‹ Des éléments de pronostic chez les tuberculeux-pulmonaires traités par le pneumothorax artificielChapitre 37 sur 51 · IV. COMPLICATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

IV. COMPLICATIONS DIVERSES

Nous envisagerons, sous ce litre, diverses complications d'observation plus rare que celles signalées précédemment (les accidents nerveux mis à part).

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1° Accidents cardiaques.

Dans 2 de nos observations (n° 11 et 29) sont menlionnés des troubles d’asystolie ou de subasystolie survenant après l'apparition d'une pleurésie. Chez l'un de ces malades (obs. 29), 1ls ne parurent pas très graves ; chez l’autre (obs. 11), qui présentait une maladie mitrale, ils devinrent inquiétants ; le malade mourut subitement au cours d'une perforation pulmonaire, à la suite d'une importante hémorragie intrapleurale.

Dans un troisième cas (obs. 10), chez une femme de 40 ans, hypertendue légère, tachycardique et albuminurique, apparut 3 mois après la création du pneumothorax, un syndrome d’'asphyxie lente avec somnolence, tachycardie, cyanose légère rapidement suivi de mort par collapsus cardiaque ; Fautopsie vient montrer l'existence d’une thrombose cardiaque du ventricule droit.

Ces accidents, heureusement rares, commandent une grande prudence dans la conduite du traitement (repos

au lit, oxygène, décompression, séjour à basse altitude.

2° Péricardile.

Deux fois (obs. 2, 54), chez des malades décédés depuis, ont été notés des signes de péricardite sèche passagère. Il ne semble pas que cette complication se soit montrée bien aggravante chez ces 2 sujets : elle ne s’est pas accompagnée de troubles cardiaques et n’est apparue en somme que comme un épiphénomène.

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3° Hémoplysies foudroyantes prenant naissance

dans le poumon comprimé.

Quatre malades de notre statistique (obs. 8, 17, 44. 50) sont morts d'hémoptysies abondantes ou subintrantes, l’un (n° 50) au bout de 3 mois de traitement (forme pneumonique), les autres au bout de 3 ans. Parmi ces derniers, lun (obs. 44) présentant une forme hémoptoïque, n'avait Jamais eu, pendant toute la cure, d'autre hémoptysie que celle qui occasionna la mort. Deux fois l’autopsie put être faite et montra l'existence d’un vaisseau ulcéré sur la paroi d'une caverne non comprimée (obs. 17, 50). Il faut ajouter que dans aucun de ces cas, le pneumothorax n'était total : il était seulement : subtotal une fois, grand partiel une fois et petit partiel deux fois. Bien que l’action hémostatique du pneumothorax soit surtout manifeste dans les hémoptysies congestives, beaucoup plus que dans celles relevant d’un processus ulcératif, on peut se demander si l'insuffisance du décollement pleural n’est pas responsable de la mort brusque dans ? de ces cas (obs. 17, 44). Chez le malade de l’obs. 8, une thoracoplastie avait été pratiquée, mais n'avait point amené la disparition des signes cavitaires du sommet.

4° Localisation de la tuberculose sur un autre organe.

Nous envisagerons successivement la tuberculose 1ntestinale, la laryngite tuberculeuse, la tuberculose rénale et ostéo-articulaire.

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a) Entérile luberculeuse.

Cette complication est assez fréquente ; dans notre stalistique, elle a été observée 6 fois du vivant du malade ‘(obs. 43; 49, 56, 73, 110, 121). 3 fois (obs. 49, 110, 121), elle est apparue alors que les résultats de la cure étaient déjà bien compromis par la bilatéralisation ; dans les 3 autres cas, elle a été la cause principale de la mort. Chez le malade de l'obs. 73, elle s'est manifestée par une hémorragie abondante, rapidement mortelle : et l’autopsie a fait découvrir des ulcérations surtout cœcales.

Celle complication comporte donc un très mauvais pronostic. Cependant, on tend aujourd'hui à la dépister très précocement et à la traiter autant qu'on le peut par l'intervention chirurgicale. Divers auteurs (Bonafé, etc.) ont publié des résultats favorables après intervention La sévérité du pronostic attaché à cette complication mériterait donc d'être tempérée de quelque optimisme (?)

b) Laryngite tuberculeuse.

La malade de l’obs. 25 a présenté peu après la consütution de son pneumothorax une laryngite tuberculeuse peu grave ; le pneumothorax était d'abord incomplet (grand partiel) ; avec un décollement plus étendu et un collapsus meilleur (pneumothorax devenu subtotal), les lésions laryngées ont guéri ; l’état de cette malade est aujourd'hui satisfaisant après plus de 6 ans de traitement. C’est le seul cas favorable de notre statistique (encore faut-1l remarquer que la laryngite est survenue très tôt après l'intervention).

Les autres cas relevés (obs. 7, 22) ne fournissent que des échdcs. Alors que la laryngite assombrit assez peu par elle-même le pronostic lorsqu'elle existe avant l'intervention, son apparition en cours de trailement est de fâcheux augure, car elle va de pair avec

l’'aggravation des lésions pulmonaires.

c) Tuberculose rénale.

Chez une de nos malades (obs. 4) l'atteinte tuberculeuse des deux reins a été diagnostiquée (et vérifiée à l’autopsie) ; elle est survenue à ütre de complication aggravante, la malade étant morte avant tout du fait de la bilatéralisation des lésions pulmonaires ; chez elle, le pneumothorax n'avait donné aucun résultat.

d) Tuberculose ostéo-articulaire.

Cette localisation qui s'est rencontré chez 2 de nos sujets (obs. 23, 29) comporte une signification fâcheuse. Ces deux malades présentaient en outre une albuminurie importante apparue consécutivement au pneumothorax compliqué de pleurésie purulente. L'un présenta des signes de bilatéralisation puis mourut de méningite (obs. 23) ; l’autre, porteur de volumineux abcès thoraciques développés au niveau des points de ponction de la plèvre, mourut de perforation pleuro-pulmonaire (obs. 20).

Nous voyons donc la tuberculose ostéo-articulaire accompagner dans ces 2? cas, un empyème tuberculeux à suppuration prolongée entraînant la dégénérescence amyloïde du rem.

De ce qui précède, il résulte, qu'en cours de trailement, toute localisation nouvelle de la tuberculose (nous ne parlons pas de la bilatéralisation) constitue un élément de pronostic défavorable. Quelques-unes de ces complications, l'entérite tuberculeuse notamment, viennent assez fréquemment compromettre par elles-mêmes les résultats de la cure. ;

D'autres, telles la laryngite tuberculeuse, la tuberculose ostéo-articulaire sont surtout les témoins de l’aggravalion de l’état pulmonaire ou de l’état général.

Signalons également que deux de nos malades son! morts de granulie généralisée (obs. 7, 47).

5° Néphrite subaiguë azométique.

Celte complication s’est produite chez deux sujets (obs 36, 70) qui sont morts dans le coma urémique compliqué de convulsions pour l’un deux. Chez tous les deux, ü existait en outre des hématuries importantes, des œdèemes et le taux de l'urée sanguine dépassait 1 gramme. Il est mutle d'insister sur la gravité d'une semblable complication survenant chez un tuberculeux pulmonaire, qu'il soit traité ou non par le pneumothorax.

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