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OBSERVATION VIII

Oblitération t!e l'artère et de la veine crurales droites ; concrétions sanguines anciennes dans les ramifications de l'artère pulmonaire destinée au lobe inférieur du poumon.

B (Claudette), âgée de 77 ans, entre à l'infirmerie de la Salpêtrière, salle Saint-Denis, n° 19, le lSseptembre 1848.

(1) Virchow, en liant des branches volumineuses de l'artère pulmonaire, n'a point obtenu la gangrène des lobes correspondants.

Celle femme, d'une constitution chétive, offrait des symptômes d'emphysème pulmonaire compliqué d'une affection du cœur. Elle éprouvait des élouffemenls, des palpitations irrégulières, sans bruit vie souffle et sans œdème des membres inférieurs.

Quelques jours plus tard il s'est déclaré une pneumonie du côté gauche, qui céda promptementà un traitement approprié(tar!restibié, révulsifs). Pendant la convalescence, des symptômes inquiétants se manifestèrent du côté des organes digestifs : vomissements, langue sèche, soif vive, cpigastre très-sensible à la pression. Quelques sangsues furent appliquées à deux reprises différentes : il y eut une amélioration sensible; néanmoins la malade ne revint pas à un état complet de santé, et l'on vit persister une langueur prononcée de toutes les fonctions.

Le 24 octobre, douleurs très-vives, depuis deux jours, dans la jambe et la cuisse droites. Le membre affecté présentait des marbrures violacées, depuis le pied jusqu'à la partie inférieure de la cuisse. La douleur, qui remontait jusqu'à la crête iliaque, offrait son maximum. Au bout du pied, un œdème prononcé occupait les régions malades; la veine saphène était fortement tuméfiée : il y avait absence de battements artériels au pli de l'aine, et l'on sentait à ce niveau un cordon dur qu'on pouvait aussi bien rapporter à la veine qu'à l'artère.

Le diagnostic porté par M. Barth fut celui d'une oblitération simultanée des deux vaisseaux.

La gangrène s'étant nettement déclarée quelques jours plus lard, la mort eut lieu le 8 novembre.

Autopsie. — Les cavités du cœur contiennent des caillots mous et noirâtres. L'orifice aortique présente un léger rétrécissement , dù a l'accolement de deux valvules contiguës.

L'artère pulmonaire renferme un caillot volumineux, espèce cl demi-cylindre se terminant en biseau, dont la pointe est tournée "vers le cœur. Sa face plane répond aux oreillettes sur lesquelles il est couché. Ce caillot blanc, fibrineux, jaunâtre, est formé de cou-

— CSches stratifiées ; il se prolonge dans les deux branches de bifurcation et lés ramifications principales de l'artère ; mais en se prolongeant il se rapproche de plus en plus de la forme cylindrique de manière à obstruer complètement les petites ramifications de l'artère. Les branches obstruées sont celles qui se distribuent au lobe inférieur de chaque poumon, et à la moitié inférieure du lobe moyen droit; les branches qui se répandent dans les lobes supérieurs étaient parfaitement libres.

Le système artériel présente de nombreuses plaques calcaires.

Les artères du membre abdominal droit , à partir de l'iliaque externe, sont oblitérées par un caillot d'origine évidemment ancienne.

Les veines correspondantes offrent une oblitération qui commence au point où l'artère iliaque primitive droite croise la veine du même nom. Le caillot s'étend dans les veines iliaque primitive, iliaque externe, fémorale, saphène interne et externe, tibiale, péronière, etc., jusqu'au pied; mais arrivé là il offre beaucoup moins de consistance: il est mou, diffluent.

Les poumons sont emphysémateux, gorgés de sang noir; le bord postérieur du poumon gauche, vers la partie moyenne, présente une caverne remplie de sang noir, au milieu de laquelle flotte un lambeau de tissu pulmonaire, long de 3 pouces, d'un aspect gangréneux, mais sans odeur appréciable. Cette caverne, qui a le volume d'un petit œuf de poule, est complètement superficielle; sa paroi postérieure est formée par le feuillet viscéral de la plèvre. Le parenchyme ambiant est fortement induré.

Celle observation est fort remarquable par la grande étendue des concrétions sanguines qui occupaient divers points du système vasculaire; mais nous sommes fort éloigné de croire que l'obstruction de l'artère pulmonaire fût le résultat d'une coagulation spontanée; 1 existence de caillots fort étendus, occupant l'intérieur des veines,

l'altération putride dont le membre inférieur droit était le siège; enfin les conséquences particulières de cette oblitération spéciale, tout semble rapprocher cette observation d'un cas dont nous allons rapporter l'histoire détaillée (1); il s'agit d'une véritable métastase far embolie, analogue aux faits déjà signalés par M. le professeur Virchow.

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