OBSERVATIONS
Observation I (Personnelle).
Prise dans le service de M. le professeur Fournier.
Fernand D..., 11 ans 1/2.
Antécédents héréditaires. — Rien à signaler du côté du père. Mère morte dit-on d’une maladie de poitrine, elle toussait beaucoup au moment où l’enfant est venu au monde. Grands parents morts, de vieillesse et d’accident.
Antécédents collatéraux . — Le père a eu quatre enfants : un qui a 19 ans actuellement et est bien portant, un mort à 4 ans de la diphtérie. Un mort à 15 jours d’atrepsie. Le petit malade qui nous intéresse est le dernier né.
Antécédents personnels. Végétations adénoïdes. Trachéotomie faite à domicile le 16 mars 1898. L’enfant garde sa canule pendant 3 mois. La lésion a débuté le 5 mai 1898, c’est-à-dire environ 6 semaines après la trachéotomie.
Début autour de la plaie, l’enfant ayant encore la canule, par de petits boutons blanchâtres, occasionnant un prurit violent.
Traitement. — Cautérisation au nitrate d’argent. Disparition complète. Deux mois après, récidive, l’éruption gagne toute la
face antérieure de la poitrine jusqu’à 2 travers de doigt au-dessus du creux épigastrique, éruption symétrique, eo arc, de chaque côté.
Tout le cou est pris sauf au niveau des vertèbres cervicales où la peau est absolument saine.
Traitement. — Vaseline boriquée en larges applications.
A peu près à la même époque, début des lésions de la face par l’intérieur du nez du côté gauche. Grattage avec la curette par le Dr Boulay qui envoie le malade à M. le D"" Tennesson chez lequel il vient tous les vendredis pendant une année.
Traitement. — Grattage, pointes de feu, pas d’amélioration.
La lésion s’est propagée rapidement paraît-il, un mois après le début par le nez. Elle a envahi l’aile droite du nez et la joue du même côté puis successivement toute la face dorsale du nez et la joue gauche jusqu’au niveau du maxillaire inférieur.
Depuis 4 mois environ, la lésion s’est propagée à la lèvre inférieure et a gagné le menton avec deux arcades symétriques de chaque côté.
État actuel. — Toute la région antérieure de la poitrine est giiérie.Gicatrices blanchâtres indélébiles. Toute la face depuis le menton jusqu’aux arcades sourcillières, en passant par les paupières supérieures et déterminant un léger ectropion des paupières inférieures, toute la face, disons-nous, est envahie par une grande plaque rougeâtre présentant à peu près partout des squames blanchâtres assez larges sur les joues, plus fines sur la face dorsale du nez. Par places, sur la joue gauche, à un travers de doigt au-dessus de l’œil environ, croûtes noirâtres; le menton présente une éruption plus accentuée tuberculo-ulcérense avec croûtes jaune-verdâtres.
Orifices des narines très rétrécis, nez presque totalement
aplati, orifice buccal très rétréci, ce qui gêne beaucoup le petit malade pour prendre sa nourriture. Suintement séro-purulent au niveau des paupières inférieures et des placards croûteux.
A différents intervalles, légère démangeaison qui cesse d’ailleurs très rapidement.
Est entré dans le service de M. le Professeur Fournier il y a trois mois.
Traitement . — Pulvérisations d’eau boriquée. Depuis 6 semaines : lodure de potassium 2 cuillerées à soupe par jour. Injections de calomel (2 centigrammes) depuis un moisetdemi- Une injection par semaine ce qui fait six à l’heure actuelle. Quelques pointes de feu légères tous les 8 jours depuis un mois.
Le petit malade qui nous a donné tous les renseignements qui précèdent d’une façon fort intelligente constate que depuis le début des injections de calomel, la rougeur de la face s’est beaucoup atténuée, les croûtes sont moins abondantes, le suintement a énormément diminué.
Appétit conservé, bonne santé apparente.
Observation I L (Personnelle).
Service de M. le professeur Fournier. Lupus amélioré par les injections de calomel.
Léontine G..., 12 ans.
Antécédents héréditaires. — Rien de particulier.
Antécédents collatéraux. — Deux frères et deux sœurs, tous bien portants.
Antécédents personnels. — Rien à signaler jusqu’à Page de Husson 4
neui' ans. A cette époque la malade a eu mal aux yeux. L’affection a duré environ deux ans.
