C. Des embolies rétrogrades ou veineuses du poumon
Si l'artère pulmonaire, traversée par le sang de l'organisme tout t 2ntier, est le rendez-vous général de tous les caillots migratoires du «système veineux (1), les veines correspondantes, à leur tour, transportent quelquefois dans la circulation générale des masses obliléjiranles détachées de leurs adhérences ; le mécanisme qui préside au déplacement est identique dans l'un et l'autre cas.
Des concrétions sanguines, formées dans les veines du poumon, peuvent évidemment donner naissance à de pareils accidents; toutefois il est rare d'y rencontrer des coagulations semblables à celles qui se produisent sur d'autres points de l'économie; et les fonctions ^physiologiques de ces vaisseaux suffisent pour expliquer le fait. Les joobslructions qui peuvent y siéger se rattachent presque toujours aaux coagulumslogés dans l'oreillette gauche, lorsqu'elles ne proviennent point des fragments dissociés d'une tumeur voisine. Ce sont !<!des cas de cette espèce qui ont été presque exclusivement rapportés j par les auteurs. Chez un malade qui mourut d'un sphacèle pulmonnaire, Virchow découvrit des foyers gangréneux dans le mésentère; dans l'intérieur de ces masses putrides, on voyait plonger les ramitifications de l'artère mésentrique (2).
II faudrait, d'après le savant analomisle, attribuer ces dernières
(1) Excepté les vaisseaux tributaires de la veine porte.
(2) Virchow, Gcsammeltc abhaudlungen, p. 420.
lésions à la migration de caillots fibrineux formés dans les veines pulmonaires voisines du foyer: ces vaisseaux contenaient en effet des caillots imprégnés de matières putrides. Dans un autre cas de gangrène pulmonaire, le foyer mélastique s'était formé dans le cerveau (I).
On pourrait rapprocher de ces faits le cas intéressant que M. Lancereaux, alors interne de M. Rayer, a communiqué il y a quelques années à la Société anatomique (2). Le poumon gauche était en grande partie désorganisé par une masse encéphaloïde ; un fragment irrégulier, ressemblant un peu à un caillot fibrineux, mais qui d'après l'examen microscopique, était de structure cancéreuse, fut trouvé dans l'aorte. L'identité parfaite de ces deux produits morbides permet évidemment de leur assigner une origine commune; un débris de la tumeur pulmonaire aura voyagé à travers les veines et le cœur jusqu'au sein même de l'aorte.
Il serait assurément facile de multiplier les faits de ce genre par des recherches bibliographiques; mais nous nous contenterons, pour le moment, de rapporter l'observation remarquable que M. le Dr Vidal a publiée au commencement de l'année; elle offre à tous les égards un type excellent des lésions de celte espèce (3).