MERE
rax techniquement satisfaisant (total ou subtotal) sont, à notre avis, des conditions indispensables au succès de la collapsothérapie.
Dans les formes fibro-caséeuses moyennement évolulives, les résultats sont meilleurs. Nous trouvons une proportion déjà intéressante de « guéris » et le taux des améliorations est un peu supérieur. Le pronostic reste ici assez variable, subordonné à des facteurs nombreux (âge de la maladie, étendue du pneumothorax...) ; il s'agit de cas d'espèces. Envisagés dans leur ensemble, les résultats sont encourageants.
Mais c'est surtout en comparant les résultats obtenus dans la première catégorie de malades (très évolutifs) et ceux que nous rangeons dans la troisième (faiblement évolutifs) qu'éclate l'importance en matière de pronosüc, du facteur étudié dans ce paragraphe : la tendance évolutive. Le taux des améliorés, dont la « guérison » n'est pas encore décidée, est ici important. Dans ces formes peu évolutives, les résultats sont souvent brillants quand l’unilatéralité est rigoureuse et l'état général bon. Ce sont des cas moins fréquemment observés dans la clientèle hospitalière que dans le milieu sanatorial. Ils représentent, dans notre statistique, un peu plus du tiers des cas traités.
En définitive, l'allure évolutive de la maladie influence grandement le pronostic : les résultats sont d'autant meilleurs que les formes traitées sont peu évolutives, peu intoricantes, peu fébriles ou apyrétiques. Bien qu'il ne comporte rien d’absolu (possibilité d'échecs dans des formes lorpides, s’opposant à des succès chtenus dans des cas très évolutifs), ce facteur nous paraît condition-
ner l'avenir au moins autant que l'état du poumon opposé. Assez récemment, Kindherg a insisté sur l'intérêt qu'il ÿ avait à intervenir aulant que possible en dehors d’une poussée évolutive, pendant une période de rémission. Etablissant sur cette donnée une statistique des formes chroniques, Prévost constate, dans sa thèse, que le pronostic des ulcéro-caséeuses extensives « paraît un peu meilleur lorsque le pneumothorax a été créé pendant une période de rémission de la maladie » ; quant aux formes ulcéro-fibreuses extensives « on est en droit d'attendre davantage du pneumothorax institué en période de rémission, mais surtout en ce qui concerne les améliorations ». Il rappelle toutefois les réserves que comporte une telle ligne de conduite : « ii faut savoir prévoir le rythme de la maladie » et se trouver en mesure d'intervenir « au premier signe alarmant qui doit forcer la main ».
d) Les signes d'auscultation.
Depuis que les méthodes d'investigation pulmonaire se sont enrichies de l'apport fourni par les rayons X, les cliniciens, les phtisiologues en particulier, n'ont pas omis de signaler les « défaillances » de la seule auscultation. Cependant les données fournies par l'oreille ne sont pas négligeables. Il est rare que les lésions du poumon, arrivées à un stade où elles imposent le pneumothorax, ne se traduisent pas par des signes d’auscullation témoignant de l'existence d’une infiltration fibro-caséeuse ou bien d'un processus de ramollissement ou
d’excavation. L'étendue des lésions, et par suite des signes d’auscultation, importe moins que leur nature.
Le pronostic nous paraît’ meilleur, d'une façon générale, lorsque l'examen ne révèle que des râles humides inspiratoires, plus ou moins confluents, sans signes cavitaires (infiltration) ; il est moins bon lorsque se perçcoivent des signes cavitaires indiscutables (souffle creux. gargouillements, éclat de la toux...)
Dans le premier cas, en eflet, on peut espérer qu'avec un décollement suffisant, le collapsus des régions lésées se fera bien. Au contraire, la présence de gros signes cavitaires caractérisant une excavalion déjà importante, entourée d’une zone de parenchyme induré (condensation péricavitaire), parfois véritable coque rigide, doit faire émettre quelque doute sur la réalisation d’un collapsus satisfaisant, même avec un décollement total. La persistance au sein d’un parenchyme affaissé d’une caverne maintenue béante par la rigidité du tissu environnant explique, dans certains cas, la médiocrité des résultats immédiats ou la lente amélioration de l’état général et fonctionnel.
En outre, et surtout lorsqu'il s’agit d'une caverne superficielle, il y a gros à parier pour l'existence d'adhérences susceptibles de réduire l'étendue du décollement pleural et d'empêcher par là même, le collapsus des régions les plus atteintes.
Cependant, dans quelques cas (obs. 41, 107), en dépit des signes cavitaires constatés, le pneumothorax a été total et suivi de résultats favorables. On ne saurait donc être absolu.