Le lupusdi débuté il y a 18 mois au niveau de l’angle du maxil- . laire inférieur par un petit bouton qui n’a pas occasionné de démangeaison. Au bout d’un mois, ulcération, puis la lésion s’est augmentée, a remonté vers l’oreille et a envahi la partie interne du pavillon de l’oreille en respectant néanmoins tout le pourtour externe. Durée de cette évolution : un mois.
Soignée dans sa famille pendant quinze mois.
Traitement. — Pommade auturbith ou pommade soufrée. Cataplasmes de fécule. Lavages à l’eau boriquée. Pansement à la vaseline. Aucune modification.
Envoyée h la consultation de Saint-Louis le 29 mai dernier.
Entrée dans le service de M. Fournier le mercredi 31 mai
Traitement. — Application de vaseline pendant huit jours.
Emplâtre rouge ensuite, continué d’ailleurs jusqu’à l’époque actuelle. Pas d’amélioration.
Depuis le commencement de juillel, traitement par le calomel, six piqûres de trois centigrammes faites à l’heure actuelle. Une tous les jours. Amélioration .
Etat actuel. — A peine quelques squames sur la peau cicatricielle par endroits. Lésion molle, quelques nodules peu sensibles. Lésions squammeuses avec croutelles légères surtout dans l’intérieur du pavillon de l’oreille.
Léger suintement persistant au niveau du point initial de la lésion.
Etat général en somme assez bon.
Malade présentéB à la société de dermatologie, avril 1899. (La
malade était déjà dans le service de M. Fournier lorsque nous
en faisions partie comme externe).
Maria S..., 20 ans. Couturière.
Antécédents héréditaires . — Mère morte il y a 19 ans. Père
bien portant. /
Antécédents collatéraux, — Deux sœurs bien portantes (du côté paternel).
Antécédents personnels. — Scarlatine à 11 ans. Rhumatismes à 13 ans. A 17 ans érysipèle qui a duré hn mois.
Il y a 9 ans, début de la lésion par un petit bouton h l’angle du maxillaire inférieur droit et, en même temps, au niveau de l’arcade sourcillière droite. Démangeaison. Grattage par la malade. Augmentation rapidement arrivée à la grandeur d’une pièce de cinq francs.
Soignée au début dans son pays à Briare. Traitement ??
Soignée à Paris il y a 6 ans, pendant 6 mois. Traitement??
A cette époque, les lésions augmentent, la/joue est presque totalement prise. Croûtes, ulcérations depuis l’oreille jusqu’à
l’os malaire.
Soignée ensuite à Orléans pendant 4 mois. Traitement : Acide pyrogallique. Cataplasmes de fécule. Amélioration, rougeur et croûtes diminuées. La malade n’a plus que des cicatrices blanchâtres et se croit guérie.
Venue à Paris il y a 4 ans. Entré dans le service après une nouvelle poussée, mais bien moins forte que la précédente.
Traitement. - Deux ou Li*ois fuis, pointes de feu, (tous les S jours).
A ce moment érysipèle qui dure un mois. On croit constater une amélioration passagère.
Puis emplâtre pyrogallique pendant 3 mois.
Pointes de feu ensuite pendant deux ans, amélioration très légère, lésion moins rouge, croûtes moins épaisses, mais pas de cicatrices blanchâtres comme précédemment.
Du mois de décembre 1898 au mois de mai 1899 :
Injections de calomel de 5 centigrammes. Une tous les Sjours. Mieux très sensible pendant 3 mois. Nouvelle poussée après la 12® injection. On cesse alors le traitement mercuriel pour ne plus faire que des pointes de feu et des scarifications tous les huit jours jusqu’à l’époque actuelle.
Etat actuel. — Les lésions lupiques ont envahi toute la joue droite. La peau est rétractée, cicatricielle par places. Au palper, nodules très légers. A peine quelques squames ça et là. La peau est rouge généralement, et rouge -brun par places seulement.
Les lésions sont plus accentuées sur les bords.
Au niveau de l’arcade souroillière, cicatrices blanches ; la lésion paraît guérie à ce niveau.
La malade prend actuellement du sirop iodo-tannique et du vin de gentiane. Elle n’a jamais pris d’huile de foie de morue, de pilulesde proto-iodure, d’iodure depotassium, ni de créosote.
Etat général bon.
Observation IV (personnelle).
Servicé de M. le professeur Fournier.
Lupus amélioré par injections de calomel.
Henriette E..., 13 ans.
A7i’ ècédents héréditaires . — Rien à signaler.
