‹ Des éléments symtomatiques établissant le diagnostic différentiel entre le lupus, la syphilis et le cancer de la faceChapitre 8 sur 14 · DIAGNOSTIC CLINIQUE DE DEPITHÉLIOMA · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC CLINIQUE DE DEPITHÉLIOMA

Il est bien évident que nous ne parlerons que de Fépithélioma des téguments, puisque nous voulons le comparer à la tuberculose et aux syphilides cutanées. Il est d’ailleurs beaucoup moins fréquent que les lésions lupiques ou syphilitiques ; nous insisterons donc beaucoup moins sur cette partie de notre sujet.

D’ailleurs, l’épithélioma débute le plus souvent chez des malades âgés de 50 à 70 ans et non pas sur des sujets plus jeunes, chez lesquels nous rencontrons des lésions lupiques syphilitiques trois et vingt-huit ans ainsi que le dit notre maître M. Fournier.

Prenons un exemple de cancroïde et voyons ce que nous allons trouver.

Ou bien c’est une plaque superficielle, intéressant seulement les papilles du derme, ou bien d’un seul coup toute l’épaisseur de la peau est prise. Comment a débuté l’affection qui nous intéresse ?

C’est une petite excoriation dure, ou bien de petites croûtes jaune brun occasionnant un prurit insupportable, le malade les a grattées, elles sont tombées et ont laissé à leur place une petite surface excoriée qui aboutit au bout d’un temps plus ou moins long à l’ulcération.

il se forme alors une plaque rougeâtre, reposant sur une base dure, semée de granulations isolées ou au contraire agminées, grosses comme un grain de mil et même comme un pois. Ulcérées, elles se recouvrent de croûtes noirâtres à cause du sang desséché. Ces ulcérations ont un fond sanieux avec liquide visqueux ou sanguinolent, elles peuvent devenir profondes et envahir le squelette du nez par exemple, et perforer ensuite la voûte palatine. Le fond est quelquefois végétant et donne Taspect d’un choufleur, avec tout alentour, des bords taillés à pic.

Ces lésions déterminent souvent un prurit intense peu ou pas douloureux sauf dans le cas de formes très accentuées, et, chose essentielle à noter, on ne trouve pas toujours d’engorgement ganglionnaire, ni de généralisation, ni de cachexie. L’extension de l’épithéliome se fait dans ces cas avec une extrême lenteur ce qui rend le diagnostic souvent difficile et a fait donner à ces lésions par l’école anglaise le nom à^ulcus rodens.

Nous ne trouvons pas ce processus dans les cancers habituels. C’est justement cet envahissement des ganglions, cette généralisation et la marche rapide de l’afTection qui nous mettent sur la voie du diagnostic.

Nous passons à dessein sur l’épithélioma profond et sur l’épithéliome à forme papillaire^ dont les caractères sont plus faciles à reconnaître (généralisation à d’autres organes: verge, grandes lèvres, ombilic) avec engorgement ganglionnaire et cachexie relativement rapide (3 mois

à 3 ans). Nous signalons seulement cette difficulté très

grande pour le diagnostic dans le cas où l’épithélioma viendrait se greffer sur une plaque de lupus.

Encore une fois, le diagnostic sera difficile dans le cas de cancroïde superficiel, surtout si nous avons pu constater par rinterrogatoire du malade une tare tuberculeuse ou syphilitique, acquise ou héréditaire, remontant plus ou moins haut chez les ascendants, et nous pourrons le confondre avec un lupus exedens ou avec une syphilide tuberculo-ulcéreuse tertiaire.

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