‹ Des éléments de pronostic chez les tuberculeux-pulmonaires traités par le pneumothorax artificielChapitre 29 sur 51 · LE COTÉ (GAUCHE OÙ DROIT) DU PNEUMOTHORAX · texte numérisé non relu

LE COTÉ (GAUCHE OÙ DROIT) DU PNEUMOTHORAX

L'opinion généralement admise est que le pneumothorax comporte un pronostic un peu meilleur lorsqu'il siège à gauche : il serait alors mieux toléré, contrairement à ce qu'on pourrait croire à priori, et donnerait des résultats plus souvent favorables.

Or nous comptons :

60 pneumothorax droits avec 25 résultats favorables.

67 pneumothorax gauches avec 26 résultats favorables.

Si nous faisons dans chacun des cas le pourcentage des résultats, nous obtenons :

41,66 % de succès dans les pneumothorax droits. 38,8 % de succès dans les pneumothorax gauches.

Nous ne sommes donc pas autorisés à adopter l’opinion classique. Il ne semble pas, d’après notre statistique, que l'on puisse tirer des déductions pronostiques du côté où siège le pneumothorax.

On a dit que les complications pleurales étaient moins fréquentes lorsque le pneumothorax siégeait à gauche. Sur ce point encore, le côté du pneumothorax nous paraît être indifférent.

2°) L'ÉTENDUE DU PNEUMOTHORAX.

Cet élément est autrement important. L'étendue du décollement des plèvres est habituellement apprécié par la radioscopie pratiquée dans toutes les positions vou-

lues. L'examen à l'écran montre tantôt une large zone d'adhérences, tantôt une ou des adhérences larges, épaisses ou filiformes, parfois simplement le point d'implantation pulmonaire d'une adhérence fine peu ou pas visible. Fe

Reprenant la classification communément adoptée pour Indiquer le degré de réalisation du pñeumothorax, nous dirons que celui-ci peut être lotal, subtotal, parüel grand ou petit.

a) « total », quand aucune adhérence n’entrave le décollement du poumon, celui-ci pouvant se ramasser autour du hile.

b) « subtotal » quand le poumon n'est retenu que par une adhérence simple ou double à la paroi, ou qu'il adhère à celle-ci sur une surface réduite, comme cela se voit assez fréquemment au sommet et sur la coupole diaphragmatique.

€) « pelit partiel », quand un lobe pulmonaire reste adhérent.

d) Le pneumothorax « partiel grand » groupe nombre de variétés entre les deux types précédents (sommet enuüèrement adhérent, base non décollée, pneumothorax en édredon, etc...) .

Il est d’ailleurs difficile d’assigner à ces types divers des limites précises et notamment au pneumothorax subtotal et au pneumothorax partiel (grand) ; certaines adhérences s’étirent assez rapidement et pratiquement sont inexistantes : on ne peut les assimiler à des adhérences rigides maintenant près de la paroi une région du poumon.

Cp

Ces réserves faites, nous comptons 25 pneumothorax « totaux ».

68 pneumothorax « subtotaux ».

25 pneumothorax « partiels (grands) ».

9 pneumothorax « petits partiels ».

La majorité de nos pneumothorax répond donc à la variété « subtotaux » (53,5 %), les « totaux » resteni, en somme peu nombreux (19,6 %), les « petits partiels » sont rares (7,08 %), les « grands partiels » représentent 19,6 % de nos cas. |

Le pourcentage des cas favorables dans chaque groupe est le suivant (améliorés et « guéris »):

Pneumothorax totaux : LORD G AS Pneumothorax subtotaux : (SORA Pneumothorax grands partiels : (6) = 24 % Pneumothorax petits partiels : (DÉS ES

Nous trouvons là confirmation de l'opinion classique qui accorde au pneumothorax total et subtotal, un pronostic bien meilleur qu’au pneumothorax partiel. Le pneumothorax total comporte en outre un pourcentage de cas favorables nettement plus élevé que le pneumothorax subtotal. Nous ne tenons pas un trop grand compile du taux des cas favorables fournis par le pneumothorax partiel petit, car notre statistique ne comprend qu'un nombre ‘assez restreint de ces cas. Le plus souvent, le pneumothorax petit partiel, non seulement n'amène pas de résultats bons et durables, mais encore il ne fournit pas les succès immédiats souvent observés dans les pneumothorax plus étendus.

Nous en rapportant maintenant à l'impression fournie par la lecture des observations, il nous semble que,

Du TT

dans le pneumothorax subtotal, l'existence d’une adhérence en bride de la base, fréquemment rencontrée, n'a pas de signification fâcheuse ; au contraire, l’existence d'une adhérence en bride du sommet, comporte un pronostic moins bon, sans doute parce que l'atteinte du sommet est plus fréquente. Dans quelques cas, une adhérence transversale falciforme nous a paru exercer une action d'arrêt favorable sur le déplacement du médiastin vers le côté opposé.

Mais à priori on ne peut attribuer à la localisation d'une adhérence qu'un intérêt relalf. Ce qu'il importe de connaître, ce sont les rapports topographiques respecüfs des lésions pulmonaires et des zones d’adhérence. Dans quelques-uns de nos cas, une forte adhérence empêche l'affaissement d'une caverne, sous-jacente à sa base d'implantation, atlénuant ainsi les heureux effets de la collapsothérapie ; une telle localisation est très préjudiciable au succès de la cure. Sans doute, la pratique de la thoracoscopie, premier temps d’une intervention libératrice, pourra-t-elle, dans quelques cas, supprimer ce facteur d'insuccès,.

Les mêmes considérations sont applicables à la localisation de la poche gazeuse : alors qu'un pneumothorax subtotal peut rester inopérant (observations de pneumothorax restés inopérants n°° 54, 64, 67, 69, 122) un pneumothorax partiel peut se révéler rapidement efficace surtout s’il est électivement localisé. (obs. 42, 62). Ainsi s'expliquent quelques - unes des exceptions à la règle générale (observation 62 : pneumothorax partiel de la base et cependant bon résultat maintenu pendant plusieurs années). |

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