Antécédents collatéraux. — Quatre frères et une sœur bien portants. Elle est la troisième des enfants. Sa sœur qui est rainée a 18 ans.
Antécédents personnels. — Rougeole à 12 ans. Mal aux yeux
vers 10 ans, avec cécité presque complète pendant 1 an. Réta-
blie aujourd’hui.
Malformations dentaires. Stries transversales sur les deux
incisives médianes supérieures qui sont mal plantées, projetées en avant. /
Entrée il y a un an environ dans le service. ''
Diagnostic à Ventrée. — Lupus.
La lésion a débuté il y a un an par un petit bouton au niveau de l’angle du maxillaire inférieur droit. Prurit violent pendant 2 ou 3 mois, grattage par la malade, puis ulcération. Toute la joue a été envahie en trois mois.
Puis, la lésion a envahi la lèvre supérieure en commençant à
peu près au niveau de la commissure du côté gauche. Toute la
lèvre supérieure a d’abord été envahie, et l’éruption a gagné
l’aile droite du nez et la pointe en un mois environ.
Depuis 5 mois, la lèvre inférieure a été prise en débutant
encore par la commissure. Enfin il y a 2 mois, même processus
mais sous le menton. A cet endroit la lésion est linéaire, d’ep-
viron cinq centimètres de long sur 1/2 centimètre de large. La joue gauche a présenté depuis 4 ou 5 mois quelques lésions éruptives brûlées aussitôt après leur apparition, par des pointes de feu.
Mat actuel. — Toute la joue est prise comme nous l’avons décrit plus haut, mais toute la partie externe est en voie de régression. La peau est presque blanche. Au toucher, les nodules sont à peine sensibles. L’infiltration des téguments est légère. Au contraire, la lèvre supérieure présente des lésions rouge foncé avec croûtes jaunâtres. Les tissus sont infiltrés durs à la pression, mais indolores.
Traitement. — Il y a un an à son entrée dans le service : pointes de feu tous les 8 jours pendant 6 mois, — pas d’amélioration.
Il y a 3 mois, traitement par le calomel, 3 centigrammes par injection, IS^piqûres, la dernière a été faite il y a 8 jours. En même temps emplâtre de Yigo sur la joue. Amélioration très sensible constatée.
La malade est mise à l’huile de foie de morue l’hiver et prend actuellement du sirop iodo-tonique. — Etat général en somme bon.
Ob serv AT I on V
Tuberculose cutanée améliorée par le traitement mercuriel (par M. Danlos, présentée à la Société le 10 février 1898).
(Nous citons cette observation bien qu’elle soit en dehors du cadre que nous nous sommes tracé, parce qu’elle montre l’efficacité incontestablement probable du traitement anti-syphilitique sur les lésions tuberculeuses).
Homme de 25 ans atteint depuis longtemps de lésions incontestablement tuberculeuses. On note sur le haut de la poitrine et la région claviculaire gauche des cicatrices réticulées d’aspect typique ; une cependant, devant le sternum, est lisse et bordée de pigments comme dans certaines syphilides. Lé malade porte en outre sur les côtés du cou deux plaies ouvertes, à bords décollés, amincis, à bourgeons mollasses et blafards sécrétant un pus séreux.
11 y a de plus un abcès ganglionnaire en formation sur le côté du cou et sur le bras droit, dans la région épitrochléenne, une induration fusiforme, grosse comme l’index, longue de dix à douze centimètres, absolument indolente; lésion dont la malade ignore l’existence et qui paraît indépendante de toute lésion actuelle des téguments de la main. La voix est altérée sans signes positifs rationels ou physiques de tuberculose. Malgré l’aspect des lésions, le traitement mixte est institué (proto-iodure, 10 cent.. Kl 3 gr. par jour) et contre toute attente il se fait une amélioration rapide. L’une des plaies du cou se cicatrice, l’infiltration qui sous-tendait l’autre se réduit considérablement, et, au bras droit, la masse fusiforme semble se désagréger, le cordon diminue, au point que le jour de la présentation, on ne constate à ce niveau que deux ganglions épitrochléens superposés un peu -plus gros qu’à l’ordinaire. L’abcès
du cou n’est pas modifié. En somme amélioration notable.
