‹ Des Empoisonnements AlimentairesChapitre 9 sur 12 · RE · texte numérisé non relu

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Au bacille de Gärtner, au paratyphus B, au bacillus botulinus, à l’entérocoque,au bacillus coli, il faut ajouter le proteus, agent habituel et banal de la putréfaction. Pfuhl le trouve dans un Saucisson de bœuf, ayant occasionné des accidents digestifs chez 81 soldats; Wesenberg, à Nausfeld, dans une viande provenant d’une vache abattue pour péricardite traumatique. La souillure par le proteus semble venir non de la maladie de l'animal, mais des manipulations. Polin et Labit en 1889 incriminent, du fait dece microbe,unegastro-entérite, après absorption de veau cuit.

Nous venons d’énumérer les divers microorganismes que l'on rencontre dans les empoisonnements alimentaires. Comment les classer? Lignières proposa, dans ce but, de grouper les microbes présentant les mêmes caractères, que celui décrit par Salmon en 1886, agent de la pneumo-entérite du pore (Hog. Cholera). Ce groupe comprend non seulement le bacille de Gärtner, les bacilles des empoisonnements alimentaires, mais encore le paratyvphus B. et de plus le bacille de la psittacose de Nocard, le bacille du typhus des souris de Loffer, le bacille de la peste des rats de Danysz et le bacille de la diarrhée épizootique des veaux. Lignières les nomma Salmonelloses. Tous ont une même morphologie, cultivent dans les mêmes milieux, prennent les mêmes colorants et ont les mêmes propriétés biologiques. Ce sont des bacilles courts, très mobiles, à cils, colorés par le Gram. Ils poussent dans le bouillon, la gélose, la pomme de terre en donnant des cultures identiques à celles du colibacille : dans l’eau peptonée, il ne donnent pas d’indol; ils font fermenter les sucres : glucose lévulose maltose, galactose. Très virulents, ils ont une affinité spéciale pour l’intestin; ils sécrètent des toxines, très thermo-stabiles : ils résistent même à 1200 pendant dix minutes. Cependant de Nobelé a montré que ces salmonelloses doivent être divisées en deux sous-groupes : le sous-groupe de Gartner comprenant les bacilles isolés dans les empoisonnements alimentaires; le sousgroupe du paratyphus B; avec de plus, le bacille d'Œtrycke très voisin, au point d’être confondu souvent avec le premier;

le Hog-choléra, le typhus des souris et le bacille de la psittacose,

En dehors des salmonelloses, nous mettrons dans un groupe à prrt, le bacillus coli, l’enterocoque et le proteus. Les deux prentiers sont rares; le troisième, nous l’avons dit, ne se trouve que dans les aliments en putréfaction.

Complètement isolé, nous citerons le bacillus botulinus qui provoque tout un syndrome : le botulisme. Cette classification est arbitraire, Pourquoi séparer le bacillus coli, l’entérocoque, le proteus, des salmonelloses?

Ne retrouvons-nous pas le même syndrome dans les empoisonnements atimentaires, autre que le botulisme? Dès lors, nous sommes amenés à grouper les accidents, non pas au point de vue bactériologique, non pas au point de vue alimentairs (tous les microorganismes peuvent se retrouver dans tous les aliments, mais au point de vue symptomatologique. Deux grands syndromes se retrouvent, toujours : un Syndrome gastro-intestinal et un syndrome nerveux : le premier provoqué par les salmonelloses, le b. coli, l’entérocoque et le proteus : le second pour le bacillus botulinus. Cette classification non plus n’a rien d’absolu nous pouvons retrouver les deux syndromes dans le même empoisonnement, mais les accidents nerveux dans le syndrome gastro-intestinal sont extrêmement rares; et dans le botulisme, si on observe une gastro-entérite | c'est au début et sous une forme très lésère. Nous ferons dès lors l'étude de ces deux syndromes.

SYMPTOMATOLOGIE

Le Syndrome gastro-intestinal est le plus fréquent; on peut le diviser en trois groupes : le syndrome gastro-intestinal pur, le syndrome cholériforme, le syndrome typhoïdique.

Le premier, fort heureusement, est le plus fréquent. Quelques heures après l’absorption de l'aliment, le malade est pris de diarrhée légère, de céphalée. I se plaint de fatigue générale. Parfois la fièvre atteint 409. La diarrhée est constante. Les selles sont nombreuses (15 à 20 par jour), abondantes, fétides. Des coliques surviennent, plus rarement du ténesme. Des vomissements apparaissent, alimentaires ou muqueux, le ventre est rétracté, météorisé, sensible; la rate hypertrophiée. Le pouls est petit, rapide (160). Les urines rares sont foncées, avec un peu d’albumine. On observe des éruptions cutanées (herpés labial, erythèmes). La guérison vient après trois ou sept jours.

Dans le syndrome cholérique prédominent les phénomènes toxiques, le début est plus rapide, même foudroyant. Les vomissements sont incessants, alimentaires, muqueux, bilieux. La diarrhée est très abondante, fétide, aqueuse, rhiziforme. Les selles dépassent 50. Le malade est pâle, anxieux, prostré, a des crampes dans les mollets, des sueurs abondantes, un pouls rapide, petit, filiforme. L'anurie est complète. Le collapsus survient, moins de 24 heures après, puis la mort. Dans les cas favorables, l’algidité fait place à de la fièvre : l’état cholérique succède à la gastro-entérite, rappelant la

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