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OBSERVATION II

Phlcsunatia alba dolens à la suite d'un accouchement ; oblitération de la veine fémorale et de l'iliaque externe droites; kyste terminal aplati, lamelliforme, renfermant une pulpe rougeâlre semi-liquide.

M (Jeanne), âgée de 35 ans , marchande de vins, est entrée,

Je 31 janvier 1861, à l'hôpital Beaujon, dans le service de M. le Dr Charcot, salle Sainte-Marthe, n° 39.

Cette femme, maigre, jaune et chélive, habite Paris depuis neuf ans; elle est mariée depuis sept ans; elle a eu quatre enfants qui sont tous morts en bas âge.

Accouchée pour la cinquième fois , à l'hôpital Saint-Louis , elle a vu une phlegmatia alba dolens se développer au sixième jour. Un traitement approprié ayant dissipé les accidents, elle quitta l'hôpital au bout de six semaines; mais le retour des accidents l'obligeait à solliciter son admission à Beaujon, quinze jours plus tard.

Le 1er février, nous examinons la malade pour la première fois; nous constatons l'existence d'un cordon dur sur le trajet de la veine fémorale droite, qui remonte jusqu'au pli de l'aine; un œdème douloureux occupe toute l'étendue du membre correspondant. La jambe gauche offre une tuméfaction moins prononcée que celle du côté opposé.

L'utérus est parfaitement revenu sur lui-même.

La malade a succombé le 27 mars dans un élat de marasme complet. La tuméfaction des membres inférieurs avait entièrement disparu.

Autopsie.— Le cœur renferme, à gauche, descaillolsmous; à droite, il contient un petit caillot blanc, ferme et résistaut, qui se prolonge dans l'artère pulmonaire jusqu'aux ramifications de second ordre.

Un vaste abcès phlegmoneux siégeait dans la fosse iliaque droite, et communiquait avec les gouttières vertébrales, qui se trouvaient infiltrées de pus.

Un caillot dense, terme et résistant, occupe tous les gros troncs veineux du membre inférieur droit; il adhère fortement aux parois vasculaires dans la fémorale, l'iliaque externe et l'iliaque primitive, et se termine par un renflement aplati d'avant en arrière, qui offre la forme d'une languette arrondie, surmontée par un petit prolongement conique; il est parfaitement libre à l'intérieur de la veine cave inférieure ; sa longueur est de 4 centimètres et demi ; sa largeur de 1 centimètre environ. Il est d'un blanc jaunâtre et d'une consistance très-ferme à l'extérieur; il renferme au centre une pulpe rougeâtre presque cliffluente; sa structure n'est point sensiblement lamelleuse.

Dans la veine iliaque primitive, le caillot est blanc, ferme, adhérent aux parois: plus bas il prend un aspect jaunâtre ; enfin la veine fémorale revenue sur elle-même est réduite à un cordon fibrineux, dont le centre est occupé par une matière jaunâtre, offrant l'aspect d'un vieux foyer apoplectique.

Du côté gauche il existe un caillot réticulé qui remonte jusqu'à la veine iliaque externe.

Examinée au microscope, la matière jaunâtre qui occupe le centre du caillot présente une quantité considérable de globules graisseux, quelques granulations moléculaires, et quelques globules blancs ; traitée par un mélange à parties égales de sulfure de carbone et d'éther, elle se dissout en entier, sans laisser aucun résidu. Uns seconde préparation, traitée par une dissolution de bicarbonate de soude au dixième, se dissout également en entier.

Si du côté droit le caillot obturateur offrait un ramollissement central, il offrait une disposition réticulée du côté gauche, résultat d'un ramollissement irrégulier de la masse fibrineuse; et, comme dans l'une des observations de Virchow, la veine oblitérée semblait occupée par un tissu caverneux. Il est aisé de prévoir combien de pareilles conditions favorisent la production d'embolies même assez volumineuses;

M. Dumont-Pallier a présenté à la Société de biologie un cas fort intéressant de ce genre. Le caillot se trouvait creusé d'un canal irrégulier, qui permettait au sang de se frayer un passage. Nous en donnons ici le résumé :

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