Observation VI
Lupus guéri par les injections de calomel par le D’’ Asselbergs
(de Bruxelles),
Alice D..., 36 ans, atteinte de lupus tuberculo-ulcéreux du
visage et du cou se présente à ma clinique de l’Hospice du Gai-
vaire, le 2 février 1896. L’affection date de 7 ans, les nodosités et les ulcérations sont typiques de lupus ; la malade accuse que le mal a débuté h la joue droite, s’est manifesté ensuite sur la joue gauche, a continué progressivement sa marche envahissante sur le nez, le front, le menton et le cou. Il n’y a aucun signe de syphilis antérieure. Je lui proposai le curettage et la cautérisation. La malade refusant de s’y soumettre, je lui fis le même jour une injection de calomel. Les modifications furent immédiates et frappantes. L’infiltration des tissus malades diminua, les nodosités s’affaissèrent, les ulcérations se cicatrisèrent, et lorsque je pratiquai la dixième injection le 27 avri^ suivant, il ne restait plus de traces du mal primitif. Je fus heureux de pouvoir confirmer mon diagnostic de lupus, le 7 septembre suivant, lorsque ma malade se représenta avec une apparition nouvelle de quelques nodosités granuleuses typiques de lupus sur le lobule du nez. Trois injections de calomel les firent disparaître. Cette malade a été présentée à la société médico-
chirurgicale de Brabant le 29 juin 1897, complètement guérie.
Je l’ai revue le 22 novembre, la guérison s’est maintenue intégralement.
(Suivent 13 autres observations de lupus traitées par le calomel et dans lesquels Faction modificatrice s’est très nettement manifestée, depuis la simple réduction, jusqu’à la disparition complète de tous les éléments lupiques.
(Voir 1° Annales de Dermatologie et de sijphiligraphie^ T. 9, Ann. 1898). 2*^ Journal des maladies cutanées et syphilitiques., 1898).
Ob SÈR V ation V II
Epithélioma et lupus du nez avec dégénérescence colloïde en quelques points, par M. Petrini. Congrès allemand de dermatologie.
Ce cas concerne une malade chez laquelle il était survenu en 1893, six mois avant son entrée à riiôpital, une rougeur diffuse du nez et qui fut suivie de vésicules, de papules, de prurit et d'une hypertrophie considérable (tuméfaction) des papilles de la peaù.
Au moment de son admission, cette malade présentait un foyer lupique, typique, sur la joue droite et le lobule gauche de l’oreille.
Le nez était rouge, gros comme une noix, bourgeonnant en quelques points, recouvert de croûtes cornées ; quand on pressait sur les bords de l’infiltrat, il s’en écoulait un liquide purulent.
La malade, dans le huitième mois de sa.grossesse, était d’ailleurs bien portante. L’examen de masses énuclées du nez montra un épithéliome et un lupus, mais pas de bacilles tuberculeux.
En un point, on voit dans une même coupe du lupus typique, dans une autre de l’épithéliome typique. En outre, nombreuses papules en dégénérescence colloïde particulièrement sur les bords de la couche épidermique. Ce cas est excessivement rare puisqu’il s’agit ici de l’apparition primaire simultanée de lupus et d’épithôliome en un seul point, et non pas de la transforipation en cancroïde d’un lupus ancien.
Lupus tuberculeux et syphilides cutanées à petites papules, par
M. Petrini.
Homme de 22 ans, atteint de lupus de la face et de la fesse, de gommes scrofulo-tuberculeuses de la joue et de la cuisse. Chancre du frein il y a 3 mois. Syphilide papuleuse généralisée, à petits éléments confluents remarquable par l’uniformité d’aspect de ses éléments. L’auteur pense que l’existence du lupus a pu favoriser l’éclosion rapide et la confluence des manifestations syphilitiques. (Georges Tbibierge).
Observation IX
Syphilis ulcéreuse du nez par Neumann (Diagnostic à faire avec l’épithélioma). Société Viennoise de Dermatologie, 15 avril 1896,
M. Neumann présente une paysanne de 25 ans avec une syphilis ulcéreuse du nez. Sur le côté droit du nez, ulcère de 6 centimètres, atteignant la joue et la lèvre supérieure. L’aile droite du nez est en grande partie détruite, de sorte qu’on peut voir dans toute son étendue la cavité nasale, attendu que la cloison manque La racine du nez est considérablement élargie et aplatie, le dos du nez enfoncé, les caroncules lacrymaux tuméfiés, la paupière inférieure droite œdémateuse, la' lèvre supérieure tuméfiée. Le voile du palais, les amygdales, la voûte palatine et la luette manquent et présentent h droite des bords cicatriciels, à gauche, ulcérés. La paroi postérieure du
pharynx présente sur la ligne médiane une cicatrice étroite, d’un brillant tendineux, amincie, au-dessous de laquelle on arrive directement avec la sonde sur la colonne vertébrale. Sur le palais, à droite de la ligne médiane, ulcère qui a atteint l’os.
