne valût en soi quelque chose, mais elle n'empêcha pas la maison de tomber. Les réformateurs ont voulu remonter à la primitive église et s'y purifier. Mais l'esprit qui rclanrne au passé manque autant à ses lois que le fleuve qui retournerait vers sa source; et il le fait en vain, son retour est mensonger, et tout imaginaire.
La Uéforme ne peut être regardée comme un progrès que dans son intcption , qui était une rcvcndica-