‹ Des embolies pulmonairesChapitre 3 sur 49 · IG · texte numérisé non relu

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mort par embolie pulmonaire qui ait été observé en France (I). Depuis lors, les faits cliniques se sont indéfiniment multipliés, et Ton a pu se convaincre que, loin d'être exceptionnels, ces accidents étaient au contraire assez fréquents. Enfin M. le Dr Colin, clans un ouvrage approfondi sur cette matière, a consacré aux embolies pulmonaires un chapitre entier.

Malgré les progrès sensibles de l'esprit public à cet égard, la migration des caillots est une doctrine dont la démonstration, aux yeux d'un grand nombre de médecins, laisse encore beaucoup à désirer (2). Habitués, dans tous les cas où les lésions locales font défaut, à incriminer le sang lui-même, ils se montrent d'une sévérité extrême pour les explications nouvelles que la science vient aujourd'hui leur fournir. Il ne faut point, sans doute, accueillir avec trop de précipitation les idées nouvelles qui cherchent à se faire jour dans le monde médical. Mais la prudence elle-même a ses limites; nous partageons donc entièrement les vues judicieuses que M. le professeur Trousseau et M. Dumont-Pallier ont récemment émises à ce sujet (3), nous admettons volontiers que bon nombre de coagulations rencontrées dans l'artère pulmonaire reconnaissent une origine purement locale : nous croyons également à l'influence exercée par les altérations générales du sang; l'urémie, l'état puerpéral, et toutes les affections qui tendent à développer l'inopexie. ont assurément leur part dans la production de ces accidents; mais il existe des cas où des caillots évidemment formés sur un point éloigné sont logés dans les vaisseaux du poumon; la démonstration la plus rigoureuse est souvent possible, et nous croyons en posséder les éléments. Mais il n'en est pas toujours ainsi, et, dans un

(1) Gazelle hebdomadaire, 1858.

(2) Dans une thèse soutenue avec distinction à la Faculté de Médecine de Pans, M. de Lalande vient de nier l'existence des embolies veineuses, qu'il considère comme une création de la fantaisie allemande.

(3) L'Union médicale, 12 décembre 1860.

certain nombre de cas, il est difficile, au premier abord, de ne pas confondre les deux espèces d'obslructions qui peuvent siéger dans l'artère pulmonaire. C'est par l'étude attentive des dispositions que présentent les caillots dans le système veineux, et des modifications qui leur sont imprimées par le temps, qu'on parvient à les distinguer avec un certain degré d'exactitude. Voyons donc quelles sont, à cet égard, les ressources que nous offre l'anatomie pathologique.

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