Observation X Pseudo-lupus syphilitique.
Cette observation a été recueillie et la malade présentée à la
société de dermatologie par notre ami Deschamps alors que
nous étions son collègue comme externe dans le service de M. le
professeur Fournier (juin 1896),
La nommée N..., âgée de 35 ans, domestique, couchée au n° 26 de la salle Henri IV.
Antécédents héréditaires. — Mère morte « de la poitrine ». Père mort de paralysie. Un frère mort « de la poitrine ». Trois frères et sœurs bien portants, pas de fausses-couches de la mère.
Antécédents personnels. — Jamais de maladie autre que celle qui l’amène à l’hôpital.
Pas de syphilis acquise, pas de stigmates de syphilis héréditaire.
A 13 ans début de la maladie actuelle, les ailes du nez ont été envahies toutes les deux ensemble. La lésion a commencé par un bouton qui s est recouvert d’une croûte recouvrant ellemême une ulcération.
Elle a été soignée une première fois à St-Louis en 1878 par M. le D'' Hilairet qui lui a lait des scarifications et donné de huile de foie de morue. Guérison après 6 mois de traitement,
Une cicatrice à la paroi antérieure du thorax, eüe date de Teiifance, la malade ne peut l’expliquer.
Deux injections de calomel de 5 centigrammes. Amélioration constatée. A la quatrième injection la guérison est presque complète.
Juillet 1896. — La malade est ramenée à la société. Le traite^ ment a été continué, on constate une amélioration extraordinaire.
Observation XI
Lupus tuberculeux amélioré par les injections de calomel.
Par M. du Castel. (Société de dermatologie, juin 1899),
Pauline Trie... 13 ans, entrée àPliopital le 13 février 1899, couchée au lit n® 24. 8alle Gibert.
Aniécédents héréditaires . Nuis.
Antécédents personnels. — Rougeoie à l’âge de 3 ans. Réglée depuis l’âge de 18 ans assez irrégulièrement.
A l’âge de 12 ans la malade est atteinte d’un lupus. qui débute sur la muqueuse masale à gauebe, s’étend assez rapidement gagne la lèvre supérieure, provoque une gêne considérable de la respiration.
Soignée aux Enfants assistés parla galvano-oaustique, elle sort de Phêpital après neuf mois de traitement, complètement .guérie. Pas d’autre maladie jusqu’au début de l’affection ac" tuelle ; la santé générale a toujours été excellente.. On ne constate aucun symptôme de bacillose.
La malade avait 17 ans quand débuta sur le lobule du nez la lésion actuelle qui progressa rapidement.
Quand la malade entra à l’hôpital le 13 lévrier 1899, (deuk anâ après le début de raffection),elle n’avait encore suivi aucun traitement sérieux. Depuis trois ou-quatre mois, elle prenait bien de l’huile de foie de morue, mais à doses très faibles, et très irrégulièrement.
Le lupus couvrait alors tout le nez, envahissait la lèvre supérieure considérablement épaissie et l’angle interne de l’œil gauche où il formait une masse assez considérable, bourgeonnante et ulcérée.
Les paupières de l’œil gauche étaient fortement œdématiées et la malade ne pouvait les entr’ouvrir qu’avec peine.
La lésion assez végétante présentait en plusieurs points des ulcérations.
Impossible de relever aucun antécédent, aucun stigmate de syphilis héréditaire ou acquise.
On mit la malade à l’huile de foie de morue, puis, il y a huit semaines fut faite la première injection de calomel (25 mars 1899). Les injections ont été continuées régulièrement à une semaine d’intervalle. La huitième a été pratiquée samedi 3 juin.
Le résultat du traitement parut d’abord négatif. Le lupus gagna même un peu de terrain sur les côtés du nez et, sur lajoue gauche près du coin de la bouche, parut un petit noyau qui
s’étendit et creusa la plaque ovale qu’on y voit actuellement. Les ulcérations étaient alors guéries.
C’est à la cinquième piqûre seulement qu’on commença à remarquer une amélioration sensible. La lèvre supérieure parut moins épaissie.
Depuis, les progrès se sont accentués, actuellement, l’angle de l’œil est presque complètement dégagé.
Sur le lobule du nez, la lésion, au lieu d’une masse confluente
ne présente plus que des tubercules assez bien isolés. Sur les ailes et les côtés du nez, les progrès sont encore plus sensibles. La lèvre supérieure a retrouvé en grande partie sa souplesse normale.
Les démangeaisons dont se plaignait la malade à son entrée dans le service ont entièrement disparu.
Les injections de calomel ont toujours été très bien supportées. Nullement douloureuses en elles-mmmes, elles n’ont jamais occasionné aucun malaise ; rien que des élancements en piqûre d’épingle qui commencent dix minutes environ après l’injection, se localisent dans la région nasale exclusivement, et ne durent jamais plus d’un quart d’heure, sans être jamais très pénibles.
Observation XII (Inédite).
(Le l*"" août 1899 il nous a été donné d’examiner ce malade venu à la consultation et qui nous a été envoyé par M. le D. Gaston).
II a été présenté à la société de dermatologie, maïs
nous ne sachions pas que son observation ait été publiée
au complet.
Louis A..., 37 ans. Célibataire.
Antécédents héréditaires. — Parents morts : mère : alcoolisme à 47 ans, père : gastrite (?)
Antécédents collatéraux. — Nuis : Deux frères et deux sœurs bien portants.
Antécédents personnels. — A 17 ans, congestion pulmonaire. A 19 ans, deux chancres mous au niveau du frein de la verge.
Soigné à Cherbourg pendant 22 jours par le Lafosse ancien médecin de marine (en 1882).
Pas de roséole, pas d’engorgement ganglionnaire, pas de céphalée.
Pas d’antécédents d’iiérédo-syphilis, du moins à ce que dit le malade.
En 1886, vers le mois de juillet, au niveau de l’angle du maxillaire inférieur gauche, apparition d’un bouton que le malade a gratté à cause de la démangeaison produite, et qui a augmenté ensuite rapidement.
Venu à Saint-Louis en 1887, le malade est soigné dans le service de M. le Dr Widal où il reste 6 mois: Traitement : pointes de feu et scarifications.
Dans l’intervalle, trois érysipèles qui ont paru modifier )a marche de la maladie.
Depuis, le malade en a eu deux encore, et le dernier il y a deux ans.
En 1887 la lé^on avait envahi les téguments de la joue et l’oreille même était prise. La lésion avait à ce moment la graodeur d’une paume de main, elle présentait par place des surfaces légèrement saillantes plus ou moins en arcs de cercles, à coloration cuivrée.
En 1888, malgré l’envahissement du larynx, une amélioration très sensible est constatée. Peau blanche, cicatricielle, il est vrai, mais plus de tubercules au dire du malade, lia quitté fhôpital.
De 1888 à 1896. — 'Rien ne se produit.
En 1896 nouvelle poussée qui envahit toute la face en un an. Détail à signaler : la lésion envahit le côté droit et est absolu-
ment symétrique à celle du côté gauche qui datait de 1886 c’està-dire dix ans auparavant.
Depuis 1896, même traitement que précédemment (pointes de feu et scarifications). Le traitement par le calomel n’est pas essayé une seule fois.
Lésions symétriques envahissant la région temporale des deux côtés. A première vue, la couleur cuivrée des lésions, certaines plaques mamelonnées en demi ou quart de cercle par endroits simulent absolument la syphilis.
La joue gauche est prise entièrement avec l’oreille du même côté. De même pour la région du cou, presque sur la ligne médiane.
Le nez est pris entièrement, la lésion est plus accentuée à gauche. Le lupus a envahi le nez avec douleurs persistantes formation de croûtes qui nécessitent un grattage.
Le côté gauche de la moustache est envahi par de fines squames blanchâtres sur un fond de coloration d’un rouge brun.
Du côté droit, les squames sont plus larges, les tubercules, plus saillants et plus nombreux. L’oreille est saine à droite, sauf pourtant en arrière où l’on constate l’apparition de la lésion.
En résumé : lésions luberculo-squameuses, circinées, interrompues çà et là par des plaques blanchâtres, cicatricielles. Coloration rouge brun par endroits, teinte cuivrée des téguments en d’autres points.
Le malade a, à l’heure actuelle, dés lésions pulmonaires qui ont permis par l’examen bactériologique que nous avons fait de ses crachats d’affirmer la tuberculose.